Définir son cadre, gérer le droit à l'image et la censure des réseaux, mettre ses clientes à l'aise : Audrey Gueton, photographe boudoir depuis 2014, partage son expérience pour bien démarrer.
En résumé :
La photographie boudoir est un excellent complément d'activité, à condition de la traiter comme une prestation professionnelle à part entière. Selon Audrey Gueton :
• On ne s'improvise pas photographe boudoir : il faut avoir envie de photographier le corps et connaître ses propres limites
• Le cadre se pose avant la séance, lors d'un entretien systématique avec chaque client
• Le droit à l'image et la censure des réseaux limitent ce qu'on peut montrer : le bouche-à-oreille et le site internet font l'essentiel des ventes
• Contrat, devis, facture : plus la séance est cadrée, plus les clients se sentent en confiance
Le boudoir reste une spécialité discrète en France, loin de la place qu'il occupe aux États-Unis. Pourtant, la demande progresse. Dans cet épisode, Anthony Heukmes reçoit Audrey Gueton, photographe à Saint-Étienne, qui pratique le boudoir depuis ses débuts et forme aujourd'hui d'autres photographes.
Elle raconte comment elle a construit cette activité, et donne ses conseils concrets à ceux qui voudraient s'y lancer.
Qui est Audrey Gueton ?
Audrey Gueton est photographe professionnelle depuis 2014, basée à Saint-Étienne (Loire). Elle couvre la photographie dite « sociale » (mariage, grossesse, bébé, famille, portrait) et, depuis ses débuts, une spécialité plus rare : la photographie boudoir, qu'elle préfère appeler portrait intime.
- Une marque dédiée : son activité boudoir a sa propre identité, KorZéaM, pour les femmes et pour les couples.
- Une pionnière en France : quand elle commence à se former en 2013, il n'existe presque aucune ressource en français. Elle va chercher ses références aux États-Unis.
- Une formatrice : elle anime des formations pour photographes et a organisé en 2019 des rencontres entre photographes spécialisés dans le portrait intime.
Qu'est-ce que la photographie boudoir ?
Le boudoir regroupe des approches très différentes : lingerie et glamour, posing, lifestyle, photo sensuelle, avec ou sans nudité. Audrey a commencé par le style glamour en lingerie, puis a évolué vers une approche plus sensuelle, voire érotique, et vers les couples.
Sa définition du portrait intime va au-delà de la nudité :
« Le portrait intime, c'est photographier des gens dans des situations où personne d'autre ne les voit. »
Audrey Gueton
Pour un couple, cela peut être un moment sous le plaid devant une série ou un câlin au petit-déjeuner : le photographe devient témoin de scènes de vie que personne d'autre ne voit.
Le boudoir en France : un marché qui frémit
Audrey est lucide : la France n'a pas le marché du boudoir qu'ont les États-Unis, où il est sur le même plan que le mariage ou la naissance. Deux raisons, selon elle :
- La photo professionnelle a plus de valeur outre-Atlantique, et des femmes de tous âges s'y font photographier à chaque étape de leur vie.
- En France, se faire photographier passe vite pour du narcissisme. Peu de gens affichent déjà des photos d'eux chez eux, alors des photos dénudées…
Mais en six ans, elle constate une évolution : davantage de demandes et de plus en plus de photographes qui proposent des séances sensuelles, pas forcément dénudées.
Un complément d'activité, surtout en hiver
Le boudoir ne suffit généralement pas pour se spécialiser uniquement dedans. Mais c'est un très bon complément : Audrey l'a développé pour varier ses séances et pour remplir sa saison creuse d'hiver, quand les mariages s'arrêtent.
1. Le boudoir est-il fait pour vous ?
Premier conseil d'Audrey : tester avant de se lancer, et se demander honnêtement pourquoi on veut le faire.
« Il ne faut pas le faire parce que ça se fait ou parce que le collègue le fait. Il faut le faire parce que ça nous inspire. »
Audrey Gueton
Photographier le corps, entrer dans la sphère de l'intime : certains photographes s'y sentent à l'aise, d'autres non. Anthony raconte que son épouse, photographe elle aussi, a vécu ce type de séances comme un vrai malaise. Audrey a connu la même chose dans l'autre sens : elle a fait du newborn posing pendant plusieurs années alors qu'elle sentait que cela ne lui convenait pas, avant de passer au lifestyle.
À retenir : faites d'abord quelques séances avec des proches volontaires. Si la séance vous met mal à l'aise, votre client le sentira.
2. Poser un cadre et connaître ses limites
Tout passe par la communication, avant même la séance :
- Un entretien systématique : au moins un rendez-vous téléphonique, voire un café, avec chaque client. Chacun y pose ses limites et on voit « si ça matche ».
- Des limites qui peuvent évoluer : pendant des années, Audrey ne photographiait que des femmes seules. Elle propose aujourd'hui des séances de couple, en restant encore plus vigilante.
- Une communication alignée : ce que vous montrez attire des clients qui vous ressemblent. En montrant du glamour en lingerie, Audrey attirait des clientes qui cherchaient exactement cela.
- Écouter son instinct : dès qu'un signal intérieur s'allume, elle explique qu'elle n'est pas la bonne photographe pour cette séance et oriente vers un confrère ou une consœur.
3. Se former et passer devant l'objectif
Les ressources en français restent rares, mais elles se développent : formations en ligne, ateliers, rencontres entre photographes. Audrey forme elle-même des photographes au portrait intime.
Sur le fond, rien de magique : les bases sont les mêmes que pour n'importe quel portrait (lumière, direction, composition), avec en plus la dimension de l'intime.
Le meilleur exercice : être photographiée soi-même
Son conseil le plus fort pour progresser : passer devant l'objectif d'un confrère. Depuis qu'elle l'a fait, elle dirige beaucoup plus ses séances, parce qu'elle comprend de l'intérieur ce que ressent la personne photographiée.
4. Une ou deux identités de communication ?
C'est l'une des grandes questions des photographes boudoir : faut-il deux sites et deux comptes Instagram ?
Audrey a testé les deux. Elle a choisi de séparer : publier un portrait de bébé, un mariage puis un portrait intime très dénudé sur le même compte ne lui paraissait pas cohérent, d'autant qu'elle photographie beaucoup de familles. D'où sa marque KorZéaM.
D'autres photographes réussissent avec une seule identité, en créant un fil conducteur autour du couple, de la grossesse ou du corps des femmes. Il n'y a pas de vérité absolue, seulement une exigence : que la communication reste cohérente.
5. Droit à l'image : montrer sans trahir la confiance
La règle d'Audrey est stricte : sans accord explicite, elle ne publie pas, même une photo où la personne est méconnaissable.
« Ils m'ont fait confiance pour m'ouvrir les portes de leur cercle. Je ne vais pas divulguer des photos qu'ils n'ont pas envie de voir publiées. »
Audrey Gueton
Résultat : elle n'obtient les droits de publication que pour environ une séance sur dix. Cela ne l'empêche pas de vendre, puisque 80 à 90 % de ses clients boudoir arrivent par le bouche-à-oreille.
Mais elle reconnaît s'être longtemps autocensurée. Elle refait aujourd'hui son site et son référencement, et parle ouvertement de ses séances de couple depuis deux ans, avec un constat simple : « on vend ce qu'on montre ».
À retenir : demandez les droits sur une sélection précise de photos anonymes, et faites de votre site votre vitrine principale.
6. Facebook, Instagram et la censure
Le boudoir se heurte aux règles de modération des réseaux sociaux :
- La nudité est très encadrée : un téton visible suffit à faire retirer une publication.
- Les signalements vont bien au-delà : Audrey a vu une photo de son compte classique signalée pour un simple décolleté, et a déjà été temporairement bloquée sur Facebook.
- La baisse de visibilité (shadowban) peut rendre vos publications invisibles sans prévenir.
- La publicité est le vrai mur : tant qu'on ne sponsorise pas, la modération reste souple. Dès qu'on paie pour diffuser, c'est beaucoup plus strict. Audrey a dû justifier des portraits d'intervenantes aux épaules simplement dénudées.
Conséquence : ne misez pas toute votre communication sur les réseaux sociaux. Multipliez les canaux, utilisez pour la publicité des visuels plus sages, et gardez les images plus audacieuses pour votre site, où vous êtes libre.
7. Mettre ses clientes et ses clients à l'aise
Même quand on a choisi une séance boudoir, se déshabiller devant un objectif n'a rien d'évident. La méthode d'Audrey :
- Préparer en amont : l'entretien permet de parler des complexes de chacun, pour adapter la prise de vue.
- Diriger au début : les premières minutes sont les plus difficiles, elle guide beaucoup, puis laisse vivre la séance.
- L'humour : ses séances sont un moment fun, « entre copines » ou à deux pour les couples. Ce n'est pas de la photothérapie. Cette approche ne convient pas à tout le monde, et c'est justement ce qui la distingue.
- Peu d'accessoires : elle ne fait pas de photos de lingerie. Une culotte noire suffit, puisque c'est la personne qu'elle photographie.
- « Viens comme tu es » : maquillage habituel ou pas de maquillage, et une retouche limitée à ce qui n'est pas permanent (un bouton, oui, pas le corps de la personne).
« L'objectif, c'est que quand elles voient les photos, elles se disent : ah ouais, c'est moi. »
Audrey Gueton
Anthony le souligne : c'est cette expérience vécue, autant que la qualité des photos, qui différencie un photographe. Elle doit transparaître dès le site internet, pour attirer les clients qui s'y retrouvent.
8. Trouver des clients boudoir
Qui sont les clients ?
La clientèle d'Audrey a évolué avec son style. Avec le glamour en lingerie, elle touchait des femmes de tous âges. Depuis qu'elle propose une approche plus sensuelle et des séances de couple, ses clients ont surtout entre 30 et 50 ans : des femmes autour de la quarantaine et des couples ensemble depuis longtemps. Pas une clientèle Instagram.
Votre clientèle actuelle est votre meilleure source
Beaucoup de ses clients boudoir sont d'anciens clients famille, grossesse ou mariage, ou des invités rencontrés à un mariage. Longtemps, elle n'en parlait pas, persuadée que les deux activités ne devaient pas se mélanger. Aujourd'hui, elle présente le boudoir comme une séance comme une autre, et montre son travail : passée la première réaction amusée, la qualité des images change le regard des gens.
Anthony propose une piste concrète, notamment en période creuse : une fois quelques séances réalisées, envoyer une newsletter à ses anciens clients pour leur présenter cette nouvelle offre.
9. Tirages et albums : ce que commandent les clients
Sans studio, Audrey ne fait pas de séance de visionnage et ne se dit pas très douée pour la vente. Pourtant, avec les tirages proposés via sa galerie en ligne, ses clients boudoir commandent presque tous au moins un agrandissement ou un album :
- les couples prennent plutôt un album ;
- les femmes seules choisissent plutôt des tirages ;
- certains mariés offrent un album boudoir à leur futur conjoint pendant les préparatifs du mariage ;
- des couples accrochent dans leur chambre un grand tirage anonyme : une photo intime que personne ne reconnaît.
Les motivations reviennent souvent : futurs parents qui veulent un souvenir de leur couple avant l'arrivée de l'enfant, ou parents de longue date qui veulent se rappeler qu'ils sont un couple avant d'être des parents. Et derrière le prétexte du cadeau au conjoint, il y a très souvent l'envie de se faire plaisir à soi.
Une prestation professionnelle comme une autre
Audrey milite pour une idée : le boudoir doit être aussi cadré que n'importe quelle prestation photo. Elle veut en finir avec le cliché du photographe amateur louche, et cela passe par des outils professionnels : devis, contrat avec droits à l'image, facture, paiement en ligne.
Elle le constate auprès de ses clients : recevoir un devis, signer un contrat et payer en ligne via Fotostudio rassure, et fait la différence avec des expériences passées moins carrées.
« Ça fait carré, ça fait cadré. »
Audrey Gueton
Les erreurs à éviter quand on se lance dans le boudoir
D'après l'expérience d'Audrey Gueton :
✗ Se lancer parce que c'est à la mode, sans être à l'aise avec le corps et l'intime.
✗ Faire une séance sans échange préalable pour poser les limites de chacun.
✗ Ignorer son instinct quand une demande ne vous correspond pas.
✗ Publier sans accord, même des photos anonymes.
✗ Tout miser sur Facebook et Instagram, et surtout sur la publicité payante.
✗ S'autocensurer au point de ne jamais parler de son offre.
✗ Négliger le cadre administratif : contrat, droits à l'image, devis et facture.
FAQ : la photographie boudoir
Qu'est-ce qu'une séance photo boudoir ?
C'est une séance de portrait intime, sensuelle, avec ou sans nudité, pour une femme, un homme ou un couple. Selon les photographes, elle peut aller du glamour en lingerie au lifestyle, en passant par des images plus sensuelles. Audrey Gueton la définit comme le fait de photographier des moments que personne d'autre ne voit.
Comment devenir photographe boudoir ?
Commencez par vérifier que ce type de séance vous inspire, en photographiant des proches volontaires. Formez-vous (formations en ligne, ateliers, échanges avec des confrères), définissez votre style et vos limites, puis passez vous-même devant l'objectif pour comprendre ce que ressentent vos clients.
Peut-on publier les photos d'une séance boudoir ?
Uniquement avec l'accord écrit du client, idéalement prévu dans le contrat. Audrey Gueton ne publie jamais sans accord, même des photos anonymes, et n'obtient les droits que pour environ une séance sur dix. Le bouche-à-oreille fait l'essentiel de ses ventes.
Peut-on faire de la publicité pour le boudoir sur Facebook et Instagram ?
C'est difficile : la nudité est très encadrée, les signalements sont fréquents et la modération des publicités est stricte, même pour des épaules dénudées. Mieux vaut utiliser des visuels sages pour la publicité, diversifier ses canaux et faire de son site internet sa vraie vitrine.
Faut-il un site ou un compte Instagram séparé pour le boudoir ?
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est souvent plus cohérent si vous photographiez aussi des familles et des bébés. Audrey Gueton a choisi une identité séparée pour son activité boudoir. D'autres photographes réussissent avec une seule identité, tant que leur communication reste cohérente.
Que porter pour une séance boudoir ?
Cela dépend du style du photographe. Audrey Gueton ne fait pas de photos de lingerie : une culotte noire suffit, et chaque cliente vient avec son maquillage habituel. Ce qui compte, c'est la personne, pas la tenue.
Qui fait des séances photo boudoir ?
Chez Audrey Gueton, surtout des femmes et des couples de 30 à 50 ans : futurs parents qui veulent un souvenir de leur couple, parents de longue date, femmes qui veulent se sentir belles, futurs mariés qui offrent un album à leur conjoint.
Découvrir le travail d'Audrey Gueton
Ses séances famille, mariage et portrait intime à Saint-Étienne, ainsi que ses formations pour photographes, sont à découvrir sur son site : audreygueton.com.
Transcription intégrale de l'épisode
Vous préférez lire ? Voici la transcription complète de l'échange entre Anthony Heukmes et Audrey Gueton, découpée en chapitres.
Cet épisode a été enregistré fin 2020, pendant la crise sanitaire. Les conseils partagés restent d'actualité ; certaines références (événements, formations) concernent cette période. Transcription « verbatim nettoyée » : les tics de langage et répétitions ont été allégés pour la lecture, sans modifier le propos.
Lire la transcription complète (environ 7 500 mots)
Chapitres :
- Présentation et parcours d'Audrey
- Le boudoir est-il fait pour tout le monde ?
- Poser un cadre et ses limites
- Le boudoir pour se diversifier
- Pourquoi le boudoir est plus développé aux États-Unis
- Une communauté francophone qui se crée
- Conseils pour se lancer et se former
- Une ou deux identités de communication
- Droit à l'image et bouche-à-oreille
- Facebook, Instagram et la censure
- La clientèle type
- Mettre ses clients à l'aise
- Trouver des clients boudoir dans sa clientèle
- Tirages, albums et agrandissements
- La séance de visionnage sans studio
- Cadrer ses séances : contrat, devis, facture
- Conclusion
Présentation et parcours d'Audrey
Anthony : Salut à tous et bienvenue sur le podcast Fotostudio. Chaque mardi, j'interviewe un photographe ou un expert d'un secteur spécifique pour vous permettre d'évoluer et de progresser dans votre métier. Je suis Anthony Heukmes, fondateur de Fotostudio.io, une plateforme utilisée au quotidien par plus de 1000 photographes francophones. Fotostudio leur permet de gagner un temps considérable sur leur travail administratif en simplifiant la gestion de leurs clients et de leurs shootings. Si tu apprécies le podcast, pense à le partager et à t'abonner sur ta plateforme préférée.
Je reçois aujourd'hui Audrey Gueton, une photographe qui s'est spécialisée en photographie boudoir. Elle partage son parcours et ses expériences avec nous et nous donne des conseils pour bien débuter.
Salut Audrey !
Audrey : Salut Anthony !
Anthony : Merci d'être avec moi pour cet épisode.
Audrey : Merci d'avoir pensé à moi.
Anthony : Avec grand plaisir. Pour tous ceux qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux commencer par te présenter ?
Audrey : Oui. Moi, je suis Audrey Gueton. Je suis photographe depuis 2014, je suis basée à Saint-Étienne en France. Je fais ce qu'on appelle la photographie sociale : mariage, grossesse, bébé, tout ça. Et puis j'ai une petite spécialité depuis mes débuts, qui est la photographie boudoir.
Anthony : Super. Et comment est-ce que tu es arrivée à la photographie boudoir justement ? Parce que si je ne me trompe pas, ça devient progressivement un petit peu plus connu et plus à la mode, mais ce n'est pas non plus aussi répandu que le mariage ou le nouveau-né par exemple. Comment est-ce que tu es arrivée à faire ces photos boudoir ?
Audrey : J'ai fait de la photo boudoir dès le démarrage, dès le début, un peu par hasard peut-être, je ne sais pas. J'ai commencé avec des copines (je fais un coucou à Elisabeth, si elle écoute ce podcast, qui a été mon premier cobaye). Parce que j'aime faire des portraits, et c'était un peu le challenge aussi de faire autre chose que du portrait classique habillé dehors. C'est toujours quelque chose qui m'a plu. Donc je me suis lancé le challenge de partir là-dessus, et puis ça m'a plu.
Le boudoir est-il fait pour tout le monde ?
Anthony : Et ça, c'est quelque chose que tu sens directement ? Par exemple, mon épouse est photographe aussi. Elle a eu plusieurs fois des demandes d'amis qui voulaient faire des photos un peu dénudées. Et je sais qu'elle a détesté. Elle n'a pas pris beaucoup de plaisir, elle était plus mal à l'aise qu'autre chose, je pense, lors de ces sessions-là. C'est quelque chose que tu sens ? Toi, tu sens que tu prends du plaisir ?
Audrey : Ouais, je pense. Je suis plutôt à l'aise avec le corps, photographier le corps. Mais je comprends ce qu'a ressenti ta femme, parce que par rapport à d'autres spécialités, il y a des choses qu'on sent. Moi, par exemple, rien à voir, mais j'ai commencé la photo vraiment pro avec le newborn posing, parce qu'il y avait de la demande là-dessus et parce que je venais d'être maman aussi. Porte d'entrée comme une autre. Et pendant deux, trois ans, même plus, j'en ai fait, alors que je sentais que ça ne me convenait pas.
Je pense qu'il y a des choses comme ça qu'on ne s'explique pas. J'ai arrêté pour faire ce qu'on appelle du lifestyle : des photos à domicile, pas du tout posées, etc. Et je pense qu'avec le boudoir, c'est un peu pareil : il y en a qui ne le sentent pas. Et je comprends : il y a le côté nudité, on rentre dans le cercle de l'intime. Les gens partagent avec nous quelque chose qui n'est pas forcément évident à appréhender. Donc je comprends le côté malaise aussi. Il faut que ça corresponde à ce qu'il y a en nous.
Poser un cadre et ses limites
Anthony : C'est ça. Et comment savoir jusqu'où tu veux aller et éviter finalement les débordements ? Moi, je sais ce qui avait mis mon épouse mal à l'aise à l'époque. Si je me souviens bien, c'est une fille qui était en mode : « Oui, je vais faire des photos super hot pour mon mari qui est militaire et qui est en mission pendant trois mois. » Et qui voulait limite aller un peu trop loin. Je crois que c'est surtout ça qui a mis mon épouse mal à l'aise. Ça dépend de chaque photographe, jusqu'où il veut aller, je suppose. Mais comment tu fais pour définir un petit peu un cadre pour cette séance ?
Audrey : Là, ça va faire six ans que je fais ça, et ça n'a pas toujours été les mêmes limites. Je pense que j'y suis allée crescendo. C'est toujours une question de communication, d'être claire sur ce qu'on veut faire, sur ses propres limites. On a chacun des limites par rapport à la pudeur, par rapport à son vécu, des choses comme ça. Moi, par exemple, pendant des années, je n'ai fait que les femmes seules. Au début, ma limite, elle était clairement là. Je ne me sentais pas de faire du couple, je ne me sentais pas de faire les hommes non plus.
Du coup, j'orientais ma communication là-dessus, par rapport à ce que je montrais aussi. Au début, je faisais beaucoup de la photo boudoir type glamour, lingerie. On en reparlera peut-être après, parce qu'il y a plusieurs sortes de photographie boudoir. Et du coup, j'avais des clientes qui collaient à ce que je proposais.
Et après, c'est une question de communication aussi, clairement, dès le départ. J'ai toujours un entretien au moins téléphonique avec mes clientes. Dès l'entrée, j'établissais mes limites, les leurs, et on voit si ça matche ou si ça ne matche pas, tout simplement. Mais il ne faut jamais se forcer. Moi, j'ai toujours écouté mon instinct dès que je sentais que ça ne matchait pas ou qu'il y avait quelque chose. Je suis encore plus vigilante maintenant que je fais les couples, parce que j'ai cette même problématique avec les couples. Dès que j'ai un petit instinct intérieur qui sonne, je dis que je ne suis pas forcément la photographe qu'il faut pour sa session, et j'oriente vers un collègue ou une collègue qui me paraît plus correspondre à ce que cherche la cliente.
Le boudoir pour se diversifier
Anthony : C'est ça. On est dans une période un peu particulière, bien sûr, avec ce Covid. Dans le dernier épisode du podcast, j'ai parlé avec Bertrand de chez Jingoo de la photographie scolaire, qui est un moyen pour les photographes de diversifier un petit peu leurs activités et donc leurs sources de revenus. Au niveau du boudoir, est-ce que la demande aujourd'hui est quand même importante ? Est-ce que ça peut être, selon toi, un moyen pour un photographe de diversifier son activité et de se dire : « Je vais faire du boudoir en plus de ce que je fais maintenant, pour aller chercher des nouveaux clients et avoir des revenus supplémentaires » ?
Audrey : On ne va pas non plus se mentir : il n'y a pas un marché du boudoir comme il peut y en avoir un outre-Atlantique, où la photographie boudoir est sur le même pied d'égalité que la photo newborn, grossesse, mariage. Mais le monde de la photo, c'est autre chose de l'autre côté de l'océan. En France, déjà, c'est assez compliqué, la photo, pour le côté narcissique. Il y a très peu de gens qui mettent des photos d'eux, déjà classiques, sur leur mur ou des choses comme ça. Alors dire qu'on va faire des photos de soi dénudées, en plus, là, en France, il y a encore du travail.
On fait tout pour que les mentalités avancent là-dessus. Moi, en tout cas, en six ans, je vois une différence. Après, est-ce que ça vient du fait que je suis mieux référencée, que j'ai plus de demandes maintenant avec le temps, l'expérience ? Je n'en sais rien. Mais j'ai l'impression, même avec les collègues qui s'y mettent, qu'il y a de plus en plus de sessions intimate, des sessions plus sensuelles, pas forcément dénudées totalement. Je pense qu'il y a un petit frémissement, et ça, c'est cool.
Et pour en revenir à ta question sur se diversifier, j'ai commencé aussi le boudoir pour ça, parce que je suis quelqu'un qui s'ennuie assez vite, et je ne me voyais pas me spécialiser soit dans le mariage, soit dans le newborn, soit dans machin. J'avais besoin de plusieurs styles de séances. Et puis, de toute manière, il n'y avait pas assez de demandes en boudoir pour me spécialiser là-dedans. Ça permet de faire un peu plus de chiffre, c'est un bon complément aussi pour les prestas qu'on peut proposer. Surtout en hiver : moi, le boudoir, c'était surtout pour ma saison creuse d'hiver aussi. Ça peut être une belle option.
Pourquoi le boudoir est plus développé aux États-Unis
Anthony : Tu disais qu'aux États-Unis, c'était beaucoup plus développé que chez nous. C'est dû à quoi, aux mentalités ? Les gens sont plus ouverts là-bas à ça, simplement, ou il y a une autre raison selon toi ?
Audrey : Déjà, la place de la photo : les gens mettent plus de valeur dans la photographie professionnelle. Et puis je pense que c'est paradoxal, parce qu'ils ont quand même un côté hyper pudique là-bas, quand on voit les censures Facebook, par exemple. Mais il y a quand même une vraie demande. Et puis il y a tout type de personnes qui peuvent le faire, il n'y a pas d'âge. Je vois des femmes à toutes les étapes de leur vie qui font une photo, un peu genre un rappel de où elles en sont dans leur corps, etc. À chaque âge de leur vie, à chaque étape de leur vie, après la grossesse, avant. Il y a ce rapport-là à s'aimer soi-même qui est beaucoup plus développé.
Je pense qu'en France, on a ce côté un petit peu « ce n'est pas bien, c'est narcissique ». Moi, je le ressens comme ça. Je ne sais pas si c'est le cas, je n'ai pas fait d'études là-dessus. Mais je le ressens comme ça parce que je suis sur quelques groupes Facebook américains, et ce n'est pas du tout la même chose qu'en France.
Une communauté francophone qui se crée
Anthony : C'est ça. Et est-ce qu'il y a une communauté francophone de photographes boudoir qui se crée un petit peu, que ce soit via des groupes Facebook ou autre ? Ou est-ce que c'est vraiment les balbutiements à ce niveau-là aussi ?
Audrey : Ah, ça commence, ça commence. On commence à se connaître. En 2019, j'ai fait les rencontres KorZéaM autour de la photographie du portrait intime et de la photographie boudoir. On a commencé à connaître quelques collègues, à se découvrir. On a créé une communauté KorZéaM qui va peut-être évoluer vers autre chose, et ça serait cool. Je l'espère, parce que je pars un petit peu du principe que plus on sera nombreux, photographes pros, à en proposer, de qualité, dans un cadre pro, etc., plus il y aura de clients qui seront en confiance aussi.
Parce qu'il y a cette image-là de la photographie boudoir, du photographe amateur à la Dikkenek, je ne sais pas si tu vois : « Natacha, t'es tendue », tout ça. Il y a cette image qui colle un peu à la peau du photographe boudoir. Moi, personnellement, je fais tout pour que ça parte, et que, comme pour tout type de séance, les gens puissent appeler un pro en disant « je veux cette séance », qu'il y ait un contrat, qu'il y ait un devis, qu'il y ait un prix. Que ce soit une prestation comme n'importe quelle prestation photo. Et ça commence : il y a des groupes Facebook, mais c'est au tout début, donc il faut que ça continue. Mais j'y crois.
Conseils pour se lancer et se former
Anthony : Parfait. Qu'est-ce que tu dirais à un photographe qui nous écoute, qui est intéressé et qui a envie de se lancer, peut-être progressivement, dans le boudoir ? C'est quoi les premiers conseils que tu donnerais pour se lancer ?
Audrey : Ça va paraître un peu bête à dire, mais peut-être de se former, déjà, et de tester si ça plaît aussi. Comme a fait ta femme, voir s'il y a quelque chose qui nous inspire. Il ne faut pas le faire parce que ça se fait, ou parce que le collègue le fait, ou parce que machin. Il faut le faire parce que ça nous inspire, ça nous parle, ça nous donne envie d'être créatifs. Se poser la question de pourquoi je veux le faire, dans quel style. Parce que la photographie boudoir, ça peut regrouper de la lingerie, du posing, ça peut être du lifestyle, ça peut être du nu, pas du nu.
Pour moi, le portrait intime, ce n'est pas forcément du nu. C'est bizarre de dire ça comme ça, mais le portrait intime, c'est photographier des gens dans des situations où personne d'autre ne les voit. Un couple, pour moi, ça peut être les shooter en mode plaid canapé devant Netflix, ou en train de se câliner le matin au petit-déj. C'est, en gros, être le témoin de scènes de vie, ou même, pour une femme seule, être le témoin de ces moments intimes, dans un cadre où personne d'autre n'est témoin de ces scènes-là. Alors après, oui, ça implique souvent le cercle intime, la nudité ou des choses comme ça.
Donc : qu'est-ce qui inspire le collègue à vouloir faire du boudoir ? Et puis essayer, se former, pas mal se connaître soi-même aussi, connaître ses propres limites. Mais je pense que ça vient dans la définition de pourquoi je veux faire du boudoir, qu'est-ce qui m'attire : est-ce que c'est l'esthétique, est-ce que c'est le relationnel ? Il y a plein de raisons qui peuvent amener au boudoir. Peut-être en parler avec des collègues qui en font aussi.
Anthony : Et justement, tu dis se former, mais on est d'accord qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de ressources en ligne ou de workshops sur ce sujet-là pour se former ?
Audrey : Ça commence, là.
Anthony : Ça commence tout doucement ?
Audrey : Oui, j'ai vu qu'il y avait pas mal de trucs en ligne. Je ne sais pas si je peux en parler, mais il y a KorZéaM, qui n'était pas vraiment une formation, c'était plus une rencontre entre collègues avec des ateliers un peu pratiques, pour s'enrichir mutuellement du partage d'expérience de tous ceux qui font du boudoir. Et là, il y a L'Atelier de Charles, je ne sais pas si tu connais, qui est un centre de formation français. Je suis formatrice pour eux, donc il y a des formations. J'ai vu qu'il y avait des formations en ligne aussi. Donc ça commence.
Moi, j'ai commencé à me former en 2013 : il n'y avait rien, il y avait vraiment que dalle. Je suis allée chercher des ressources aux États-Unis. Donc là, je trouve que le sujet commence quand même à être abordé, et ça, c'est cool.
Anthony : Je mettrai des liens vers ton site et vers L'Atelier de Charles, c'est ça ?
Audrey : Oui.
Anthony : Dans les notes de l'épisode sur le site Fotostudio. Donc, formation : ça veut dire qu'il y a moyen de le faire tout doucement. Et puis, comme pour n'importe quel type de photo, trouver son style, trouver ce qu'on aime. Donc faire des photos d'abord avec des personnes qu'on connaît, qui ont envie d'essayer, ou essayer de trouver des premiers clients, des premières collaborations, peut-être pour tester.
Audrey : Oui, je dirais ça. Et puis la difficulté avec la photographie boudoir, c'est la communication, parce qu'il y a les histoires de droit à l'image, les histoires de censure. Il y a une difficulté supplémentaire par rapport aux autres spécialités photographiques, on va dire, même si ces problématiques-là existent quand même aussi. Par exemple, le problème du droit à l'image se pose pour tout le monde. Mais là, vu qu'on est dans le cercle de l'intime, c'est quand même un peu plus compliqué d'obtenir les droits.
Après, c'est ce que je dis toujours : c'est exactement la même logique que n'importe quel style de séance. Il faut se poser les mêmes questions, il faut regarder la lumière pareil. Ce sont juste les mêmes conseils qu'on peut donner dans d'autres workshops portrait, mais avec cette dimension d'entrer dans la sphère de l'intime.
Une ou deux identités de communication
Anthony : Et justement, en termes de communication, est-ce que ça se fait de dire : je suis photographe, j'ai une page Facebook, Instagram ou autre, j'ai publié du mariage et du newborn pendant un an, et tout à coup, je commence à publier du boudoir ? Ou est-ce que tu penses qu'il faut à ce moment-là créer une identité à part pour son activité boudoir ? Ou bien tu peux tout mélanger ?
Audrey : Ça dépend s'il y a une cohérence. C'est d'ailleurs la grande question qu'on aborde souvent aux rencontres : est-ce qu'il faut deux identités, deux comptes, deux sites ? Moi, j'ai fait les deux : j'ai eu un seul site, j'ai eu deux sites. Ce sont des questions personnelles. Moi, je suis plus à l'aise de communiquer sur deux sites différents, ou deux comptes Insta différents, parce que c'est compliqué de publier un portrait de bébé, une session mariage et un portrait intime avec un gros décolleté ou vraiment de la nudité. Vu que je fais pas mal de famille, des choses comme ça, je trouvais que ce n'était pas cohérent, donc j'ai séparé.
Après, j'ai des collègues qui arrivent à trouver un lien entre le couple, la grossesse, le corps des femmes. Il n'y a pas de vérité absolue : tant que la communication est cohérente et que ça marche, tant mieux. Mais moi, je préfère deux. Ça a mieux marché avec deux, donc c'est juste mon expérience à moi.
Droit à l'image et bouche-à-oreille
Anthony : C'est ça. Et tu disais, en termes de droit à l'image, que c'est d'office plus compliqué d'avoir le consentement du client pour publier les photos, même si le visage est souvent caché, etc. C'est vraiment difficile d'avoir l'autorisation ?
Audrey : Alors moi, je me tire peut-être une balle dans le pied, mais je pars du principe que, vu que les gens me font confiance pour le portrait intime, même si j'ai des photos anonymes, à partir du moment où ils me disent qu'ils ne sont pas d'accord, je ne les publie pas, même si c'est de l'anonyme. Après, si vraiment il y a une photo qui me plaît, je vais peut-être leur dire : « Celle-ci, on ne voit pas, est-ce que tu es OK ? » Je vais peut-être insister un peu plus. Mais par principe, ils m'ont fait confiance pour m'ouvrir les portes de leur cercle, donc je ne vais pas divulguer des photos qu'ils n'ont pas envie de voir publiées, même si elles sont anonymes.
C'est vraiment un truc sur lequel j'essaie de réfléchir et de trouver des solutions pour la publication, parce que clairement, j'ai les droits de publication d'une séance sur dix. Après, pour relativiser ça, c'est une spécialité qui fonctionne principalement, à 90 %, 80 %, par le bouche-à-oreille pour moi. Donc ça ne m'empêche pas de vendre des séances, de ne pas avoir beaucoup de choses à montrer.
Anthony : C'est marrant, parce que j'aurais justement dit qu'avec les mentalités actuelles, ces photos-là, c'est plutôt pour soi : des photos qu'on regarde dans le couple ou à la maison, qu'on ne va pas trop exposer sur les réseaux sociaux, etc. Donc finalement, le bouche-à-oreille, ça veut dire que tu entends une personne que tu connais qui a envie de faire une séance boudoir aussi, et tu lui parles du photographe avec qui tu as travaillé. Mais ce n'est pas un bouche-à-oreille qui peut se faire aussi simplement qu'avec du mariage ou du newborn. Là, tu publies sur Facebook, les gens publient sur Facebook aussi, c'est signé, donc d'office, ça fait la pub du photographe automatiquement. C'est clair qu'entre un photographe qui se lance aujourd'hui en boudoir et un en newborn, le newborn, logiquement, pourra plus vite se faire connaître grâce à cet effet de partage des photos, etc. Je ne sais pas.
Audrey : Alors là, je vais mettre un petit bémol, parce que ça dépend de la clientèle. Clairement, j'ai des collègues qui marchent très bien par Instagram. Instagram, c'est quand même un support de communication un peu tourné vers le soi, le narcissique et tout ça. Et du coup, elles ont des clients qui sont au contraire demandeurs de se montrer, et c'est cool aussi. Donc non, je pense qu'il peut vraiment y avoir une communication numérique.
Moi, mon site, depuis que je l'ai refait, je suis en train de retravailler tout le référencement, donc c'est tout en travaux. Mais justement, je me suis rendu compte que je m'autocensurais bêtement, en me disant que de toute manière, mes clients viennent par le bouche-à-oreille, donc que je n'ai pas spécialement besoin de bosser ma com'. Et comme depuis six ans, je me remets en question, je me rends compte que non : clairement, je peux communiquer dessus. Depuis deux ans, je le fais ouvertement pour le couple. Même quand je suis sur une presta mariage, j'explique que je fais ça, et j'ai eu des clients comme ça, parmi des invités ou des choses comme ça. On vend ce qu'on montre.
Donc je pense que le bouche-à-oreille pour démarrer, c'est clair que c'est le plus facile. C'est ce qui a le mieux marché pour moi pour le portrait intime. Mais clairement, avec un bon site internet, montrer les choses, ça permet de vendre aussi. Donc il y a quand même un enjeu commercial dans les droits à l'image : avoir une vitrine. C'est important.
Et ce n'est pas facile avec les réseaux sociaux, contrairement aux newborns ou à la famille. Déjà, tu as la difficulté du droit à l'image (pour les enfants, ça commence à être difficile d'avoir les droits aussi). Mais là, tu as en plus la censure d'Instagram ou de Facebook, qui peuvent te pénaliser, soit te bloquer, soit… Moi, j'ai déjà été bannie, mise en prison Facebook, pour un décolleté : il n'y avait même pas de téton. Donc il y a tout ça à gérer. Non seulement il faut que tu aies les droits, mais en plus, quand tu publies, il faut réfléchir à la charte Facebook, à la charte Insta. Je ne sais plus comment on appelle ça, le shadowban, où Insta fait en sorte que plus personne ne voie tes publications.
Donc en gros, il ne faut clairement pas miser ta com' uniquement là-dessus. Contrairement à d'autres spécialités où, à la rigueur, tu peux carrément miser sur un seul canal de com'. Mais là, non, il faut avoir plusieurs réseaux de communication.
Facebook, Instagram et la censure
Anthony : Et justement, tu peux rappeler les règles principales de Facebook et d'Instagram, par exemple, au niveau de la nudité ? Tu disais qu'il y a deux problèmes. Il y a effectivement le téton, il faut le cacher, ça, c'est vraiment interdit. Mais le reste, c'est quoi ? C'est la dénonciation ? C'est une personne qui va dénoncer une photo parce qu'elle la trouve trop osée ?
Audrey : Il y a ça. Alors, la dénonciation, c'est un autre problème. Mais oui, il y a des gens qui passent leur vie à dénoncer des photos parce qu'on voit trop de peau. Parce que clairement, ce n'est pas forcément un téton. Sur mon compte classique, pas du tout le boudoir, j'ai une photo qui a été signalée parce qu'il y avait trop de décolleté. Donc on est vraiment, des fois, sur des degrés qui, personnellement, me font un peu flipper. Mais ils ont des algorithmes. Je ne sais pas comment ils arrivent à décrypter ça, mais à partir du moment où il y a un peu trop de peau, tout de suite, tu es dans la ligne de mire.
Alors, tant que tu ne cherches pas à sponsoriser, ça va à peu près, on ne t'embête pas trop. Si tu ne sponsorises pas, il n'y a que tes abonnés qui voient ce que tu publies, enfin une très petite partie de tes abonnés, donc tu n'as pas trop de problèmes. C'est à partir du moment où tu veux faire du sponsoring. Et vu que maintenant, sur Facebook, pour être vu (et sur Insta, ça va bientôt être pareil, je pense), il faut payer, il faut faire de la pub. Là, dès que tu passes en modération, c'est niet. Mais c'est niet, niet.
Pour te donner un exemple, pour KorZéaM qui a lieu la semaine prochaine, j'avais fait des portraits des intervenants. Et il y a deux intervenants, moi et Margot, Margot Pastor, on avait les épaules un peu dénudées. J'ai dû justifier que c'était juste des portraits. Ça en devient un petit peu pathétique. Mais il y a cette difficulté-là en plus pour les réseaux sociaux. Après, sur son site, on est plus libre, donc c'est plus cool.
Anthony : C'est ça. Donc ne pas trop compter sur la pub payante pour faire la promo de ces photos boudoir. Ça risque de ne pas fonctionner des masses.
Audrey : Non. Après, ça dépend du type de boudoir qu'on fait. Pour communiquer, on peut aussi avoir des photos très gentillettes, on va dire, où c'est juste l'épaule un peu dénudée. Là, ça peut passer. Mais oui, il faut clairement réfléchir à ça.
La clientèle type
Anthony : OK. On dit souvent en marketing, quand on commence une activité, qu'on va définir son avatar. C'est-à-dire : mon client type, à quoi est-ce qu'il ressemble ? Est-ce que c'est un homme, est-ce que c'est une femme ? Quel âge a-t-il, a-t-elle ? C'est quoi son métier ? Qu'est-ce qu'elle aime, qu'est-ce qu'elle n'aime pas ? Toi, avec le temps, tu te rends peut-être compte qu'il y a un avatar qui définit tes clients. Est-ce que tu remarques que la majorité de tes clients, ça reste des femmes qui ont entre 30 et 40 ans, par exemple ? Ou est-ce que c'est vraiment varié, tu vas aussi avoir des hommes qui vont s'y intéresser, des femmes de tout âge ? Ou est-ce que tu as quand même remarqué une tendance à ce niveau-là ?
Audrey : Je pense que ça dépend, comme tu dis, de la façon de définir sa façon de travailler. Moi, ça a évolué en six ans. Au début, vu que je faisais de la photo lingerie plus que de la photo sensuelle, j'avais un avatar (je ne connaissais pas ce terme) plus large : je touchais tout type de femme, tout âge. Maintenant, j'ai évolué vers le couple, vers le plus sensuel, on peut même dire érotique. Là, j'ai plutôt des clients qui sont plus vieux, 30 ans et plus, je dirais. Et clairement, c'est des couples qui sont ensemble depuis longtemps.
Et pareil pour les femmes. Je ne sais pas, j'ai presque 40 ans, donc je touche plus des femmes qui sont quadras. J'ai vraiment une clientèle type qui est, on va dire, entre 30 et 50 ans : monsieur, madame, tout le monde. Mais ma clientèle à moi, je parle vraiment pour moi, je ne touche pas du tout les jeunes. C'est pour ça qu'Instagram, ce n'est pas ce qui marche pour moi, et que je dis que ça dépend vraiment de la clientèle. Moi, je n'ai pas une clientèle Instagram. Je dirais plutôt quadra, même : entre 35 et 40 ans, 45 et 50.
Mettre ses clients à l'aise
Anthony : Et tes clients ont beau vouloir faire des photos boudoir, plus dénudées pour certains que pour d'autres, est-ce que quand ils arrivent face à la caméra, c'est facile pour autant pour eux de se dénuder ? Ou est-ce que tu as quand même souvent des personnes que tu dois mettre à l'aise pour que ça se passe bien ? Ou d'office, vu qu'ils ont fait appel à toi pour ce type de séance-là, ils se déshabillent rapidement et il n'y a pas trop de problèmes à ce niveau-là ?
Audrey : Alors moi, j'ai deux cas différents. J'ai les clients que j'ai déjà shootés, parce que j'ai souvent des clients famille, mariage ou grossesse qui reviennent pour du boudoir. Ils me connaissent déjà, ils savent comment je travaille, donc là, ils sont assez à l'aise. Ils savent que j'ai un humour un peu potache, ils ont l'habitude, donc ça va.
Et puis j'ai une deuxième partie de clientèle qui n'est jamais passée devant un objectif, qui ne me connaît pas, et là, on discute. Mais vu que j'ai toujours un rendez-vous téléphonique, voire autour d'un café, avant pour préparer la séance, le feeling est en général déjà passé. Mais sur le boudoir, je suis quand même assez directive au démarrage de séance, parce que ce n'est vraiment pas facile. On n'est souvent vraiment pas à l'aise en début de séance. Donc je dirige pas mal au début, et puis après, selon comment se sent la personne, je laisse plus ou moins les gens vivre la séance.
Mais la meilleure expérience pour l'apprentissage, si c'est un conseil, tiens, c'est de passer devant l'objectif. Je conseille à tous les photographes qui font du boudoir de demander à un collègue de les prendre en photo. Non, mais clairement, je dirige beaucoup plus depuis que je suis passée devant l'objectif. Tu comprends ce que la personne ressent. C'est un très bon exercice de passer devant l'objectif.
Mais après, c'est une question de personnalité. Moi, je sais que je ne fais pas de la photothérapie. C'est vraiment un bon moment entre copines, ou entre personnes, pour s'amuser. Il se crée un souvenir ; pour les couples, il se crée un souvenir entre eux. C'est un bon moment, on rigole beaucoup sur les séances. C'est ma façon à moi d'aborder les choses. Je sais qu'il y en a qui n'abordent pas du tout la photographie boudoir sous cet angle-là. Moi, je mets souvent les gens à l'aise par l'humour. Il y en a avec qui ça passe : mes clients le savent, donc ça passe. Mais je sais qu'à certains clients, ça ne correspond pas, parce qu'ils ne sont pas sur cette longueur d'onde-là.
Anthony : Bien sûr. Ce qui fait que chaque photographe se différencie, et que ce n'est pas seulement par rapport à la qualité de ses photos, mais par rapport à l'expérience vécue en photo. Je pense que c'est important que chacun ait ses valeurs, ses caractéristiques, et essaie de les refléter aussi sur son site, etc. Pour que déjà, un client qui arrive sur ton site puisse repérer ce côté fun chez toi et se dise dès le départ : « C'est génial, ça me correspond. » Ou bien, justement, pas du tout : « Moi, je suis quelqu'un de super sérieux et je n'ai pas envie de fun lors de ma séance. » Je crois qu'il en faut pour tous les goûts de toute façon, et c'est important de pouvoir se différencier.
Audrey : Ma façon de présenter les choses, par exemple pour les femmes, c'est de dire que l'objectif, c'est qu'elles se sentent belles, qu'elles se sentent badass, qu'elles se sentent sexy. Je ne leur vends pas autre chose que : « Sur cette séance-là, tu vas te kiffer, et puis ça va être cool. » Je leur dis : « On va prendre un café ou un thé entre copines, on va discuter de tes complexes. » Et par rapport à ce qu'elles vont me dire, je vais avoir une prise de vue qui va les sublimer et les rendre encore plus belles que ce qu'elles sont déjà. L'objectif, c'est que quand elles voient les photos, elles se disent : « Ah ouais, c'est moi ! » Et je leur dis : « Ben oui, c'est toi, carrément. »
Je leur dis directement à l'entretien au téléphone, parce que souvent, la question, c'est : « Qu'est-ce que j'emmène comme lingerie ? » D'entrée, je leur explique que je ne fais pas de photos de lingerie, donc clairement, elles peuvent venir juste avec une culotte noire, ça me suffit. C'est elles que je shoote, ce n'est pas leur lingerie. Si elles ont une lingerie qui les fait kiffer et dans laquelle elles sont bien, qu'elles l'amènent, mais je leur explique que je m'en fous un peu, de la lingerie. Ce que je veux, c'est elles : leur regard, leur peau, ce qu'elles vont dégager, elles.
Pareil pour le maquillage, pour la coiffure. Je leur dis (ce n'est pas moi qui ai inventé le slogan) : « Viens comme tu es. » Si tu as l'habitude de te maquiller, tu te maquilles, tu fais un maquillage de jour comme tu te le ferais toi. Si tu n'as pas l'habitude de te maquiller, tu ne te maquilles pas. Puis, comme je leur dis souvent, j'ai le meilleur maquillage, qui s'appelle Photoshop. Donc ça ne sert à rien d'essayer de camoufler les boutons. Je leur explique tout ça : je ne fais pas de retouche de peau approfondie, je n'enlève que ce qui n'est pas permanent. Les boutons, c'est clair que c'est le truc qu'on n'a pas tout le temps, donc je les enlève. Mais tout ce qui est ce qu'elles sont, elles, je ne vais pas le changer.
Trouver des clients boudoir dans sa clientèle
Anthony : Cool. En tout cas, moi, si je suis photographe de mariage, que j'écoute ce podcast et que je suis intéressé par le boudoir, je retiens quand même ce que tu as dit : ça peut être de la continuité. On a eu un client en mariage, il a appris à nous connaître, ça s'est bien passé. Moi, cette période de Covid, clairement, j'envoie une newsletter à mes clients en mariage pour leur proposer une séance boudoir, après avoir fait quelques essais, après avoir quelques premières photos à montrer. Ça peut clairement être un moyen d'aller dans sa clientèle actuelle et d'essayer de chercher des séances, en tout cas dans cette période difficile, pour le futur. Alors, c'est clair qu'il ne va pas y avoir 100 % de taux de réponse, mais on ne sait jamais finalement, dans ces clients-là, qui peut être intéressé ou pas. Donc ça peut être un bon moyen en tout cas d'essayer de compléter quelques essais dans son agenda pour les mois à venir, je pense.
Audrey : Moi, clairement, oui, j'ai beaucoup de clients boudoir qui sont des clients classiques à la base, ou des gens que j'ai rencontrés via des clients, par exemple les invités de mariage. Avant, je n'en parlais pas parce que c'étaient vraiment deux activités séparées. Je me disais : en mariage, tu ne vas pas parler du boudoir. Et puis, je ne sais pas pourquoi, c'étaient les barrières qu'on se met soi-même.
Puis maintenant, vu que j'en parle comme d'une séance comme une autre, les gens se disent : « Ah ouais ? » Puis je balance mon Insta, parce que moi, ma carte de visite sur les mariages, c'est Instagram. Je leur dis : « Ben oui, si, si, je fais du boudoir, regarde », paf, je montre, « Ah ouais, c'est cool », machin. Parce qu'au début, les gens rigolent : boudoir, les gâteaux, photo coquine, nani. Puis, quand tu te poses de façon sérieuse, quand tu dis : « Non, regarde ce que je fais », et que tu montres la qualité de tes photos, les gens disent : « Ah ouais, quand même. Ah ouais, en fait, ce n'est pas un vieux bonhomme dans son garage qui se fait plaisir. » Non, non, ce n'est pas ça. Je fais des belles photos avec des belles personnes, et tu peux en faire partie, donc contacte-moi et tu verras.
Anthony : Exactement.
Audrey : Et j'ai eu des clients comme ça, non mais pour de vrai.
Anthony : Écoute, c'est bon à savoir. Je pense qu'il y a vraiment quelque chose à faire pour les photographes mariage et autres, pour aller un petit peu se diversifier.
Tirages, albums et agrandissements
Alors, j'ai une dernière question pour toi. On l'a dit, ces personnes-là ne publient pas trop leurs photos, évidemment : ce sont des photos intimes, en général on ne veut pas les mettre sur les réseaux sociaux. Certains le font, mais ce n'est pas la majorité des cas. Un sujet qui me tient à cœur, moi, c'est la vente de produits additionnels, comme ça peut être des albums, des tirages, etc. Est-ce que tu remarques que la clientèle boudoir est intéressée par ce type de produit, pour pouvoir profiter des photos ? Ils ne veulent pas les garder sur le disque dur non plus, c'est peut-être à mettre dans la chambre ou des endroits où ils vont être seuls. Est-ce que tu as remarqué une tendance à ce niveau-là, ou pas du tout parce que toi, tu ne vends pas encore de produit ? Où est-ce que tu en es par rapport à ça ?
Audrey : Alors moi, je ne suis pas très forte, parce que vendre du produit quand tu n'as pas de studio, tu ne peux pas montrer, c'est plus compliqué. Tu montres quelques exemples sur ton site, mais moi, je ne trimballe pas grand-chose sur mes séances, je ne trimballe pas un album, machin. Je ne suis pas très douée là-dessus.
Par contre, clairement, oui, ils font des tirages. Moi, je travaille avec Jingoo, et toutes mes séances boudoir, ils les font imprimer, toutes. Ils font tous au moins un agrandissement ou un album. Souvent, les couples me prennent l'album, les femmes seules prennent plutôt des tirages. Et l'excuse, souvent, c'est : « Je fais des photos pour mon conjoint, ou ma copine », ou des choses comme ça. C'est un peu l'excuse, et puis quand tu creuses un peu, c'est juste pour se faire plaisir à soi, et après, en bonus : « Ouais, si ça me plaît, j'offre les tirages. » J'ai remarqué souvent ça.
Et moi, j'ai des mariés qui ont fait ça en cadeau pour les prépas, aux futurs mariés. On faisait une session boudoir avant le mariage, et le jour du mariage, pendant les prépas de monsieur, je glisse un album pour qu'il ait son petit cadeau : une preview de la nuit de noce.
Ça, je l'ai eu plusieurs fois : j'ai eu des clients qui ont fait des agrandissements dans leur chambre, des photos où ils sont anonymes dessus, parce que quitte à mettre des photos dans leur chambre, ils se sont dit : autant que ce soit nous. Mais personne ne le sait, à part moi et ceux à qui ils le disent. J'ai beaucoup de gens qui sont sur le point de devenir parents et qui veulent avoir un souvenir de leur couple en tant que couple, et pas en tant que parents. Ou, à l'inverse, qui sont parents depuis longtemps et qui ont envie de se rappeler qu'ils sont un couple avant d'être parents, et qui ont, je ne sais pas, un pense-bête sur leur mur avec une photo d'eux où on ne sait pas que c'est eux, mais qui est une photo intime pour le coup. Et du coup, ce sont des agrandissements, souvent des Dibond ou des toiles, des trucs comme ça.
La séance de visionnage sans studio
Anthony : Écoute, je serais curieux de tester la technique que Bernard Audry a décrite dans son épisode du podcast, le numéro 2 je pense. Toi, tu n'as pas de studio, c'est peut-être plus compliqué, mais lui parle d'une séance de présentation des photos. Plutôt que d'envoyer les photos, c'est faire venir le client et lui présenter les photos, parce que lui parle beaucoup de l'émotion : sur le coup de l'émotion, montrer les photos. Et je pense que le boudoir peut clairement provoquer de l'émotion, et faire acheter des produits que tu pourrais mettre dans leurs mains ce jour-là.
Audrey : C'est sûr que pour vendre du produit, quand tu as un studio, c'est l'idéal. Quand tu peux faire une session de visionnage des photos, sur le coup de l'émotion, proposer des produits et tout, je pense que clairement, ça peut être une très, très bonne chose. Par contre, quand tu n'as pas de studio comme moi, c'est un peu plus… Moi, je ne peux pas proposer de session de visionnage ou de choses comme ça.
Anthony : Ou alors, tu le fais à la maison. C'est un choix à prendre, mais je sais par exemple qu'Emilie Zangarelli, l'exemple qui me vient en tête, fait ses séances chez elle. Elle bloque la journée avec ses clients et transforme sa maison, entre guillemets, en studio.
Audrey : Oui, quand tu as une maison.
Anthony : Non, mais tu pourrais te dire : mon salon, deux fois par semaine, c'est le visionnage.
Audrey : Oui, moi, j'ai déjà fait du home studio, les gens qui viennent à la maison pour se faire shooter. Je fais encore quelques sessions portrait intime chez moi, quand il n'y a pas le choix, pour certaines clientes. C'est hyper intrusif, et moi, j'essaye de limiter au maximum. Donc si en plus je devais rajouter des rendez-vous visionnage, j'ai mes enfants et tout, donc c'est un peu…
Anthony : Non, non, je comprends tout à fait. C'est clair, chacun fait à sa façon.
Audrey : Oui, oui. Après, il faut s'adapter, chacun s'adapte avec sa façon de travailler. Mais clairement, pour vendre du produit, pouvoir les avoir en main, c'est un vrai plus, c'est sûr.
Cadrer ses séances : contrat, devis, facture
Anthony : Ben écoute, est-ce que tu as un dernier sujet que tu voudrais aborder avant de terminer cette interview ?
Audrey : Ben oui, puisque tu es en face de moi, autant te faire un retour sur Fotostudio. Je voudrais juste dire que ça a été un plus pour moi, Fotostudio. Ouais, je fais la pub, tu as vu. Non, mais clairement, je milite un petit peu, ce n'est pas le mot, mais je suis un peu militante, pour dire qu'il faut cadrer les séances boudoir, les rendre pros, qu'il y ait un contrat, des droits à l'image, tarifer, avoir des factures, parce que ça sécurise à fond mes clients et mes clientes. Et clairement, Fotostudio, pour moi, quand je leur envoie le devis, qu'ils reçoivent la facture, qu'ils peuvent payer en ligne, signer un contrat, ben ça fait carré, ça fait cadré. Donc je voulais souligner ça aussi. Merci Fotostudio.
Anthony : Écoute, c'est très gentil. Et c'est clair que c'est un des objectifs premiers de Fotostudio : c'est d'abord, bien sûr, d'aider le photographe, mais c'est aussi d'aider le photographe à paraître plus professionnel auprès de ses clients. Donc ça fait plaisir d'avoir ce retour.
Audrey : Non, mais j'ai vraiment eu ce retour-là de clients. C'est pour ça. J'ai vraiment eu le : « Ah oui, et nous, on a fait des photos, ce n'était pas aussi carré, ce n'était pas aussi bien, on ne pouvait pas payer en ligne. » Je ne l'ai pas eu que pour le boudoir, mais pour le boudoir, j'ai eu ce retour-là. Donc je tenais à le souligner.
Conclusion
Anthony : Super. Ben écoute, une fois de plus, un bel épisode, je pense. Donc merci beaucoup d'avoir partagé toutes tes expériences avec nous.
Audrey : Ben, merci à toi.
Anthony : Et je te dis à bientôt.
Audrey : À bientôt. Ciao.
Anthony : C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il vous a plu. Pensez à vous abonner et surtout, n'hésitez pas à donner votre avis sur le groupe Facebook Fotostudio, sur groupe.fotostudio.io. Merci et à la semaine prochaine.
Des séances cadrées, des clients rassurés
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