Tarif moyen, chiffre d'affaires, nombre de mariages par an, sources de clients : Sébastien Plouzennec décrypte l'étude qu'il a menée auprès de 190 photographes de mariage professionnels.

🎧 Podcast Fotostudio #003 ⏱ 65 min 📸 Invité : Sébastien Plouzennec 🎙 Animé par Anthony Heukmes

En résumé : les chiffres clés de l'étude

• 1 192 € : tarif moyen d'une prestation mariage de 8 heures (hors albums et extras)

• 12 000 € : chiffre d'affaires annuel moyen généré par la photo de mariage

• 61 % des photographes couvrent moins de 10 mariages par an

• 28 % seulement vivent uniquement de leur activité de photographe de mariage

• 40 % trouvent la majorité de leurs clients par le bouche-à-oreille, 23 % grâce à leur site internet

Étude réalisée en 2020 par Sébastien Plouzennec, sur la saison 2019 (avant le Covid).

Combien gagne vraiment un photographe de mariage en France ? Faute de chiffres récents, Sébastien Plouzennec, photographe de mariage en Bretagne, a lancé sa propre étude. Les seules données qu'il trouvait dataient de 2010 ou concernaient le Royaume-Uni et les États-Unis.

Dans cet épisode enregistré en septembre 2020, il commente les résultats avec Anthony Heukmes, fondateur de Fotostudio. Certains chiffres bousculent les idées reçues sur le métier.

Qui est Sébastien Plouzennec ?

Sébastien Plouzennec est photographe de mariage et d'entreprise près de Quimper, en Bretagne. Il travaille en duo avec sa compagne et couvre la Bretagne, les Pays de la Loire et la Normandie.

  • Un parcours atypique : serveur en extra dans l'événementiel, puis cinq à six ans de voyage sans appareil photo. C'est le manque de souvenirs de ces voyages qui l'a poussé vers la photo.
  • Une activité équilibrée : environ 50 % mariage, 50 % photo corporate.
  • Une expertise web : il dirige aussi une agence spécialisée dans la création de sites et le référencement naturel (SEO).
  • Un esprit d'entraide : il anime un groupe Facebook d'environ 600 photographes et vidéastes de mariage, et partage gratuitement des modèles de contrats et de devis sur son blog.

Comment l'étude a-t-elle été réalisée ?

  • Environ 30 questions, inspirées d'études britanniques et américaines, complétées par les questions que les photographes eux-mêmes voulaient poser (sondage dans des groupes Facebook).
  • Une diffusion large : groupes Facebook spécialisés et e-mails envoyés à des photographes inscrits sur Mariages.net.
  • Environ 250 réponses, dont 190 conservées : uniquement des professionnels déclarés. Les amateurs et les réponses fantaisistes ont été écartés.

Sébastien le reconnaît : 190 réponses ne font pas un recensement. Mais l'échantillon suffit à dégager des tendances claires, et c'est l'une des rares sources chiffrées sur le métier en France. L'étude complète est disponible sur son site.

Les chiffres clés en un tableau

Indicateur Résultat de l'étude
Tarif moyen, mariage de 8 h1 192 € (27 % entre 750 et 1 000 €)
Tarif horaire le plus fréquent50 à 150 € de l'heure
CA annuel moyen issu du mariage≈ 12 000 €
CA mariage inférieur à 5 000 €35 % des photographes
Moins de 10 mariages par an61 %
Vivent uniquement du mariage28 %
Ont un autre métier, hors photo35 %
Statut auto-entrepreneur80 %
Travaillent seuls87 %
Mariages à moins de 100 km87 %
Première source de clientsBouche-à-oreille (40 %)
Créent leur site eux-mêmes≈ 70 %

Données de la saison 2019, recueillies en 2020. Les tarifs ont pu évoluer depuis, notamment avec l'inflation.

1. Qui sont les photographes de mariage en France ?

  • Expérience : la tranche la plus représentée est celle des 5 à 10 ans d'activité (35 %). Pour Sébastien, c'est le signe d'une sélection naturelle : beaucoup se lancent, ceux qui restent sont ceux qui ont persévéré.
  • Parité : environ 50 % d'hommes et 50 % de femmes. À titre de comparaison, Fotostudio compte environ 60 % de femmes, en raison du poids de la photo de naissance et de grossesse.
  • Statut : 80 % sont auto-entrepreneurs, un statut idéal pour démarrer. Il devient moins adapté quand on vend des produits (albums, tirages), car il ne permet pas de déduire ses charges.
  • Organisation : 87 % travaillent seuls et 70 % ne proposent pas de vidéo. Photo et vidéo en solo, « bon courage », résume Sébastien.
  • Formation : 55 % n'ont pas suivi de formation diplômante, mais 67 % ont déjà participé à des workshops et 10 % y pensent. Sébastien consacre lui-même chaque année une partie de son chiffre d'affaires à se former.

À retenir : le photographe de mariage type est un indépendant autodidacte, auto-entrepreneur, qui travaille seul et continue à se former.

2. Combien de mariages un photographe couvre-t-il par an ?

Le nombre de mariages par photographe est bien plus faible qu'on ne l'imagine (saison 2019) :

Mariages par anPart des photographes
Moins de 531 %
5 à 1030 %
10 à 1520 %
15 à 2011 %
Plus de 303 %

L'explication tient au calendrier. En Bretagne, la haute saison se concentre sur juin, juillet et août, soit une douzaine de week-ends. Remplir dix de ces week-ends est déjà rare. Dans le sud de la France, à Paris ou pour les mariages à l'étranger, la saison est plus longue.

Le marché est aussi très local : 46 % des photographes réalisent la majorité de leurs mariages à moins de 50 km de chez eux, et 41 % entre 50 et 100 km. Les couples choisissent souvent un photographe proche du lieu de réception, sauf coup de cœur pour un style. Dans ce cas, ils acceptent de payer le déplacement.

« Je vise plus que les futurs mariés me choisissent par rapport à mes photos que par rapport à mes prix. »

Sébastien Plouzennec

3. Combien coûte un photographe de mariage ?

Pour une prestation de 8 heures, hors albums et extras, le tarif moyen est de 1 192 €, soit environ 1 200 €. La tranche la plus fréquente se situe entre 750 et 1 000 € (27 % des répondants), suivie de 1 200 à 1 400 € (18 %).

Pour Sébastien, 1 200 € pour 8 heures est un prix honnête et cohérent au vu de tout le travail invisible : rendez-vous, déplacements, tri et retouche. En dessous, il devient très difficile de dégager un vrai bénéfice et de gagner plus que le SMIC.

Côté livrables, la majorité livre entre 300 et 750 photos retouchées pour un mariage de 8 heures (31 % entre 300 et 500, 29 % entre 500 et 750). Sébastien ne s'engage jamais sur un nombre précis : chaque mariage a ses propres moments clés.

4. Combien gagne un photographe de mariage ?

C'est le chiffre qui a le plus surpris Anthony : seuls 28 % des photographes interrogés vivent uniquement de leur activité de photographe de mariage, et 35 % exercent un autre métier, en dehors de la photo.

Le chiffre d'affaires généré par le mariage en 2019 le confirme :

  • 35 % : moins de 5 000 €
  • 25 % : entre 5 000 et 10 000 €
  • 15 % : entre 10 000 et 15 000 €
  • Moyenne : environ 12 000 € de chiffre d'affaires par an

Le calcul est simple : à 2 000 € le mariage, il faut une dizaine de mariages pour atteindre 20 000 € de chiffre d'affaires, et il faut d'abord trouver ces clients. D'où la conclusion de Sébastien : pour vivre de la photo, la plupart des photographes de mariage complètent avec du portrait, du corporate ou de la naissance. Vivre à 100 % du mariage reste possible, mais demande une vraie spécialisation, souvent avec une clientèle haut de gamme ou internationale.

À retenir : la photo de mariage est rarement une activité unique. La diversification n'est pas un échec, c'est le modèle le plus courant.

5. Pourquoi connaître son tarif horaire change tout

Le tarif horaire le plus fréquent se situe entre 50 et 150 € de l'heure de présence. Mais Sébastien a surtout été frappé par une chose : beaucoup de photographes ne connaissent pas leur tarif horaire.

« On va demander à un plombier ou à un menuisier s'il connaît son tarif à l'heure. Pourquoi un photographe ne le connaîtrait pas ? »

Sébastien Plouzennec

Le piège du forfait : on vend « 12 heures de présence », puis on passe 40 heures en retouche derrière. Au final, certains photographes travaillent à 10 € de l'heure sans s'en rendre compte. Faire le calcul est souvent le déclic pour augmenter ses prix, non pas parce qu'un concurrent l'a fait, mais pour devenir rentable.

Le choix de Sébastien : facturer uniquement à l'heure

Avec sa compagne, Sébastien a abandonné les forfaits :

  • un tarif horaire unique, déplacements inclus, sans frais cachés ;
  • les couples réservent de 2 à 12 heures, selon leurs besoins ;
  • le prix se comprend avec une simple multiplication, là où les formules (« cocktail », « sortie d'église »…) embrouillent les clients.

Anthony y voit un autre avantage : quand un client compare un photographe à 2 000 € et un autre à 4 000 €, il ne comprend pas la différence. Avec un tarif horaire, on peut détailler le temps sur place et le temps de retouche, et justifier son prix.

À retenir : même si vous gardez des forfaits, calculez ce que vous gagnez réellement par heure travaillée, retouche comprise. C'est la base de toute grille tarifaire.

6. Où les photographes de mariage trouvent-ils leurs clients ?

Principale source de clientsPart
Bouche-à-oreille40 %
Site internet23 %
Instagram et réseaux sociauxensuite

Le bouche-à-oreille domine logiquement : à chaque mariage, 150 à 200 invités voient le photographe travailler, et certains se marieront bientôt. Une galerie des photos du mariage sur son site attire aussi ces invités vers votre travail.

Trop peu de demandes, et un site négligé

Côté demandes reçues en 2019, 25 % des photographes en déclarent entre 10 et 20, et 18 % entre 20 et 30. Pour Sébastien, c'est « extrêmement peu ». Pour signer 10 mariages, il estime qu'il faudrait recevoir de l'ordre d'une centaine de demandes.

Il relie ce chiffre à un autre : environ 70 % des photographes créent leur site eux-mêmes, souvent sans travailler leur référencement. Conséquence : ils sont introuvables sur Google, au moment précis où les futurs mariés tapent « photographe mariage + ville ».

« Je n'ai même pas besoin d'utiliser mes réseaux sociaux pour trouver des clients. »

Sébastien Plouzennec, qui reçoit une vingtaine de clients par an grâce à son seul référencement

Réseaux sociaux ou Google : répondre à une recherche active

Côté publicité, les photographes misent surtout sur Facebook (32 %) et Instagram (25 %). Seuls 13 % utilisent Google Ads, 12 % ne font aucune publicité et 5 % passent par des annuaires comme Mariages.net.

Sébastien défend l'inverse :

  • Sur les réseaux, on interrompt quelqu'un qui fait défiler des stories et n'a pas besoin de photographe à ce moment-là. Construire une communauté prend aussi beaucoup de temps et d'énergie.
  • Sur Google, on répond à quelqu'un qui cherche activement un photographe. Le SEO prend du temps mais travaille sur la durée ; Google Ads donne des résultats immédiats, à condition que le site convertisse.

Il pointe aussi une contradiction : beaucoup de photographes pros reprochent aux couples de choisir un amateur à 500 € sur Leboncoin pour économiser… puis font eux-mêmes leur site pour économiser une agence. « C'est exactement la même démarche. »

Dernier conseil d'Anthony : pour mesurer ses demandes, il faut les suivre. Dans un logiciel comme Fotostudio, chaque demande reçue via le formulaire de contact crée automatiquement un prospect, et le nombre de demandes par an se lit en un coup d'œil.

À retenir : les réseaux sociaux construisent votre image, mais Google capte les couples qui cherchent un photographe maintenant. Un site bien référencé est un investissement, pas une dépense.

7. Albums, tirages et galeries : le levier sous-exploité

  • Albums et tirages : 40 % des photographes les proposent via des sites d'impression tiers, environ 30 % les gèrent eux-mêmes.
  • Galerie privée en ligne : devenue la norme. 61 % utilisent une plateforme spécialisée, 25 % leur propre site, et seulement 10 % n'en proposent pas.

Sébastien ne vend pas d'albums : cela lui prend trop de temps et il préfère orienter ses couples vers des prestataires de confiance. Il reconnaît pourtant que c'est le moyen le plus efficace d'augmenter son panier moyen. Anthony suggère une piste intermédiaire : sous-traiter la conception des albums à une personne de confiance, rémunérée à la commission.

L'astuce des photos d'invités

Prendre 5 minutes pour photographier des couples d'invités pendant le mariage. Ces photos finissent en photo de profil ou en tirage, peuvent se vendre via la galerie en ligne (10 à 20 € chacune) et font la publicité du photographe auprès de futurs mariés.

8. Matériel et dépenses : où va l'argent ?

  • Première dépense : l'équipement, pour 55 % des photographes. Sébastien change de boîtier environ tous les deux ans, soit près de 5 000 € par appareil.
  • Deuxième poste : le marketing et la publicité, environ 20 %. Viennent ensuite la formation, le site internet et les déplacements.
  • Marques : Canon (47 %) devant Nikon (34 %), puis Sony et Fujifilm. Pour Sébastien, la marque compte peu tant qu'on maîtrise son matériel et qu'on obtient le rendu souhaité.

Les erreurs à éviter selon l'étude

Ce que les chiffres révèlent :

✗ Ne pas connaître son tarif horaire, retouche comprise.

✗ Fixer ses prix en regardant la concurrence plutôt que sa rentabilité.

✗ Compter uniquement sur les réseaux sociaux pour trouver des clients.

✗ Négliger son site et son référencement pour économiser.

✗ Ne pas suivre ses demandes entrantes et son taux de conversion.

✗ Ignorer les produits (albums, tirages) qui augmentent le panier moyen.

✗ Laisser le syndrome de l'imposteur tirer ses prix vers le bas.

FAQ : tarifs et revenus des photographes de mariage

Combien coûte un photographe de mariage en France ?

D'après l'étude de Sébastien Plouzennec (saison 2019, 190 photographes professionnels), le tarif moyen d'une prestation de 8 heures, hors albums et extras, est de 1 192 €. La tranche la plus fréquente se situe entre 750 et 1 000 €.

Combien gagne un photographe de mariage par an ?

La photo de mariage génère en moyenne environ 12 000 € de chiffre d'affaires par an. 35 % des photographes interrogés en tirent moins de 5 000 €. Il s'agit de chiffre d'affaires, avant charges et cotisations.

Peut-on vivre uniquement de la photographie de mariage ?

C'est possible mais rare : seuls 28 % des photographes interrogés vivent uniquement de leur activité de photographe de mariage. La saison est courte et 61 % couvrent moins de 10 mariages par an. La plupart complètent avec du portrait, du corporate ou de la naissance.

Combien de mariages un photographe fait-il par an ?

31 % en couvrent moins de 5, 30 % entre 5 et 10, 20 % entre 10 et 15. Seuls 3 % dépassent 30 mariages par an.

Vaut-il mieux un forfait ou un tarif horaire ?

Les deux fonctionnent, mais il faut connaître son tarif horaire réel, retouche comprise, pour vérifier sa rentabilité. Sébastien Plouzennec facture uniquement à l'heure : c'est plus simple à comprendre pour les couples et cela évite de travailler à perte sur les longues journées.

Comment un photographe de mariage trouve-t-il ses clients ?

Principalement par le bouche-à-oreille (40 %) puis par son site internet (23 %). Sébastien Plouzennec recommande d'investir dans le référencement naturel et Google Ads, pour être visible quand les couples recherchent « photographe mariage » suivi de leur ville.

Quel statut choisir pour se lancer comme photographe de mariage ?

80 % des photographes interrogés sont auto-entrepreneurs, un statut simple pour démarrer. Il devient moins intéressant si vous vendez beaucoup de produits (albums, tirages), car il ne permet pas de déduire vos charges.

Découvrir le travail de Sébastien Plouzennec

Ses reportages de mariage en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, ainsi que ses ressources gratuites pour photographes, sont sur son site : sebastienplouzennec.com. L'étude complète est à consulter ici.

Transcription intégrale de l'épisode

Vous préférez lire ? Voici la transcription complète de l'échange entre Anthony Heukmes et Sébastien Plouzennec, découpée en chapitres.

Cet épisode a été enregistré en septembre 2020, en pleine crise sanitaire. Les chiffres portent sur la saison 2019. Transcription « verbatim nettoyée » : les tics de langage et répétitions ont été allégés pour la lecture, sans modifier le propos.

Lire la transcription complète (environ 13 000 mots)

Chapitres :

00:00Présentation et parcours de Sébastien

Anthony : Salut à tous et bienvenue sur le podcast Fotostudio. Chaque mardi, j'interviewe un photographe ou un expert d'un secteur spécifique pour vous permettre d'évoluer et de progresser dans votre métier. Je suis Anthony Heukmes, fondateur de Fotostudio.io, une plateforme utilisée au quotidien par plus de 1000 photographes francophones. Fotostudio leur permet de gagner un temps considérable dans leur travail administratif en simplifiant la gestion de leurs clients et de leurs shootings. Si tu apprécies le podcast, pense à le partager et à t'abonner sur ta plateforme préférée.

Je reçois aujourd'hui Sébastien Plouzennec, un photographe qui a profité du Covid pour lancer une étude très complète sur le métier de photographe de mariage. Il nous explique comment il a créé cette étude et il commente les différents résultats. Vous trouverez l'étude complète sur son site internet, le lien est disponible dans les notes de l'épisode.

Salut Sébastien et merci d'être avec moi pour cet épisode.

Sébastien : Salut Anthony.

Anthony : Alors pour ceux qui ne te connaissent pas encore, est-ce que tu pourrais commencer par te présenter, s'il te plaît ?

Sébastien : Je m'appelle Sébastien Plouzennec, je suis photographe en Bretagne, à Quimper principalement. Et je suis spécialisé dans le mariage et les photos d'entreprise.

Anthony : Une question un peu bateau qui revient souvent, mais comment est-ce que tu t'es lancé dans la photo ?

Sébastien : Comment je me suis lancé dans la photo ? Par passion, tout simplement. Ça a commencé quand j'ai voyagé pendant pas mal de temps, environ 5-6 ans. Quand j'avais 21-22 ans, je voyageais beaucoup et je n'avais pas d'appareil photo. Donc je n'avais pas de souvenirs physiques de ce qui se passait pendant tous ces moments de voyage.

Et c'est bien beau, des souvenirs, on en a dans la tête, dans le cœur, c'est super. Mais c'est bien aussi d'avoir des photos pour se souvenir des endroits, des moments, des émotions. Et au fil des années à voyager, je me suis dit que ce serait peut-être pas mal d'avoir un appareil photo pour capturer tous ces moments. Donc j'ai commandé un appareil photo et j'ai voulu me mettre directement à la photographie. C'est-à-dire que je voulais vraiment savoir maîtriser mon appareil directement, pas juste faire des photos avec son iPhone ou des choses comme ça. Je voulais vraiment en faire quelque chose de bien. Et c'est un petit peu comme ça, de fil en aiguille, que je me suis lancé dans la photo.

Anthony : Et qu'est-ce qui a fait que tu as décidé de te spécialiser plutôt dans le mariage par après ?

Sébastien : C'est une bonne question. Passer du temps avec les gens. Avant tous mes voyages, j'ai travaillé en tant que serveur, je faisais des extras. Donc je faisais beaucoup de mariages, beaucoup d'événements. Et c'est une industrie assez passionnante, d'être au contact des gens, de voir des gens heureux pendant les mariages. C'est quand même super sympa.

Naturellement, je me suis remis de ce côté-là. J'avais aussi des contacts, donc ça a aidé. Je me suis reglissé dans ce côté-là de l'industrie, l'hôtellerie, tout ça, mais du côté photographe. J'ai un peu allié les deux passions.

Anthony : C'est ça. Et aujourd'hui, tes revenus, c'est majoritairement le mariage ou c'est quand même le corporate ? Ça se partage comment, plus ou moins ?

Sébastien : Ça dépend. Cette année, c'est un petit peu spécial, évidemment, avec le Covid. Mais on va dire que c'est plus ou moins du 50-50.

Anthony : Ok. Et j'ai vu qu'en plus de ça, tu as une agence web, si j'ai bien compris, c'est ça ?

Sébastien : Tout à fait, oui. J'ai une agence web, je fais de la création de sites internet, spécialisée dans le SEO, dans le référencement internet. C'est quelque chose qui me passionne aussi. Et d'ailleurs, je veux aider les photographes avec ça. On en parlera peut-être après, mais c'est quelque chose qui m'intéresse beaucoup.

04:11La photo de mariage en pleine crise du Covid

Anthony : Super. Et tu parles justement de cette période compliquée : pour info, on enregistre en septembre 2020. On aurait envie de dire après Covid et finalement, non, toujours en plein Covid. On le sait tous, c'est une année très compliquée pour les photographes de mariage. Tu es en contact avec beaucoup d'entre eux, je pense. C'est quoi les retours que tu as ? Les gens sont à l'arrêt complet ? Il y a quand même des petits événements qui se passent, mais les gens se posent des questions. Est-ce qu'ils se demandent s'ils vont continuer la photo ou s'ils vont abandonner ? Ou bien ils se sont diversifiés, ils ont fait d'autres choses ? C'est quoi ton ressenti sur la photographie de mariage dans cette période vraiment très compliquée pour eux ?

Sébastien : C'est un petit peu difficile de mettre des mots là-dessus parce que, d'un côté, moi, cet été, très clairement, j'ai fait un mariage. J'ai fait un mariage entre juillet et août, le 15 août. Là, j'ai un mariage la semaine prochaine qui est potentiellement maintenu. Et les deux prochains mariages, en octobre et novembre, qui n'ont pas été décalés, vont sûrement l'être. Donc ça va être une année avec un ou deux mariages, alors que d'habitude, c'est une dizaine de mariages. C'est un gros manque à gagner quand même sur cette année-là. Même si c'est juste décalé à l'année prochaine, il manque quand même de l'argent qui rentre dans les caisses.

Pour l'année prochaine, il y a beaucoup, beaucoup de gens qui me contactent. J'ai énormément de contacts pour l'année prochaine, même 2022, voire 2023, c'est complètement dingue. Donc on a tendance à avoir envie de baisser les bras parce qu'on a fait une année nulle. Mais en même temps, il y a tellement de boulot qui arrive potentiellement en 2021 et 2022, si ça se passe bien côté Covid, entre guillemets, que ça donne envie de continuer aussi. Donc c'est un petit peu compliqué.

Je sais qu'il y a certains photographes qui baissent un petit peu les bras, qui disent : « Bah oui, j'ai eu tous mes mariages annulés, qu'est-ce que je fais l'année prochaine ? Est-ce que je recherche un boulot à côté ou pas ? » C'est très, très compliqué. Je pense que c'est un petit peu du cas par cas. Ou alors, je pense qu'il faut rebondir, il faut chercher peut-être d'autres opportunités. Si on est spécialisé dans le mariage, peut-être élargir un petit peu ce qu'on fait : faire du portrait, de la naissance, du corpo. Si on veut continuer à être photographe et travailler là-dedans, je pense qu'il ne faut pas hésiter à se diversifier, surtout en ce moment.

Anthony : Et tu as l'impression d'avoir vu beaucoup de personnes qui ont baissé les bras, qui ont vraiment dit : « Moi, la photo, c'est bon, j'arrête là et c'est terminé » ?

Sébastien : Pas vraiment, j'ai l'impression que c'est plutôt le contraire. Il y a beaucoup de nouvelles personnes, moi, je le ressens, parce que j'ai essayé de créer une communauté dans un groupe Facebook privé avec pas mal de personnes, on est environ 600 sur le groupe, et il y a beaucoup, beaucoup de nouveaux photographes ou de personnes qui veulent se lancer pour l'année prochaine. J'ai tendance à dire oui, c'est bien, parce qu'il y a une grosse demande pour l'année prochaine avec tous les reports, mais je t'avoue que je ne pourrais pas répondre à cette question-là, c'est compliqué.

Anthony : C'est ça. Mais en tout cas, c'est clair que tous ces mariages ne sont pas annulés, ils sont reportés, donc ça veut dire potentiellement énormément de travail pour les années qui vont venir, avec les mariages reportés plus les nouvelles personnes qui vont se marier. Donc là, il y aura aussi des choix à faire : est-ce que je travaille, j'ai envie de dire, comme un sauvage pour récupérer l'année passée, en risquant peut-être de me fatiguer, de m'épuiser ? Ou est-ce qu'il va y avoir des nouveaux photographes qui vont arriver et qui vont prendre ces mariages ? Parce que tous ces nouveaux mariés vont bien devoir trouver un photographe pour leur mariage. Donc c'est clair que ça laisse présager une année un peu particulière, en tout cas pour la suite.

Sébastien : Tout à fait.

07:43Un groupe Facebook d'entraide

Anthony : Tu parlais d'un groupe Facebook : c'est un groupe qui est accessible à n'importe quel photographe de mariage ?

Sébastien : Oui, bien sûr, que ce soit photographe de mariage ou autre, ou des vidéastes d'ailleurs. J'ai créé ce groupe Facebook pour les vidéastes et photographes de mariage, pour s'entraider, tout simplement. S'entraider sur ce qu'il faut mettre comme clause dans un contrat, un devis, surtout des choses pour lesquelles, quand on commence, on ne sait pas à qui demander, on n'a pas de réseau. Donc poser des questions, ça aide toujours.

C'est ouvert à tous, je suis là pour répondre aux questions pour y accéder, il n'y a pas de souci. Et ça aide beaucoup de personnes, du moins je l'espère, c'est le but : vraiment s'entraider et faire évoluer son entreprise. Ce n'est pas juste savoir quelle pose je vais faire faire au couple. J'aspire vraiment à aider les photographes à développer leur activité, à trouver plus de clients, avec par exemple le SEO, le référencement ou des choses comme ça. Des choses assez concrètes, j'espère.

Anthony : Super. C'est quoi le nom du groupe ? Je mettrai le lien, bien sûr, dans les notes de l'épisode, mais c'est quoi le nom ?

Sébastien : Tout simplement « Photographe et Vidéaste, entraide et partage pour développer son entreprise ».

Anthony : Ok, pour ceux que ça intéresse, je mettrai le lien dans les notes de l'épisode pour que vous puissiez faire une demande pour le rejoindre.

09:05Pourquoi une étude sur le métier ?

Alors, on va arriver au cœur de cet épisode. Tu as fait une étude sur le photographe de mariage, une étude pour avoir pas mal d'informations, comme par exemple le chiffre généré par mariage, le chiffre d'affaires annuel, etc. Qu'est-ce qui t'a motivé à faire cette étude à la base ?

Sébastien : Qu'est-ce qui m'a motivé ? À la base, je cherchais une moyenne de salaire d'un photographe de mariage et le tarif moyen d'un photographe sur une prestation de mariage. Et je n'ai pas réussi à trouver de chiffres, ou de chiffres précis, ou alors c'étaient des choses qui dataient de 2010, et pas des choses d'actualité.

En plus de ça, en cherchant, je suis tombé sur des études qui ont été réalisées au Royaume-Uni, aux États-Unis, vraiment spécifiques au reportage mariage. Et je me suis dit : pourquoi il n'y a pas ça en France ? C'est ça qui m'a donné envie de trouver des réponses à toutes ces questions-là. Forcément, ce qu'on a en France est différent de ce qui se passe au Royaume-Uni. Donc je voulais vraiment en savoir plus. Et ça m'a motivé à créer cette étude avec les photographes et pour les photographes.

Anthony : C'est marrant parce que moi, quand j'ai lancé Fotostudio, évidemment, j'ai voulu faire une étude de marché aussi, pour un petit peu comprendre la taille de ce marché francophone en termes de photographes. Et c'est vrai que tous les chiffres sur lesquels je suis tombé, même en termes de nombre de photographes, c'était assez compliqué. J'ai l'impression que c'étaient des chiffres qui étaient parfois, j'ai envie de dire, périmés. Et j'ai l'impression que ça a énormément évolué avec le statut d'auto-entrepreneur, bien sûr, et le fait qu'énormément de photographes de naissance et grossesse se soient lancés, par exemple. J'ai l'impression que les chiffres ont complètement été perturbés sur les dernières années. Donc c'est vrai que c'est vraiment difficile d'avoir une information un peu fiable à ce sujet.

Et donc, tu t'y es pris comment ? Tu avais une série de questions pour lesquelles tu voulais avoir des réponses. Tu as créé un questionnaire que tu as envoyé à des photographes ?

Sébastien : Au début, je me suis inspiré très clairement des études qui avaient déjà été faites, parce que ces questions étaient totalement pertinentes à poser aussi sur le marché français. Donc j'ai pris une partie de ces questions-là. J'ai rajouté des questions qui, pour moi, m'intéressaient. Et j'ai aussi demandé sur plusieurs groupes Facebook dédiés aux photographes de mariage ce qui les intéressait, s'ils avaient des questions qu'ils imaginaient poser dans une étude.

J'ai récolté toutes ces données. Et puis, après, j'ai essayé de faire une liste de questions pas trop longue non plus, et de recouper certaines choses pour les proposer. C'est comme ça que je suis parti sur une liste de, je ne sais même pas combien il y a de questions, peut-être une trentaine, quelque chose comme ça. Et surtout, qui couvraient un peu de tout.

Il y avait des choses qui, pour moi, n'étaient pas forcément pertinentes, mais ça revenait beaucoup. Ce n'était pas que pour moi, c'était vraiment pour les photographes en général. Il y a des choses, comme la marque d'appareil photo qu'on utilise, Nikon, des choses comme ça, qui ne donnent peut-être pas forcément beaucoup d'informations, mais certaines personnes, ça les intéresse. Donc j'ai répondu aussi à leurs envies, à leurs besoins.

Anthony : Ça représente beaucoup de boulot quand même, non ? Faire cette étude, ça ne s'est pas fait en deux heures, j'ai envie de dire.

Sébastien : Évidemment, ça m'a pris beaucoup de boulot, déjà de compiler les questions, et surtout après d'analyser les résultats, faire quelques moyennes ou trouver des chiffres qui soient pertinents, puis les commenter, et la mise en page, etc. Ça m'a pris beaucoup, beaucoup d'heures de travail, effectivement. Bon, avec le Covid, il n'y avait pas grand-chose à faire, malheureusement, donc je me suis rabattu là-dessus.

Non, mais c'est vrai que ça m'intéressait. Dans tous les cas, ça m'intéressait, donc j'ai donné du temps. Ça a pris plus de temps que je ne pensais, mais j'ai eu beaucoup de retours positifs, en tout cas que des retours positifs. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de retours sur Facebook, par email ou plein de choses comme ça, et c'est très, très intéressant parce qu'on voit que ça a plu aux photographes.

Anthony : C'est ça. C'est une belle façon de s'occuper aussi pendant une période un peu plus creuse, de trouver des occupations qui apportent quelque chose à la communauté, je pense que c'est intéressant.

Est-ce que tu fais tout ça aussi dans un cadre commercial ? Tu gères un groupe Facebook, tu crées une étude de marché : est-ce que c'est aussi pour te faire connaître de la communauté des photographes pour, à terme, je ne sais pas si tu le fais peut-être déjà, lancer des formations ou autre ? Ou tu fais vraiment ça par plaisir ? C'est quoi l'objectif avec tout ça ?

Sébastien : Il n'y a pas de démarche commerciale derrière. Des formations ou des choses comme ça, ce n'est pas forcément ce qui est prévu. Je fais du coaching, certes, en one-on-one : si les personnes ont besoin d'aide, je les aide ou je réponds à leurs questions ou à leurs besoins. Mais il n'y a pas de démarche de faire des formations derrière. Non, il n'y a pas de ça, c'est vraiment purement pour aider.

J'ai déjà créé des articles sur mon blog. Je donne des contrats gratuits, des exemples de contrats, des devis, des choses comme ça : quand on débute, on ne sait pas par où commencer, ça peut aider. Pour moi, c'est juste de l'entraide. Le but du groupe, c'est pareil, c'est de l'entraide.

Après, je ne sais pas de quoi demain sera fait. Là, je suis en train de créer un guide pour les photographes pour leur référencement naturel. Je ne sais pas du tout sous quelle forme ça va partir. Un coaching, une formation, je ne sais pas. Pour l'instant, j'ai cinq personnes dans un groupe de bêta-test. On va voir comment ça évolue. Mais il n'y a pas de démarche commerciale.

15:05Méthodologie : 190 photographes professionnels

Anthony : Ok, parfait. On va plonger dans cette fameuse étude que j'ai sous les yeux. En première question, on peut voir que tu demandais depuis combien de temps les photographes étaient spécialisés en mariage. On peut voir que tes chiffres principaux... Excuse-moi, je suis allé un peu vite. Combien de personnes ont complété cette étude, et comment est-ce que tu as ciblé ces photographes-là ?

Sébastien : Il y a eu environ 250 personnes qui ont répondu à l'étude, et des résultats, j'en ai gardé 190, quelque chose comme ça. Parce que dès le début, je demandais : « Est-ce que vous êtes des photographes professionnels ou amateurs ? » Et ça s'adressait vraiment aux photographes professionnels, du moins déclarés. J'ai enlevé tous les résultats des personnes qui avaient répondu en tant qu'amateurs. Et il y a eu quelques personnes qui avaient répondu n'importe quoi, ou juste pour fausser les statistiques. J'ai fait un petit tri, j'ai enlevé 2-3 résultats, mais rien d'autre.

C'était vraiment à destination des professionnels. Donc il y a environ 190 personnes qui ont répondu, et certes, ce n'est peut-être pas grand-chose, mais je pense que ça peut montrer des tendances. Après, dans le futur, on verra, j'ai envie de faire quelque chose qui soit régulier, tous les ans peut-être. On va voir comment ça évolue, mais pour l'instant, je pense que ça indique au moins une certaine tendance sur certaines questions.

Anthony : Ok. Et ce questionnaire a circulé via des groupes Facebook ou autres, ou tu as contacté en direct certains photographes ? Ou ça a été dans la communauté : tu l'as partagé et les gens l'ont complété ?

Sébastien : Tout à fait, ça a été les deux. J'ai partagé sur des groupes Facebook spécialisés photographes de mariage, et j'ai aussi contacté directement des gens par email. J'ai regardé les photographes qui étaient inscrits sur Mariages.net par exemple, il y en a 9000. J'ai envoyé quelques emails et j'ai invité tout type de personnes, de tout type de marché, à répondre à cette étude. Le but était d'avoir des résultats variés au maximum.

Anthony : Écoute, pour l'année prochaine, peut-être que Fotostudio peut t'aider pour ton étude, parce qu'on a quand même 3500 photographes inscrits sur la plateforme. Ils ne sont bien sûr pas tous dans le mariage, mais ça peut être l'occasion d'étendre un petit peu les réponses et d'avoir de plus en plus de réponses. Je pense que c'est intéressant effectivement de maintenir ce questionnaire année après année, pour voir un peu l'évolution.

Sébastien : Tout à fait.

17:19Profil : expérience, parité et statut

Anthony : Ok, alors je reviens au questionnaire en lui-même. Une des premières questions, c'était « Vous êtes photographe de mariage depuis... », et les gens pouvaient répondre moins d'un an, un à deux, deux à cinq, cinq à dix ou plus de dix ans. Et on voit que la majorité, c'est cinq à dix ans. Est-ce que tu peux commenter au fur et à mesure les résultats ?

Sébastien : Oui, entre cinq et dix ans d'expérience, il y a environ 35 % des photographes. Ça ne m'étonnait pas forcément. Je pense qu'il y a une certaine maturité. Il y a beaucoup de personnes qui rêvent d'être photographe parce que c'est une passion, etc. Ils pensent que c'est juste prendre des photos. Et effectivement, comme on disait tout à l'heure, devenir entrepreneur, c'est très facile, mais d'en vivre à 100 %, je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui essayent et beaucoup qui baissent les bras au bout de quelques années.

Donc je pense que si on gagne vraiment sa vie avec la photographie de mariage, par exemple, il y a une certaine maturité. Il faut persévérer, et je pense que ça se voit dans les chiffres : si on a 5-10 ans d'expérience, c'est parce qu'on a persévéré, et c'est pour ça qu'on est toujours présent, je pense.

Anthony : C'est ça. Typiquement, ceux qui débutent, je ne vais pas faire une grosse généralité, mais il leur faut le temps d'apprendre, bien sûr, de se former. Ils vont peut-être au début facturer des montants qui ne sont pas énormes et pas suffisants pour en vivre, ce qui fait que c'est une activité complémentaire. Et puis ceux qui sont vraiment passionnés et qui ont envie d'aller plus loin vont progresser tout doucement et finir par en vivre à terme.

Sébastien : Tout à fait.

Anthony : Alors on voit qu'au niveau hommes-femmes, on est partagé : c'est plus ou moins 50-50, ce qui ne me surprend pas vraiment. Pour comparer, par exemple, avec Fotostudio, c'est un peu plus de femmes : sur Fotostudio, on a 60 % de femmes et 40 % d'hommes, ce qui s'explique bien sûr par le succès de la photographie de nouveau-nés, newborn et grossesse, qu'on a quand même pas mal chez Fotostudio. Mais 50-50 hommes-femmes, je pense qu'il n'y a pas vraiment de surprise à ce niveau-là.

Sébastien : Oui, non, je pense que c'est totalement représentatif, je l'espère. Je trouve que c'est bien d'avoir de la parité.

Anthony : Tout à fait. Par contre, le statut : on voit que la majorité sont artisans. Je vais essayer de parler français, pas belge. On a 95 % qui sont artisans et 5 % qui sont sur le statut d'auteur. Par contre, c'est quand même dingue de voir, au niveau du statut juridique, qu'on a 80 % qui sont en auto-entreprise. Donc ça, c'est quand même assez fou. Le succès de ce statut en France est quand même assez monumental, j'ai envie de dire.

Sébastien : Tout à fait, tout à fait. En même temps, en tant qu'auto-entrepreneur, on peut avoir 32 000 euros de chiffre d'affaires. Ça représente quelque chose : si on met ça par mois, ça peut arriver à 1 700, 2 000 euros net par mois peut-être, je ne sais même plus exactement combien c'est. Je pense que ça peut permettre de vivre confortablement un petit peu partout en France, avec le minimum de problèmes, enfin pas de problèmes, mais d'engagement vis-à-vis d'une entreprise, les charges, etc. Donc c'est assez flexible, et je pense que c'est pour ça que beaucoup de personnes sont auto-entrepreneurs. Et aussi parce qu'il y a quand même des personnes qui font la photographie de mariage en deuxième boulot.

Anthony : C'est ça. Je pense que ça reste quand même le statut idéal pour se lancer les premières années, quitte à changer par après quand tout fonctionne bien. Je fais un petit lien avec l'épisode de Bernard Audry, l'épisode numéro 2, où justement il aborde ce statut d'auto-entrepreneur et dit que oui, c'est très intéressant pour se lancer, mais qu'il faut faire attention : à certains moments, ça peut devenir vraiment important de changer, notamment si on commence à faire de la vente de produits, etc. Vu que le statut d'auto-entrepreneur ne permet pas de déduire ses charges, sur des albums justement, il y a quand même des freins aussi. Donc écouter cet épisode-là, ça vaut vraiment la peine.

Sébastien : Tout à fait, j'ai écouté cet épisode aussi et c'est totalement juste, ce qu'il dit. Après, évidemment, tout dépend du type de photographie qu'on fait. Si on part sur des albums ou sur des tirages comme lui, si on se tourne vers ça, partir sur une société a beaucoup plus de sens.

21:19Vendre des albums et des tirages

Anthony : Et justement, toi qui connais assez bien les photographes de mariage : la vente de produits, donc albums, agrandissements et autres, c'est quelque chose qui est déjà assez répandu ? Ou finalement, les photographes de mariage vendent toujours majoritairement du numérique ? Comment est-ce que tu vois les choses à ce niveau-là ?

Sébastien : Alors moi, tu vois, c'est très bizarre, parce que j'ai posé la question dans l'étude, si les personnes proposent des tirages, des albums, et moi, je n'en propose pas du tout. Parce que pour moi, ça me prend trop de temps. Certes, il y a de l'argent au bout, il suffit de facturer, il n'y a pas de souci. Mais pour moi, avoir quelques centaines d'euros en plus, ce n'est pas ce qui m'intéresse.

Mais en soi, si on veut développer son chiffre d'affaires et augmenter son panier moyen, très clairement, la vente de tirages, d'agrandissements et d'albums, c'est vers quoi il faut se tourner. Une fois qu'on a vendu sa première prestation, on peut revenir vers les clients : « Vous avez une clé USB, et puis si vous voulez, là, vous avez un tirage, vous avez un album. » Ça peut permettre d'augmenter son chiffre d'affaires, très clairement. Si certains photographes cherchent à le faire, je les encourage, parce que ça fonctionne très bien.

Anthony : Tu dis quelques centaines d'euros, mais on est d'accord, il y a des photographes de mariage qui arrivent à vendre des albums plutôt pour des milliers d'euros, qui arrivent vraiment à booster complètement leur panier moyen grâce à ces produits. Tu penses que, toi, c'est parce que tu n'as jamais vraiment essayé de pousser ces techniques-là ? Ou parce que tu penses que ta clientèle n'a pas spécialement le budget pour mettre 1000 euros en plus pour des albums, par exemple ? C'est quoi qui fait que tu penses qu'il y a une limitation à ce niveau-là ? Ou c'est simplement, comme tu l'as dit, parce que ça te prend du temps et que c'est quelque chose que tu n'aimes pas faire ?

Sébastien : Très honnêtement, je me situe sur des prix qui sont au-dessus de la moyenne au niveau de l'étude, donc ma clientèle a l'argent. Je leur propose des alternatives, je peux les aider. Je leur dis : « Si vous voulez, je peux vous aider, voilà les prestataires qui font du bon travail. » Mais moi, ça me prend trop de temps et je ne prends pas forcément de plaisir à le faire. Je suis tellement débordé par d'autres activités que je préfère mettre ça de côté et laisser aux mariés le choix de faire eux-mêmes leurs agrandissements et leur album.

Anthony : Petite question à ce sujet en passant, désolé, je suis curieux : sous-traiter cette partie-là, tu n'y as jamais pensé ? C'est-à-dire : j'ai une personne à qui je fais confiance, je lui ai expliqué comment ça fonctionne, les albums, et je sais que chaque fois que j'en vends un, par exemple, je peux lui sous-traiter cette partie-là, et elle prendra sa commission, bien sûr, sur la vente. C'est quelque chose que tu as déjà envisagé ou pas du tout ?

Sébastien : Non, pas forcément. C'est vrai que c'est une bonne idée, c'est quelque chose qui pourrait être intéressant. Après, ça dépend comment fonctionne la sous-traitance, si c'est juste au cas par cas ou si c'est partir sur un contrat. Mais c'est vrai que ça peut être intéressant, c'est une très bonne idée.

Anthony : Ok, parfait. Petite pause sur les produits, mais je trouve ça vraiment intéressant, c'est pour ça que je me permets d'en parler.

24:12Formation et workshops

« Avez-vous suivi une formation pour devenir photographe professionnel ? » Là, on voit que c'est assez partagé : 55 % des personnes mettent non, les autres mettent oui. Par contre, on voit qu'il y a clairement un intérêt pour la formation, vu que tu demandes ensuite si elles ont suivi des formations type workshop, stage ou autre, dédiées à la photographie. Et là, on voit clairement que 67 % mettent oui et que 10 % mettent qu'ils y pensent. Comment est-ce que tu commenterais ces deux questions-là ?

Sébastien : Je pense qu'il y a beaucoup de photographes qui se lancent en autodidacte, qui n'ont pas forcément de diplôme, qui n'ont pas fait d'écoles, des BTS ou des choses comme ça. Cependant, ils veulent se former, ils veulent savoir comment fonctionne la photographie de mariage, de naissance, de portrait, ou ils veulent juste se perfectionner.

Ça m'arrive aussi de participer à des workshops ou des choses comme ça. C'est normal, je pense que c'est nécessaire, et je pense que tout le monde devrait le faire chaque année. Moi, je mets une partie de mon chiffre d'affaires dans des formations, des workshops, c'est dédié à ça, pour me perfectionner, pour développer mon entreprise. Donc je pense que c'est très bien. Mais les débutants qui sont autodidactes ont besoin d'avoir quelques bases, et je pense que c'est pour ça qu'ils utilisent ce tremplin des workshops ou des choses comme ça, pour commencer, pour mettre un pied à l'étrier.

Anthony : Ouais, c'est ça. Est-ce que tu penses que, chez ces photographes de mariage qui débutent, il y a un peu le syndrome de l'imposteur ? Donc des gens qui se disent : « Je ne vais pas me dire photographe de mariage professionnel alors que concrètement, je n'ai pas de formation là-dedans. Oui, je commence à avoir de l'expérience, mais je ne suis pas encore professionnel pour autant. » Est-ce que ça a peut-être un impact sur leurs prix aussi, qu'ils n'osent pas facturer des montants assez élevés parce qu'ils ne se sentent pas légitimes, finalement ?

Sébastien : Bien sûr, bien sûr, je pense que ça a totalement un impact. Je pense que c'est un gros problème, enfin, ce n'est pas un problème, mais beaucoup de personnes manquent de confiance. Ce syndrome de l'imposteur, en photographie ou dans d'autres industries, est malheureusement trop présent. Mais je pense que si les gens veulent faire ça, s'ils se sentent de pouvoir le faire et s'il y a des gens qui sont intéressés par leur prestation, il faut avoir confiance en soi, il faut se lancer.

Après, pour les photographes de mariage, il y a plein de possibilités : créer son book, commencer son portfolio, suivre quelqu'un sur une journée ou deux. Ça peut donner un petit boost de confiance, et des fois, c'est juste ce qu'il faut.

Anthony : C'est ça. Alors, l'intérêt pour les workshops, évidemment, il n'y a pas vraiment de surprise là derrière. Je pense que c'est un business assez florissant pour ceux qui donnent des workshops orientés vers les photographes. Et j'imagine qu'avec le Covid, on va aller de plus en plus vers le en ligne, qui va aussi fonctionner de plus en plus, je pense. D'ailleurs, pour rappel, c'est ce qu'on fait avec Fotostudio : depuis un mois, on a commencé à donner des workshops Fotostudio en ligne directement, avec Eloa qui s'occupe de ça. Donc je pense que c'est effectivement un moyen d'évoluer après cette grosse crise.

Sébastien : Tout à fait, c'est une très, très bonne chose de partir sur du en ligne maintenant. Ça se démocratise dans n'importe quel type de formation ou de workshop. Le présentiel, mine de rien, ça a des coûts aussi : prendre un déplacement, une chambre d'hôtel ou des choses comme ça, ça fait un gros budget pour aller à un workshop sur Paris ou ailleurs. Donc le faire juste du confort de chez soi, c'est aussi pas mal.

27:42Peut-on vivre de la photo de mariage ?

Anthony : C'est clair. Alors on arrive sur une question, j'étais assez surpris de voir les réponses quand même, j'avoue, sachant que je ne suis pas photographe : « Est-ce que vous vivez uniquement de vos activités de photographe de mariage ? » Et là on peut voir que seulement 28 % ont répondu oui. Alors je dis « seulement », moi j'avoue que ça m'a un peu choqué. Je pensais qu'il y avait quand même beaucoup plus de photographes qui vivaient vraiment de cette activité-là. Est-ce que tu penses que ces chiffres sont vraiment représentatifs du marché, ou est-ce que tu penses que c'est dû à l'échantillon que tu as interrogé ? Qu'est-ce que tu penses de ces chiffres-là ?

Sébastien : Non, je pense que c'est totalement représentatif du marché. Moi-même, je fais du corporate, de la photo d'entreprise à côté, parce que vivre uniquement de la photographie de mariage... Alors ça dépend ce qu'on fait, ça dépend où on est aussi. Moi je suis en Bretagne, il fait beau trois mois de l'année, on va dire de juin à juillet, août. Donc c'est là où la période des mariages est concentrée. Forcément, il y a aussi du hors-saison, mais si on est dans le sud de la France par exemple, la période est beaucoup plus longue. Il y a aussi beaucoup plus de mariages à l'étranger, ou alors si on est à Paris, il y a beaucoup plus d'étrangers qui viennent se marier à Paris. Donc ça peut permettre d'avoir une année plus longue. Mais il y a quand même très peu de personnes qui sont sur ce créneau-là, de faire que de la photographie de mariage.

Parce que bon, ça dépend de ses prix. Si on est à 2 000 euros sur un mariage, pour avoir un chiffre d'affaires de 20 000 euros, il faut faire au moins dix mariages. Il y a quand même pas mal de mariages à faire, et il faut déjà trouver ses clients. Il y a quand même assez peu de personnes très connues, il n'y a pas beaucoup de personnes qui peuvent se permettre de faire plus de 50 mariages par an. Ça existe même pas... Aux États-Unis, faire 30 mariages par an, c'est totalement classique, et c'est normal. Bon, après, des fois ils font deux mariages par jour. Ici, c'est notre culture, c'est différent.

Donc si on considère qu'il y a juin, juillet, août, ça fait 12 week-ends potentiels, on va dire 10 mariages. Si on arrive à avoir 10 week-ends bookés, pas de doublons, etc., ça arrive quand même assez rarement. Donc vivre à 100 % de la photographie de mariage, pour moi c'est compliqué. Sachant qu'il y en a qui le font, bien sûr, on est bien d'accord. J'en connais quand même pas mal qui vivent complètement du mariage, qui font 20-30 mariages par an. Mais c'est peut-être aussi des gens qui font de l'étranger, qui se déplacent plus. Encore une fois, tout dépend du type de clientèle qu'on vise. Je ne dis pas du tout que c'est impossible, c'est totalement possible, mais il faut être spécialisé dans cette chose-là et développer ça. Je pense que ça représente peut-être 1 % des photographes. Alors là je lance une statistique, je n'en sais rien du tout, mais je pense que ça ne représente pas beaucoup de personnes quand même sur l'échantillon des photographes qui font du mariage.

Anthony : Alors du coup, la question suivante, qui est liée : « Est-ce que vous exercez un autre métier à côté, hors photographie ? » Et là on voit que 35 % répondent oui, les autres non, bien sûr. Du coup, ça veut dire que ces 65 %, finalement, ils ont une autre activité dans la photo ? Donc ça peut être du corpo comme ça, ou ça peut être autre chose, mais c'est lié à la photo, toujours ?

Sébastien : Non, alors pour le coup, ça c'était peut-être mal précisé, je le note d'ailleurs. Non, là pour le coup, c'était vraiment un autre métier, c'est-à-dire autre que photographe. Quand je disais « vivez-vous uniquement de votre activité de photographe de mariage », ça sous-entendait qu'à côté, ils faisaient du portrait, du corpo, des choses comme ça. [inaudible] C'est vraiment autre chose que photographe. Donc il y a quand même 40 % des gens qui ont un second métier à côté, autre que photographe.

31:18Organisation, dépenses et matériel

Anthony : C'est ça, OK. Alors on passe à la pratique du métier, à la formation générale. « Comment travaillez-vous ? Est-ce que vous êtes seul, avec un assistant ou avec un partenaire ? » On voit que la grosse majorité sont seuls, les autres sont quand même assez rares : c'est 87 % qui travaillent seuls. « Proposez-vous de la vidéo ? » La majorité, c'est non : on voit 70 % qui répondent non. Donc là, je pense qu'ils se spécialisent dans la photo, ce qui est assez logique.

Sébastien : Oui, oui, c'est normal. En même temps, si on est seul et qu'on doit faire de la photo et de la vidéo, je veux dire, bon courage. Je ne dis pas que c'est impossible, mais c'est clair qu'on ne peut pas faire des photos du first kiss à l'église et prendre de la vidéo en même temps. Il faut se décider, à moins qu'on ait un trépied ou des choses comme ça derrière. Mais bon, ça demande quand même pas mal d'organisation, et je ne suis pas sûr que ce soit bien cadré.

Anthony : On est bien d'accord. Alors, « votre dépense principale ». Ça, c'est assez surprenant, enfin moi ça m'a surpris : on peut voir que 55 %, plus ou moins, ont répondu que c'était l'équipement. Alors je comprends quand ce sont des nouveaux photographes, en général, qui débutent, sur leurs premières années d'activité. Mais on a vu que la majorité était quand même plutôt sur une tranche de 5 à 10 ans. Est-ce qu'un photographe de mariage change son matériel quand même régulièrement ?

Sébastien : Ben alors je ne sais pas. Moi je t'avoue que je change mon appareil photo environ tous les deux ans. Enfin, là j'ai deux appareils photo, et il y a les nouveaux Canon qui sont sortis, donc on va basculer sur ces nouveaux Canon. Mine de rien, il y a des nouveaux appareils tous les deux, trois ans, qui représentent quand même pas mal d'argent : 5 000 euros l'appareil photo, c'est quand même un gros budget. Puis il y a des nouveaux types d'appareils photo, donc des nouveaux objectifs aussi, des nouveaux adaptateurs. Je pense que dans tous les cas, ça reste un budget, c'est normal. On a envie d'investir dans l'équipement pour avoir une meilleure qualité de photo, ou des choses comme ça.

Anthony : Oui, moi de l'extérieur, je me serais dit qu'on réinvestit dans son matériel, je ne sais pas moi, tous les 5 ans. Mais comme je l'ai dit, je ne suis pas photographe. Alors au niveau des dépenses, la suite, c'est marketing et publicité, donc plus ou moins 20 % des dépenses. Ça me paraît effectivement cohérent : si on veut se faire connaître, si on veut avoir de nouveaux clients, il faut bien parler de nous à un moment donné. Et puis le reste, c'est formation, workshop, site internet et déplacement. Ça semble cohérent aussi.

Alors, la question qui va faire des heureux et qui va faire tous les débats, c'est : « Quelle marque d'appareil photo utilisez-vous ? » On voit que Canon est à 47 %, Nikon 34 %, et puis après c'est Sony et Fujifilm. Je pense que c'est assez cohérent aussi, assez classique, il n'y a rien de bien spécial à dire par rapport à ça.

Sébastien : Oui, je pense que ça montre la tendance du marché. Alors j'aurais pensé qu'il y aurait eu un peu plus de Sony, pour être honnête. Alors je suis sur Canon, mais je pense qu'il y aurait eu plus de Sony. Après, c'est vrai qu'on s'adresse vraiment qu'aux photographes de mariage, donc à voir.

Anthony : Moi, de l'extérieur évidemment, je parle à énormément de photographes, et j'ai l'impression que Sony est en train de se développer en force pour le moment. J'ai vu en tout cas beaucoup de photographes qui passaient maintenant à Sony, depuis, je ne sais pas moi, depuis un an. Je ne sais pas si ça va se généraliser ou pas, mais c'est une impression que j'ai eue aussi, en tout cas.

Sébastien : C'est surtout qu'ils ont été un petit peu en avance par rapport à ce côté vidéo : pouvoir prendre des photos et faire de la vidéo, de la bonne vidéo, avec un appareil photo, le Sony A7 III ou des choses comme ça. Je pense que c'est pour ça qu'il y a pas mal de photographes qui ont basculé, et que Canon n'évoluait pas pendant pas mal de temps. Maintenant, avec la sortie du Canon EOS R5, c'est complètement chamboulé, je pense. Il y a pas mal de personnes qui vont vendre leur Sony pour repasser chez Canon, on verra bien. Mais bon, de toute façon, peu importe la marque en soi. Moi, je pense que ça n'a pas grand intérêt sur les photos, ce que ça apporte. Tant qu'on est à l'aise avec son matériel et qu'on arrive à avoir le rendu qu'on souhaite, c'est tout ce qu'il faut.

35:16Impression et galeries en ligne

Anthony : C'est ça. Alors on arrive dans la section impression et galerie en ligne. « Proposez-vous des albums ou des tirages photo ? » On voit que 40 % répondent oui, via des sites tiers d'impression. Après, il y a plus ou moins 30 % qui le font eux-mêmes, et puis après, c'est oui via des plateformes de galerie privée. Donc ça, j'imagine que ce sont des plateformes de galerie en ligne, ce genre de choses-là. OK. « Proposez-vous une galerie privée en ligne ? » La majorité répond oui avec 61 % : oui, sur une plateforme spécialisée. 25 % oui, sur leur site, et 10 % qui mettent non. Donc ça, je pense que c'est devenu un classique, de proposer les photos à son client via une galerie.

Sébastien : Tout à fait. Je pense que c'est totalement dans l'air du temps. Et puis aussi, plus que pour ses clients, c'est aussi pour les invités. Et puis là encore une fois, ça peut être une manière d'augmenter son chiffre d'affaires. Moi, je ne sais pas comment ça se passe pour d'autres photographes, mais on parlait des impressions tout à l'heure : avoir des possibilités d'impression sur sa galerie privée. Alors certes, on pense que ça va être les mariés, mais moi j'ai beaucoup remarqué qu'en fait, les invités... Un couple d'invités, on en profite pour faire quelques photos avec eux, il y a deux, trois photos qui sont sympas. Alors oui, ça va partir en photo de profil Facebook, ou alors ça va être imprimé. Donc n'hésitez pas à télécharger ou à imprimer ces photos-là. Et ça peut être un petit bonus de prendre juste 5 minutes à faire des photos de couple des invités, et ça peut permettre de dégager, rien, 10-20 euros en plus. Fois 5, c'est toujours pas mal.

Anthony : Clairement, tout à fait. Et puis surtout, comme tu disais, ce sont aussi des photos qui vont être utilisées comme photos de profil et autres, et qui vont faire la pub directement du photographe.

Alors, « combien de photos éditées livrez-vous pour un mariage de 8 heures ? » Et alors là, on voit qu'on a deux réponses principales : on a 31 % entre 300 et 500 photos, et on a 29 % entre 500 et 750. C'est beaucoup... Je ne sais pas, je te laisse commenter. Est-ce que c'est beaucoup, est-ce que c'est normal ?

Sébastien : Je pense que c'est à peu près normal. Moi, je ne donne pas de chiffres exacts dans mes prestations, parce que pour moi c'est impossible de dire combien de photos on va livrer. Surtout que nous, on travaille à deux, donc il y a encore deux fois plus de photos à trier. Mais je pense que c'est impossible : chaque mariage est différent, chaque mariage a des moments clés aussi. Ça dépend si on fait juste l'église, si on fait la mairie plus l'église (forcément, il n'y a pas deux fois plus de moments clés), si on fait des photos de groupe. Donc pour moi, c'est normal, avoir entre 300 et 500 photos, c'est une moyenne.

38:03Nombre de mariages et distance

Anthony : C'est ça. Alors du coup, on arrive sur les informations sur les mariages. « Combien de mariages avez-vous couverts en 2019 ? » Et alors on peut voir que là, ça diminue. Ça commence à moins de 5 mariages : on a 31 %. Puis entre 5 et 10, on a 30 %. Et puis là, entre 10 et 15, on a seulement 20 %, et puis ça continue à diminuer : entre 15 et 20, 11 %, et ainsi de suite. Donc là, on est vraiment dans ce que tu disais tout à l'heure. Visiblement, on ne fait quand même pas des tonnes de mariages sur une année, et ça explique pourquoi, en tout cas, c'est difficile de vivre uniquement de la photographie de mariage aujourd'hui.

Sébastien : Tout à fait. 60 % des gens qui font moins de 10 mariages. Comme je le disais tout à l'heure, même si on part sur juin, juillet, août, ça fait potentiellement 12 mariages. Même s'il y a une autre saison, c'est compliqué de remplir tous ces week-ends-là. À moins que certaines personnes y arrivent, ou en aient l'envie aussi, parce que certaines personnes ne souhaitent pas faire plus de 5 mariages par an, ou 10 mariages, parce qu'elles sont prises par d'autres activités. Ça peut être un choix. Donc c'est un peu difficile de juger.

Anthony : C'est ça. Alors il y a quand même 3 % qui mettent qu'ils en font plus de 30 par an. Alors là, j'ai envie de dire chapeau, parce que ça doit être un rythme de vie assez incroyable, assez infernal, j'ai envie de dire. Mais voilà, s'ils arrivent à tenir le coup, tant mieux.

Sébastien : Après, tout dépend aussi à quel type de clientèle on vise. Si on fait 30 mariages de 12 heures de présence, alors je ne sais pas comment ils font, mais tant mieux. Après, si on considère un mariage... Ça m'arrive de faire des prestations mariage juste pour 2 heures, juste une sortie d'église, des choses comme ça. On peut potentiellement faire deux mariages par jour, ou genre le samedi et le dimanche. Ça dépend vraiment à quel type de clientèle on s'adresse. Ça peut être possible, mais il faut juste savoir ce qu'on veut, je veux dire.

Anthony : C'est ça. Alors, question suivante : « Vous réalisez la majorité de vos mariages à quelle distance ? » On voit que 46 %, c'est à moins de 50 km de chez moi, et 41 %, c'est entre 50 et 100 km. Ça, ça représente la grosse majorité. Après, on voit qu'il y a quelques-uns qui font de l'étranger, etc., mais ça, c'est quand même vraiment une minorité. Ce n'est pas une grande surprise non plus. Il y a quand même pas mal de photographes de mariage aussi ; j'imagine que les mariés essayent souvent de prendre quelqu'un de leur région, peut-être. Ça me semble assez cohérent.

Sébastien : Oui, bien sûr, je pense que c'est normal. Les futurs mariés, généralement, quand ils ont bouclé un lieu, ils regardent les photographes qui sont autour de ce lieu-là, parce que ça leur coûte moins cher : on évite les frais de déplacement. Et puis, moins de 100 km... Je ne sais pas, à moins que ce soit vraiment un super mariage avec un très grand budget, je n'ai pas forcément envie de me déplacer à l'autre bout de la France. Encore une fois, tout dépend à quel type de clientèle on s'adresse. Si on part sur du super haut de gamme, du luxe, évidemment qu'on va se déplacer. Si c'est juste pour une salle des fêtes, j'ai moins envie, quand même.

Anthony : Après, j'ai quand même souvent entendu des mariés qui avaient eu vraiment un coup de cœur pour un photographe, qui avaient vu passer des photos de mariage et qui voulaient absolument ce photographe-là pour leur mariage. Alors je suppose que ce n'est pas non plus la majorité, je pense que tous les mariés ne sont pas sensibles à ce point-là aux photos, je me trompe peut-être. Mais c'est vrai qu'à ce moment-là, la distance, entre guillemets, on s'en moque un peu. Ils veulent vraiment ce photographe-là, point, et ils sont prêts à payer le prix pour le faire venir.

Sébastien : Tout à fait. Dans ces cas-là, c'est la clientèle que je vise, parce que je vise plutôt que les futurs mariés me choisissent par rapport à mes photos que par rapport à mes prix. Donc c'est par rapport à ça : quel positionnement on a, si c'est plus par rapport à nos prix ou à nos photos. Tout dépend de son style, de ce à quoi on aspire. Mais c'est sûr que d'avoir des futurs clients qui nous ont choisis parce qu'ils adorent nos photos, qui veulent vraiment que ce soit nous, déjà, ça fait super plaisir. Mais aussi, forcément, ils sont un peu plus flexibles au niveau budget. Et puis forcément, ces gens-là n'ont pas peur de payer les frais de déplacement, parce qu'ils savent ce qu'il y a derrière aussi.

Anthony : C'est ça. D'où l'importance de communiquer et de se faire connaître, bien sûr, parce qu'on ne peut pas arriver à ça si on n'a pas un minimum de budget com, et si on ne fait pas attention à son image, à comment on communique, etc. Je veux dire, il n'y a pas de secret, ça ne se fait pas tout seul.

Sébastien : Tout à fait.

42:28Tarifs et chiffre d'affaires

Anthony : Alors on arrive à la section tarifs et chiffre d'affaires. « La photographie de mariage vous a rapporté, en 2019... » Alors là, on voit que la majorité, donc 35 %, mettent moins de 5 000 euros. Et puis on a 25 % qui mettent entre 5 000 et 10 000. Et puis ça continue de nouveau à diminuer : 10 à 15 000, on a 15 %, et ainsi de suite. Donc ça reste cohérent par rapport à tout ce qu'on a vu juste avant. Donc finalement, une majorité qui ne vit pas de la photo de mariage aujourd'hui.

Sébastien : Oui, tout à fait. Comme on le voit, j'ai fait une moyenne : la photographie de mariage dégage environ 12 000 euros de chiffre d'affaires, ce qui peut être très, très juste pour vivre. Ça ne fait pas beaucoup. Mais bon, ça reste possible, mais c'est sûr qu'il faut faire autre chose à côté si on veut dépasser ces 12 000 euros. Donc ça peut être la photo corporate, la photo portrait. Je pense que ça représente pas mal de la population des photographes.

Anthony : C'est ça. Alors du coup : « Quel est votre tarif pour une prestation mariage de 8 heures, sans les extras ? » (qui peuvent être les albums, etc.). Là, la majorité répond, avec 27 %, entre 750 et 1 000 euros. On a aussi 18 % pour entre 1 200 et 1 400. Et ça tourne autour de ces prix-là : on en a beaucoup qui sont aussi entre 1 000 et 1 400, 1 600. Donc on peut voir que la moyenne a l'air de se situer plus ou moins entre 1 000 et 2 000 euros.

Sébastien : Oui, voilà, pour une prestation de 8 heures. Dans les chiffres juste après, j'ai fait la moyenne : ça arrive à 1 192 euros, donc on va dire 1 200 euros. Ce qui est totalement cohérent, je pense, par rapport aux prestations qu'on voit, un petit peu du bas budget au budget moyen. Je pense que 1 200 euros pour un mariage, c'est totalement honnête pour une prestation de 8 heures. Bon, après, si on part au-dessus, peu importe. Mais je pense que pour 8 heures, c'est totalement cohérent avec ce que ça implique derrière, c'est-à-dire le travail, le temps passé sur une prestation complète. Au moins, on gagne de l'argent, c'est-à-dire qu'on n'est pas au SMIC ou en dessous du SMIC. Parce que bon, si on propose des prestations en dessous de ces prix-là, c'est déjà très, très compliqué de dégager un bénéfice réel.

46:41Le tarif horaire

Anthony : C'est ça. Alors : « Quel est votre tarif horaire pour une prestation de mariage ? » Alors du coup, on peut voir que la majorité se situe de nouveau entre 50 et 100 euros, et puis entre 100 et 150, et entre 150 et 200. La majorité est là, ce qui est logique par rapport au tarif qu'ils ont répondu au-dessus.

Sébastien : OK, tout à fait. Après, là c'est pareil, j'ai tout simplement regardé, sur 8 heures, combien ça revenait, et c'est sûr que ça concorde. Donc je pense que c'est représentatif. Après, moi personnellement, je sais que je facture à l'heure, je ne facture pas en prestations ou en forfait. Ce que j'ai remarqué aussi dans ces chiffres, c'est qu'il y avait beaucoup de personnes qui ne savaient pas quel était leur tarif à l'heure. Et ça, ça m'a un peu choqué. On peut proposer des forfaits, etc., mais bon, il faut quand même savoir combien on gagne à l'heure, je trouve. Ce sont des petites choses comme ça : j'espère que des futurs photographes qui veulent se lancer vont voir qu'il faut quand même définir un tarif à l'heure pour ces prestations. Parce que c'est bien beau de proposer 12 heures de prestation et de faire 40 heures de retouche derrière, et bon, si c'est pour gagner juste 5 euros de l'heure, c'est pas forcément...

Anthony : Moi, ça ne m'étonne pas vraiment, pour avoir de nouveau parlé à énormément de photographes. Au final, c'est vrai qu'ils parlent souvent en termes de forfaits, et ils ne se rendent pas bien compte derrière de ce que ça implique en termes d'heures de travail. Et au final, ils s'en rendent compte quand ils font le calcul. Ils ne sont pas rentables : c'est comme s'ils travaillaient parfois à 10 euros de l'heure. Ce n'est pas surprenant.

Et c'est souvent un élément déclencheur qui va leur faire se rendre compte : est-ce que je suis rentable ou pas ? Et c'est l'occasion de se dire : je monte mes prix. Pas parce que je monte mes prix au hasard, parce que j'ai vu qu'une concurrente le faisait aussi ou parce que je veux m'adapter au marché. Mais je monte mes prix pourquoi ? Parce que moi, je veux être rentable et je veux vivre complètement de mon activité, et pour pouvoir le faire, je suis obligé d'avoir un tarif horaire qui est plus correct. Donc c'est clair que c'est super important. Et moi je trouve que chaque photographe, en tout cas qui débute ou qui se lance, doit absolument faire ce calcul pour se rendre compte si son activité est rentable ou non. Pour moi c'est indispensable.

Sébastien : Mais tout à fait. N'importe quel artisan, on va demander à un plombier, enfin peut-être à un dentiste, mais à un plombier, à un menuisier ou à un charpentier s'il connaît son tarif à l'heure. Pourquoi un photographe ne le connaîtrait pas ? Pour moi c'est essentiel de savoir ce qui rentre dans les caisses et ce qui en sort, les RC Pro, les choses comme ça, c'est totalement normal. Et puis de savoir au final combien on fait à l'heure, c'est essentiel. Pour moi, ça doit être la base de ses prix.

Anthony : C'est clair. Je pense que c'est dû un peu au type de métier, parce que moi, j'ai eu pendant de nombreuses années une agence de développement web, par exemple. Donc on faisait des sites, et c'était aussi un peu le même principe : on faisait des formules, on faisait des devis, on arrivait plus ou moins à un forfait de 2000 euros, par exemple. Et puis on faisait le site, et après, quand on faisait les chiffres, qu'on se rendait compte du nombre d'heures qui étaient prestées sur ces sites-là, on se rendait compte aussi qu'on n'était pas rentable du tout. Mais voilà, sur un site internet, évidemment, les gens peuvent changer d'avis en cours de route, on peut faire des modifs, etc. Pour le mariage, au final, c'est vrai que c'est peut-être un peu plus cadré : on sait que le mariage va durer 8 heures. Mais je suppose que le photographe, en retouchant ses photos, il peut aussi retoucher plus ou moins suivant celles qu'il aime bien, celles qu'il aime moins, suivant le contact avec les mariés. Je suppose que, comme vous êtes des êtres humains, avec des mariés avec qui ça s'est super bien passé, vous avez envie de faire plus plaisir et de retoucher plus de photos. Enfin je ne sais pas, mais j'imagine que ce genre de choses-là va aussi arriver.

Sébastien : Bien sûr. J'ai malheureusement ce problème-là : tout le temps, ça se passe très bien avec les mariés, et puis on a envie de leur faire plaisir, donc on a envie de livrer plein de photos qui vont leur faire plaisir. Après, il ne faut pas tomber dans ce piège-là non plus. Mais c'est sûr qu'on a envie de faire bien les choses, bien son travail. Mais c'est sûr, ça prend plus de temps, et si c'est plus de temps, en ratio horaire, on gagne moins d'argent. C'est un petit peu compliqué. Mais voilà, je pense que définir ses prix à l'heure est très très important. Et c'est pour ça d'ailleurs que moi et ma compagne, parce qu'on travaille ensemble, on a décidé de partir sur des tarifications horaires. Donc on est présents autant que les gens le souhaitent, il n'y a pas de problème. Nous, on n'a pas de forfait : si les gens veulent nous avoir pour deux heures, il n'y a pas de problème, on est là pour deux heures, trois heures, quatre heures ou douze heures, mais ils payent à l'heure, c'est tout. On a un tarif horaire, ils le connaissent, ils le payent par le nombre d'heures, et puis on est présents, il n'y a aucun problème. Et ça inclut les déplacements aussi, il n'y a pas de frais cachés. Au moins, c'est très net. Pour les clients, je trouve que c'est bien, parce que c'est très très facile pour eux de comprendre. Il y a plein de photographes qui ont plein de forfaits, « je prends cocktail » ou « juste sortie église », je ne veux pas m'attarder là-dessus, mais c'est très compliqué pour les clients, quand on se met dans leurs chaussures, de comprendre toutes ces différences-là. Alors qu'on leur dit : « On sera présents juste le nombre d'heures que vous souhaitez, c'est juste un tarif horaire. » Ils sont là : « Ah oui, d'accord, mais en fait c'est simple. » Ils ont juste une multiplication à faire et ils comprennent le tarif. Donc c'est pour ça qu'on est partis là-dessus, et aussi qu'on s'y retrouve par rapport à l'argent qu'on génère derrière, par rapport à ce qui nous rentre vraiment dans la poche après les retouches, après le temps passé sur l'exploitation.

Anthony : Oui, je suis tout à fait d'accord, parce que c'est clair que pour le client final, il va comparer deux photographes, il va voir par exemple : il a sa formule, il est à 2000, l'autre il est à 4000. Et il va se dire : mais pourquoi ? La différence, elle vient d'où finalement ? Tandis que quand on a effectivement un tarif horaire, on sait rapidement se dire : OK, celui-là il est à 50 euros, celui-là il est à 100 euros, pourquoi ? Et ce photographe aura à se justifier. Mais c'est clair que pour le client final, c'est peut-être plus clair. Et on évite aussi le piège de l'image qu'on a parfois des photographes, de se dire : le photographe, il me prend 2000 euros pour mon mariage, au final il vient 6 heures. Le client final ne se rend pas compte du travail de retouche qu'il y a derrière, même si, bien sûr, on en aura parlé lors de la première rencontre. Mais le fait d'avoir ce tarif horaire, clairement, on peut détailler : voilà, j'ai X heures sur place, ça veut dire X heures de retouche derrière, et voilà, ça va faire, je ne sais pas moi, 20 heures fois 100 euros, et on arrive au montant total. C'est beaucoup plus simple de clarifier ses prix et de savoir combien on va gagner au final.

Sébastien : Après, nous, si on est arrivés sur cette manière de faire, ce n'est pas arrivé dès le début. Moi aussi, je proposais des forfaits, un peu comme tout le monde. Ça vient aussi avec l'expérience : on connaît ses erreurs, on apprend de ses erreurs, et je pense que c'est important.

51:43Demandes, site internet et référencement

Anthony : C'est ça. Alors on va encore continuer quelques sections, on ne va pas faire toute l'étude parce qu'elle est encore longue, mais bien sûr il y aura le lien dans les notes de l'épisode, donc vous pouvez la consulter vous-mêmes. Il y a une partie sur les sites internet, est-ce que vous possédez un site internet, etc., ça je vous laisserai aller voir par vous-mêmes. Par contre, je pense que c'est super intéressant, tu vas peut-être pouvoir commenter, c'est la partie marketing et publicité. Donc : combien de clients sont entrés en contact avec vous en 2019 pour des mariages, en moyenne ? Là on peut voir que la majorité, c'est 25 % qui répondent entre 10 et 20, 18 % qui mettent entre 20 et 30, par exemple. Donc on a vraiment des chiffres assez détaillés. Alors là, je suis quand même assez surpris que les photographes arrivent à répondre à ce genre de questions. Alors j'en profite pour parler un tout petit peu de Fotostudio, parce que dans Fotostudio, à chaque fois que quelqu'un nous contacte via un formulaire de contact, ça va créer un prospect dans Fotostudio, etc., et on va avoir des chiffres derrière, on va pouvoir facilement les obtenir. Un photographe qui n'utilise pas un outil comme ça, il doit quand même s'organiser pour arriver à voir ces chiffres-là et pouvoir structurer ça, il doit s'organiser un minimum, que ce soit via un fichier Excel ou autre. Donc voilà, je trouve ça bien déjà de voir que les photographes arrivent à répondre à cette question. Mais toi, tu en penses quoi ? Quand on voit la majorité, donc c'est entre 10 et 20 et 20-30, ça te paraît peu, ça te paraît normal ?

Sébastien : Moi je trouve ça extrêmement peu. Alors j'ai un petit peu étudié ces chiffres, parce que ça m'a beaucoup intrigué, beaucoup intéressé. Et c'est lié, pour moi, je pense, à la section du dessus, celle du site internet. Juste pour rebondir très rapidement : c'est 70 % des photographes, si je ne dis pas de bêtises, qui réalisent eux-mêmes leur site internet. Bon, très bien, il n'y a pas de problème avec ça. Mais ce que ça implique derrière, c'est qu'ils n'ont pas de référencement sur internet, ils sont très mal référencés, donc très peu de clients les trouvent. Alors c'est bien beau, les réseaux sociaux, etc., mais comme on le voit dans l'étude aussi, ce n'est pas forcément ce qui attire le plus de clients. Et ça se reflète : créer soi-même son site internet, ça sous-entend ne pas avoir de référencement, et ça veut dire ne pas être trouvé par ses clients, et donc ne pas avoir d'e-mail ou de prospect. Pour moi, tout ça c'est lié, et c'est sous la même coupole du site internet et du référencement. Pour moi, je fais à peine de communication sur mes réseaux sociaux personnellement, je n'ai même pas de photos sur Instagram, je crois, et pourtant j'ai une vingtaine de clients qui me contactent juste par rapport à mon référencement sur internet. Donc je n'ai même pas besoin d'utiliser mes réseaux sociaux pour trouver des clients. Mais enfin, il faut se mettre à la place de quelqu'un qui cherche un photographe, tout simplement. Qu'est-ce qu'ils font, les futurs mariés, quand ils cherchent un photographe ? Ils tapent « photographe mariage » et la ville où ils sont, Paris, Marseille, et ils vont voir les premiers sites internet. Et si vous êtes dans ces premiers sites-là, vous aurez un e-mail, et ça sera un potentiel client. Voilà, pour moi ça ne va pas plus loin. Si on veut avoir plus de clients, il faut être référencé, c'est la première source de trafic et d'acquisition client. Pour moi, c'est lié à ça, et je pense que beaucoup de photographes ne se rendent pas compte de ça. Et c'est lié à ces chiffres. Moins de 10 demandes par an, c'est une demande par mois. C'est sûr que si on arrive à convertir, je ne sais pas, 2 % sur 10 demandes qu'on reçoit, on en a 2, ça ne fait pas grand-chose. Donc pour moi, pour avoir seulement 10 mariages, on devrait avoir, j'en sais rien, une centaine de demandes, 120 demandes. Autrement, ce n'est pas possible.

Anthony : Non, c'est clair. Je suis tout à fait d'accord : les photographes passent, je pense aussi, trop de temps sur les réseaux sociaux et pas assez sur le site internet. Les réseaux sociaux, c'est un peu de la poudre aux yeux finalement, c'est un peu la course au like : se dire « oui, j'ai beaucoup de likes sur mes photos, donc logiquement je vais avoir beaucoup de demandes de prestations, etc. » Ce n'est pas toujours aussi simple que ça. Alors on en revient à ce qu'on disait tout à l'heure : par contre, les réseaux sociaux pour se créer une vraie image, et que les gens sachent directement « voilà, moi, quand je serai enceinte ou quand je vais me marier, je sais que je veux aller chez tel photographe parce que j'adore ses photos », ça bien sûr, c'est important aussi. Mais c'est beaucoup plus compliqué à réaliser, je pense. Le référencement, on sait que ce n'est pas mathématique, mais on sait que quand on passe un peu de temps sur son référencement, à terme on va avoir des résultats qui vont arriver. Et comme tu disais, tous les jours il y a des prospects qui vont nous contacter grâce à ce travail-là, et ça travaille sur la longue durée. Les réseaux sociaux, par contre, on sait bien que si on se met à publier un peu moins fréquemment, etc., directement on va perdre en visibilité et ça devient moins intéressant. Donc voilà.

Sébastien : Et surtout quand on débute, en fait. Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui disent : « Oui, je vais me mettre sur les réseaux sociaux, essayer de créer une communauté. » Ça prend énormément de temps de créer une communauté, d'attirer les gens autour de sa ville, etc. Ça prend beaucoup de temps et beaucoup d'énergie. Alors que si tout ce temps et cette énergie étaient mis dans la création de son site internet, pour optimiser son SEO, ou alors l'argent qui est mis dans les publicités sur Instagram ou Facebook, juste le mettre dans Google Ads, où les gens tapent vraiment, ils sont en train de rechercher un photographe : il faut répondre à leur demande. Ce n'est pas : on est en train de regarder une story sur Instagram ou juste de scroller sur Facebook, et on tombe sur « tiens, il y a un photographe, oui, les photos ont l'air sympa », mais est-ce que j'en ai besoin là ? Non, pas forcément. J'ai vu votre pub, mais... Alors que si je suis en train de chercher, si j'ai un besoin, il faut répondre à ce besoin. C'est juste aussi simple que ça : répondre aux besoins des gens, et les clients seront là.

Anthony : C'est tout à fait cohérent, ce que tu dis. Moi, je prends l'exemple de Fotostudio, par exemple. Fotostudio, ce n'est pas pareil, je veux dire, c'est rare les personnes qui se disent : « Ouais, je vais taper sur Google "outil de gestion photographe" ou "CRM photographe". » Ça arrive bien sûr, il y a des gens qui ont ce besoin, qui vont faire une recherche pour le trouver. Mais moi c'est différent, dans le sens où je vais faire un peu de pub, par exemple sur Facebook ou sur Instagram, avec plutôt des témoignages : « Voilà, tel photographe qui est assez connu, il utilise Fotostudio. » Et c'est intéressant, du coup ça va plutôt éveiller la curiosité, et la personne va se dire : « Bah voilà, ça existe, les CRM pour les photographes, je vais tester, qu'est-ce que ça donne », etc. Et là, la logique est différente. Mais je suis tout à fait d'accord avec toi que pour un photographe, il faut répondre à une demande. Il va y avoir une recherche concrète qui va être faite, voilà, « photographe » et la région, et là, la base pour un photographe, c'est d'être visible sur cette recherche-là. Et donc, comme tu dis, tu parles de référencement : bien sûr, le référencement, ça prend un peu plus de temps, parce qu'on n'est pas référencé sur Google du jour au lendemain quand on démarre. L'alternative dont tu as parlé, c'est les Google Ads, pour pouvoir apparaître dans les résultats payants. Alors ça peut demander un petit budget, mais en général c'est censé payer assez rapidement, dans le sens où une personne qui arrive sur le site via ses pubs peut potentiellement devenir vraiment client chez soi. Alors après, on en revient à ce que tu disais : si chacun fait son site lui-même et que le site n'est pas terrible, ça va être plus difficile de convertir ce prospect en client. Il faut vraiment que le site arrive à l'accrocher.

Sébastien : Bien sûr. Et je rebondis juste encore une dernière fois par rapport à ça. Les photographes professionnels, quand on leur parle des prix des photographes amateurs : « Ah oui, le photographe amateur à 150 euros ou 500 euros sur Leboncoin qui m'a volé mon marché », entre guillemets. OK, très bien, il y a ce débat-là. Par contre, quand c'est un photographe qui doit faire appel à une agence web, donc à un professionnel, ou un professionnel indépendant, pour créer son site internet, il ne veut pas, il veut le créer soi-même pour économiser de l'argent. Donc en fait, ça revient à dire : si c'est mon mariage, le jour de mon mariage, je ne vais pas prendre le photographe pro, je vais prendre le photographe amateur. C'est exactement pareil, c'est exactement la même démarche. Et donc, je ne sais pas, des fois il faut juste être en accord avec soi-même et ses idées, et se dire : très bien, je mets de l'argent dans un photographe, et je mets de l'argent dans un site internet pour être référencé. C'est exactement la même démarche.

Anthony : C'est clair. Il faut arrêter de vouloir toujours économiser au quotidien : « je débute, je n'ai pas de gros budget, donc je n'ai pas envie de dépenser trop ». Il faut plutôt voir dans l'autre sens et se dire : il faudrait que j'investisse. Oui, je vais dépenser un peu d'argent, peut-être pour avoir un site de meilleure qualité, ça va être une dépense aujourd'hui, mais à terme c'est un investissement qui va me rapporter des clients de manière beaucoup plus régulière.

Sébastien : Mais alors attention, après, pour un site internet, il ne faut pas non plus dire qu'en passant par une agence, on est toujours 100 % satisfait des résultats. Je pense qu'il faut, comme toujours, trouver la personne avec qui on va avoir un bon feeling, avec qui on pense qu'on peut avoir un site qui nous plaît au mieux. Trouver la bonne personne, c'est comme tout : il ne faut pas aller trouver la première agence qui est à côté de chez vous, mais il faut comparer un petit peu, voir comment ça se passe, ce qu'on vous propose, pour pouvoir bien choisir.

01:00:15Sources de clients et publicité

Anthony : Bien sûr. Alors, je reviens... Ah oui, voilà : « Je trouve la majorité de mes clients avec... » Alors là, on peut voir que la majorité, c'est 40 %, c'est le bouche-à-oreille, et ensuite c'est mon site internet, 23 %, et après on a Instagram, etc., les réseaux sociaux qui suivent. Rien d'étonnant. Le bouche-à-oreille, je pense, on sait bien que pour un photographe, vous avez la chance d'être visible à un mariage où il y a des invités qui vont eux aussi se marier, etc. Si on est satisfait d'un mariage, quand des amis se marient, on va en parler. Donc ça, je pense que c'est assez cohérent. Et puis le site et les réseaux sociaux, ça me semble assez cohérent. Je ne sais pas si tu veux commenter, mais moi ça me semble assez cohérent en tout cas.

Sébastien : Non, mais je trouve ça totalement normal. Évidemment, quand on est sur un mariage, il y a 150-200 invités, c'est des potentiels clients, tout simplement. Donc avoir une galerie sur son site : les gens vont venir visiter le site pour voir les photos du mariage, c'est des potentiels clients. Ils ont aimé les photos, ils vont nous recontacter, ou potentiellement ils vont parler de nos services. Pour moi, c'est normal.

Anthony : C'est ça. Et du coup, la dernière question dont on va parler aujourd'hui, c'est : sur quelle plateforme faites-vous de la publicité ? On voit que oui, c'est les réseaux sociaux qui sont leaders, avec 25 % pour Instagram, 32 % pour Facebook. On a les Google Ads quand même un petit peu, donc on a 13 % qui font des publicités sur Google, 12 % qui n'en font pas du tout. Et on voit qu'il y a une petite partie qui sont les annuaires. Je pensais que pour la photo de mariage, ils étaient quand même plus sur les annuaires, mais visiblement non, c'est 5 %, donc comme Mariages.net, etc. Mais voilà, ça pourrait pourtant aussi amener du trafic directement sur le site, et donc faire que le site soit encore plus rentable. Si on a un bon site internet, amener du trafic dessus, c'est toujours intéressant.

Sébastien : Oui, bien sûr. Pour moi, le prix de ces annuaires-là, c'est quand même très très cher. Il suffit de prendre un an d'abonnement à ces plateformes-là et de l'investir dans son site internet, et on économise 5 ans de potentiel client. Après, très bien, si ça marche pour certaines personnes, tant mieux, je ne dis pas que ce n'est pas bien, loin de là. Il en faut pour tous les goûts. Mais voilà, des fois il faut juste voir ses priorités, et il faut juste avoir ces perspectives-là aussi. Je pense qu'avoir cette étude-là, ça aide les gens à avoir des perspectives sur différentes options, sur leurs tarifs, tarifs horaires, ce qui se fait dans le métier, et pouvoir se comparer au final. Les gens sont revenus vers moi et m'ont dit : « C'est super, parce que j'ai pu me comparer avec les autres. » Et en fait, ça donne un point de mesure que beaucoup de photographes n'avaient pas, que ce soit la pub, peu importe. Au moins, tout le monde se compare un petit peu, et je pense que ça ne peut que faire avancer l'industrie, et les photographes : augmenter les prix, augmenter les prestations et faire de belles choses.

01:03:08Conclusion

Anthony : C'est ça, tout à fait. Alors il y a encore de nombreuses questions-réponses, je vous invite à aller voir l'étude, notamment « comment avez-vous investi dans votre marketing et publicité sur cette année », « quel logiciel utilisez-vous ». Il y a encore pas mal de questions-réponses, ça vaut la peine d'aller jeter un œil. Donc je rappelle, je mets le lien dans les notes de l'épisode. Et écoute, voilà Sébastien, un tout grand merci d'avoir été présent avec moi pour détailler un petit peu tous ces chiffres. Ça vaut la peine d'avoir un autre regard que juste visuel, et d'entendre un petit peu ton avis, je pense que c'est enrichissant. Donc merci d'avoir fait cette étude et merci de l'avoir partagée avec nous en tout cas.

Sébastien : Merci Anthony, merci Fotostudio de m'avoir invité pour le podcast et de parler en détail un petit peu de cette étude. Ça me fait toujours plaisir. Voilà, l'entraide, encore une fois, aider les gens, c'est ce qui me plaît, et puis faire avancer un peu l'industrie.

Anthony : Super. Écoute, c'est une très belle façon de voir les choses, donc merci à toi pour tout le temps consacré à ça.

Sébastien : Pas de souci, merci à toi. Merci, à bientôt.

Anthony : Salut, à bientôt.

Voilà, c'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il vous a plu. Pensez à vous abonner, et surtout, n'hésitez pas à donner votre avis sur le groupe Facebook Fotostudio, sur groupe.fotostudio.io. Merci et à la semaine prochaine.

Suivez vos demandes, vos devis et vos mariages au même endroit

Plus de 1 000 photographes francophones utilisent Fotostudio pour gérer leurs prospects, leurs clients et leurs séances.

Essayer gratuitement

Aucune carte bancaire requise • 2 mois d'essai gratuit