Ancienne cheffe de projet web dans les assurances, Amélie Marzouk a commencé par la photo de famille avant de devenir photographe corporate à Paris. Clientèle à 90 % féminine, personal branding, LinkedIn comme principale vitrine : elle raconte comment elle a dépoussiéré le portrait d'entreprise.
En résumé :
Pour réussir comme photographe corporate, Amélie Marzouk mise sur quelques principes :
• Aller au-delà de la photo d'identité : ses clientes viennent chercher une image de leur personnalité, de leurs valeurs, de leur marque
• Mettre le client à l'aise : la photogénie dépend moins de la beauté que de la confiance installée pendant la séance
• Publier sur LinkedIn sans jamais vendre : deux à trois posts par semaine, des questions, des avant/après, des coulisses
• Séparer ses univers : un site pour le corporate, un autre pour la famille, pour que chaque client se sente au bon endroit
• Assumer son style, comme son portrait signature sur fond noir en couleur
Faire de la photo corporate, beaucoup de photographes s'y mettent pour remplir leurs semaines, souvent sans passion. Amélie Marzouk aussi, au départ. Puis une formation au portrait lui a fait comprendre qu'on pouvait « dépoussiérer le portrait corporate » et aller beaucoup plus loin dans la rencontre avec l'autre.
Au micro d'Anthony Heukmes, elle explique qui sont ses clients, comment elle les rend photogéniques, pourquoi LinkedIn est devenu son meilleur canal d'acquisition, et ce qui lui reste difficile : vendre des tirages à une clientèle professionnelle. Un épisode utile à tout photographe qui envisage de se lancer dans le portrait d'entreprise.
Qui est Amélie Marzouk ?
Amélie Marzouk est une photographe portraitiste installée à Paris. Au moment de l'enregistrement de l'épisode, début 2021, elle a 40 ans, exerce comme photographe professionnelle depuis bientôt sept ans et consacre 60 à 70 % de son activité au portrait, en particulier au portrait corporate et au personal branding.
- Une reconversion : après un cursus de psychologie puis de communication, elle a été cheffe de projet marketing web dans les assurances pendant plus de dix ans.
- Des débuts en famille : bébés, grossesses, familles et EVJF, avant l'ouverture de son studio en mai 2018.
- Une portraitiste formée : elle suit régulièrement des formations auprès de portraitistes qu'elle admire.
Son parcours rappelle celui d'autres invités du podcast, comme la reconversion d'Émilie Zangarelli : une première carrière loin de la photo, dont les compétences finissent par servir le nouveau métier.
Selon son site aujourd'hui, son studio, créé en 2014 et niché dans le 17e arrondissement de Paris (avec une présence à Marrakech), propose des portraits haut de gamme : corporate, LinkedIn, personal branding, portraits personnels et books mannequin. Elle y promet de « réconcilier » chacun avec son image, avec des séances sans poses figées, travaille désormais avec une équipe de photographes, forme d'autres photographes, anime le podcast « Miroirs » et est passée à la télévision (France Télévisions, M6). Ces informations sont celles de son site actuel ; l'épisode, lui, date de 2021.
1. Pourquoi passer de la photo de famille à la photo corporate ?
Quand Amélie se lance, elle est passionnée par les familles, les bébés et les grossesses. Mais ces séances ont surtout lieu le week-end. En ouvrant son studio en mai 2018, elle se dit qu'un peu de corporate pourrait diversifier son activité et remplir ses semaines.
Le déclic vient d'une formation avec Milena, portraitiste depuis une quinzaine d'années. Elle lui fait comprendre que le portrait dépasse largement la photo corporate classique : on peut s'amuser, aller plus loin dans la rencontre et chercher quelque chose de plus intime dans la personnalité des gens. Amélie enchaîne ensuite d'autres formations au portrait.
« Ce qui me plaît particulièrement dans les portraits, c'est la rencontre et la connexion. Un peu comme une confession intime, un moment vraiment suspendu entre mon client et moi. »
Amélie Marzouk
Un retour aux premières amours
Amélie a commencé la photo à 15 ans, avec des portraits. En se spécialisant, elle a donc le sentiment de revenir à ce qui l'animait au départ. Elle continue la famille, surtout pour ses anciens clients qui reviennent, mais c'est dans le portrait qu'elle s'épanouit le plus.
À retenir : le corporate peut commencer comme un complément de semaine. Il devient un vrai métier quand on le traite comme du portrait, et pas comme une photo d'identité améliorée.
2. Qui sont les clients d'un photographe corporate ?
Au début, ses premiers clients corporate sont ses clients famille, à qui elle annonce qu'elle fait aussi du portrait professionnel. Puis sa clientèle se dessine nettement : 90 % de femmes, dont 70 % d'entrepreneuses, pour la plupart autour de 40 ans. Elles la trouvent par le bouche-à-oreille ou par LinkedIn.
Le personal branding avant tout
Ces entrepreneuses ne viennent pas chercher une simple photo. Elles veulent une image qui révèle leur personnalité, leur identité et leurs valeurs : en somme, leur marque. Elles l'utilisent ensuite partout : profil LinkedIn, site internet, interviews, podcasts.
Pourquoi si peu de jeunes de 25 ans ? Amélie avance deux explications. D'abord, on attire des gens qui nous ressemblent : elle a 40 ans, a vécu une reconversion, et beaucoup de ses clientes sont dans la même démarche. Ensuite, à 40 ans, on a souvent besoin de quelqu'un en qui l'on a confiance pour se sentir belle et valorisée en photo.
Le studio, mais aussi l'entreprise
La plupart de ses clients viennent au studio. Mais elle travaille aussi pour de grandes entreprises et de gros cabinets d'avocats. Dans ce cas, elle se déplace avec son fond et ses lumières, et réalise une série de portraits dans la journée. Elle y ajoute souvent des portraits en situation, assis sur un bureau, en lumière naturelle, pour offrir une déclinaison adaptée aux différents supports de communication.
Anthony compare l'exercice à celui du photographe scolaire. La différence, sourit Amélie : ce ne sont pas des enfants de 4 ans, et il faut réussir à détendre des adultes qui n'ont souvent pas envie d'être là.
À retenir : le photographe corporate a deux clientèles bien distinctes : les indépendants qui viennent pour leur image de marque, et les entreprises qui commandent une série de portraits sur place.
3. Comment rendre photogénique un client qui pense ne pas l'être ?
« Je ne suis pas photogénique » : c'est la phrase qu'Amélie entend le plus souvent en début de séance. Sa réponse est toujours la même : c'est justement son travail de rendre les gens photogéniques. Pour elle, la photogénie tient d'abord à l'aisance. Une personne crispée ne sera jamais photogénique, même avec un très beau sourire.
« Au-delà de la technique d'un photographe portraitiste, c'est vraiment sa capacité à mettre l'autre à l'aise et à le mettre en confiance pour obtenir le meilleur. »
Amélie Marzouk
Préparer la séance : comprendre l'intention
Avant chaque séance, Amélie échange avec son client pour comprendre ce qu'il veut dégager. Le matin même de l'enregistrement, un agent immobilier haut de gamme lui demandait des photos décontractées, surtout pas institutionnelles. Chaque client a des attentes différentes selon sa personnalité, sa clientèle et l'image qu'il veut donner. Un questionnaire envoyé avant la séance aide à poser ces questions en amont.
Et si le client ne sait pas ce qu'il veut ? Amélie l'y amène. Sa double formation, en psychologie puis en communication, lui donne une approche à la fois d'écoute et de branding : elle fait parler la personne de son projet, de sa vision à un an, et perçoit intuitivement ce qu'il faut révéler.
Montrer les photos pendant la séance
Amélie montre les images au client au fur et à mesure, pour le rassurer et vérifier que le résultat correspond à ses attentes. Elle annonce 99 % de satisfaction. Sa plus belle récompense : une cliente qui, avant un rendez-vous stressant, regarde à nouveau son portrait pour se rappeler comment les autres la voient.
La photogénie n'est pas une question de beauté
Une anecdote de ses débuts l'a convaincue. Pour l'un de ses premiers portraits, elle photographie un jeune homme qui prépare un book pour une agence de mannequins. Il est objectivement très beau, et pourtant, sur l'écran de son appareil, il est « moche » : elle ne le cadrait pas comme il fallait. On peut faire ressortir tous les défauts d'une personne très belle, et valoriser quelqu'un qui sort des canons classiques.
Passer soi-même devant l'objectif
Chaque année, Amélie se fait photographier par un autre portraitiste, et chaque année elle redoute la séance avant d'en ressortir ravie. Elle y voit une erreur fréquente chez les photographes : ne jamais se mettre à la place du client.
« On ne peut pas dire aux gens de venir chez nous et ne pas aller nous-mêmes chez le photographe. »
Amélie Marzouk
Le soin apporté à l'expérience passe aussi par les détails pratiques. En fin d'épisode, Amélie confie qu'elle envoie encore à la main un petit message la veille de chaque séance pour confirmer le rendez-vous. C'est typiquement ce qu'un workflow automatisé peut prendre en charge.
À retenir : un bon portrait corporate se prépare avant la séance (l'intention), se construit pendant (la confiance, les images montrées en direct) et se vit aussi de l'autre côté de l'objectif.
4. Comment trouver des clients corporate sur LinkedIn ?
Amélie n'a jamais démarché de grandes entreprises. Ses deux sources de clients : le bouche-à-oreille et LinkedIn. Son réseau d'avant, dans les assurances et dans la publicité où travaillait son mari, lui a donné un vrai coup d'accélérateur. Au début, elle a aussi offert des portraits à des personnes de son entourage qui avaient elles-mêmes un gros réseau.
Publier sans jamais vendre
Elle publie deux à trois fois par semaine, et ne dit jamais « venez faire une séance au studio ». Elle cherche à piquer la curiosité et à créer de l'interaction. Son ancien métier dans le contenu web l'aide à structurer ses publications. Quelques formats qui fonctionnent pour elle :
- Les questions : un article intitulé « Êtes-vous photogénique ? » fait forcément cliquer.
- Le jeu concours : celui organisé avant Noël a atteint 28 000 vues, et de nombreux participants non gagnants ont réservé un portrait.
- Les avant/après : elle publie l'ancienne photo d'un client à côté de son nouveau portrait, et le remercie. Ses contacts commentent, et c'est le réseau de son réseau qui découvre son travail.
- Les coulisses : une petite vidéo en direct du studio, pour dire bonjour avant ses séances du jour, a beaucoup plu.
- La surprise : elle a commencé sur LinkedIn en publiant des bébés, pour trancher avec les photos professionnelles un peu austères du fil.
« En corpo, il y a des gens qui me disent : je n'avais pas l'idée de faire une photo, et en voyant vos photos, ça me donne envie. Donc je crée un besoin qu'ils n'avaient pas. »
Amélie Marzouk
Pourquoi LinkedIn reste sous-exploité par les photographes
Anthony insiste sur la portée organique du réseau : quand quelqu'un commente votre publication, ses propres contacts la voient. Et la plupart des membres restent spectateurs ; ceux qui publient chaque semaine sont rares, donc visibles. Autre avantage : une publication vit environ une semaine puis disparaît du fil. LinkedIn devient un bac à sable pour tester des idées sans grand risque.
Il y voit même une piste pour les photographes de famille qui veulent se différencier : sur LinkedIn aussi, il y a des mamans et des papas. Amélie précise que le réseau rassemble surtout des cadres de 30 à 40 ans, une cible très intéressante selon le positionnement.
À retenir : sur LinkedIn, on ne vend pas, on donne envie. La régularité, les questions et la mise en avant de vos clients font travailler votre réseau pour vous.
5. Faut-il se spécialiser dans le portrait corporate ?
Amélie a testé plusieurs univers : formation en newborn, en photo culinaire, essais en mariage. Conclusion : ce n'était pas pour elle. Le newborn posé, lent et exigeant en patience, ne lui ressemblait pas. Sa vraie passion, ce sont les gens, et la conversation.
« Je pense qu'on ne peut pas tout faire, et que le client est perdu. »
Amélie Marzouk
Un site par univers
Elle a donc plusieurs sites internet : le client qui cherche un portrait corporate ne doit pas tomber sur des bébés, des chiens et des familles, et se demander s'il est au bon endroit. Son site famille était d'ailleurs très bien référencé, contrairement à son site corporate, qui vit surtout grâce à LinkedIn. Si vous hésitez à séparer vos activités, un site internet de photographe par univers clarifie votre message et votre référencement.
Spécialisé, mais pas sur une seule activité
La crise sanitaire a nuancé son discours. Après trois mois de fermeture au premier confinement, elle s'en est bien sortie grâce aux deux piliers : les familles qui revenaient pour un deuxième ou un troisième bébé, et le bouche-à-oreille du corporate. Son équilibre : être identifiée comme experte du portrait, tout en gardant la famille pour ses anciens clients.
Et dans une petite ville ?
Sans connaître de photographe « corporate pur » à la campagne, Amélie conseille de présenter l'offre comme du portrait plutôt que du corporate. On vient pour un portrait LinkedIn ou un portrait de marque, et c'est l'occasion d'avoir aussi de belles photos personnelles. Beaucoup de ses clients viennent d'ailleurs à des moments de changement de vie : nouveau travail, divorce, maternité.
À retenir : testez plusieurs univers, puis gardez ceux qui vous ressemblent. Et présentez chaque activité à part, pour que vos clients se reconnaissent immédiatement.
6. Comment se démarquer des autres photographes corporate ?
Selon Amélie, beaucoup de photographes font du corporate pour diversifier leur activité, sans réelle passion. Et il y a les portraitistes passionnés, un petit groupe à Paris, qu'elle ne considère pas comme de vrais concurrents : chacun travaille avec sa personnalité, et les clients qui vont chez l'un ne sont pas forcément ceux de l'autre.
Elle remarque d'ailleurs qu'en famille, elle était beaucoup moins différenciée : de nombreuses photographes proposent à peu près la même chose. En corporate, sa singularité saute aux yeux.
Le fond noir en couleur, sa signature
Sa photo signature : le portrait sur fond noir, en couleur. À ses débuts, beaucoup considéraient que fond noir rimait forcément avec noir et blanc, façon studio Harcourt. En formation, un photographe lui a même expliqué que ce n'était pas ainsi qu'on éclairait un fond. Elle a gardé sa manière, et c'est précisément pour elle que ses clients viennent.
« Plus on sera vrai avec ce qu'on fait, et plus on attirera les clients. »
Amélie Marzouk
Elle y ajoute un ingrédient : le plaisir. Même fatiguée, quand le client arrive, la magie opère, la musique tourne et elle s'amuse. Pour elle, c'est la moitié du business. Et elle n'arrête jamais d'apprendre : elle compare ses photos d'il y a cinq ans à celles d'aujourd'hui et conseille aux photographes qui se lancent de se former et de « shooter, shooter ».
À retenir : en portrait corporate, on vous choisit autant pour vous que pour vos images. Montrez votre personnalité dans votre communication, et osez un style qui vous appartient.
7. Peut-on vendre des tirages en photo corporate ?
C'est la difficulté qu'Amélie reconnaît volontiers. Elle vend facilement des photos en plus de son forfait, mais pas encore de beaux tirages. Or ses séances corporate coûtent le même prix que ses séances famille. Résultat : pour atteindre le chiffre d'une séance famille avec produits, il lui faut deux séances corporate. Un point à intégrer quand vous calculez vos tarifs de photographe : sans produits additionnels, le forfait doit couvrir l'essentiel de la valeur.
Le portefeuille du client n'est pas le vôtre
D'où vient le blocage ? Amélie l'explique avec franchise : elle achète sans hésiter un téléphone à 1 200 euros, mais trouve impensable qu'un client dépense autant chez elle. Elle n'a plus honte de ses forfaits, puisqu'elle sait ce que vaut son travail, mais la marge sur les produits la met mal à l'aise. Anthony lui rappelle une phrase entendue dans le podcast : le portefeuille des clients n'est pas le vôtre.
« Il n'y a aucune raison qu'ils n'aient pas envie d'acheter des produits haut de gamme derrière, si c'est bien amené, et pas en s'excusant de vouloir vendre des produits chers. »
Amélie Marzouk
Son objectif pour 2021 : vendre des tirages papier en corporate. Elle prévoit de terminer chaque séance par quelques photos plus personnelles, et de commencer par offrir des tirages pour s'habituer au produit avant de le valoriser. Une séance de visionnage avec le client est souvent le meilleur moment pour présenter ces produits. Anthony suggère aussi de se faire accompagner par un coach en vente. Amélie, elle, préfère garder la vente en main : c'est elle qui incarne sa marque, de A à Z.
Des clients corporate qui reviennent
Bonne surprise : plus son activité avance, plus ses clients corporate reviennent, parfois d'une année sur l'autre. Ils sont de forts prescripteurs, car très actifs sur LinkedIn, et reviennent souvent ensuite pour une séance famille.
À retenir : en corporate, le panier moyen repose sur le forfait. Fixez-le en conséquence, et proposez des tirages comme un prolongement naturel d'une expérience haut de gamme, sans vous excuser.
8. Peut-on publier les portraits de ses clients ?
En corporate, les clients refusent rarement d'être publiés, contrairement aux familles qui ne veulent pas toujours montrer leurs enfants. La plupart sont même fiers, au point de réclamer leur publication. Amélie respecte toutefois ceux qui ne souhaitent pas apparaître, notamment sur Instagram.
Les grands cabinets d'avocats, en particulier anglo-saxons, refusent en général : leur charte d'image est stricte et ils ne veulent pas voir leurs portraits publiés n'importe comment. Mieux vaut clarifier ce point dès le départ, par exemple dans vos contrats photographe.
Enfin, Amélie ne publie pas tout le monde : elle choisit les portraits en fonction des clients qu'elle veut attirer. Si on lui fait remarquer qu'elle publie beaucoup de femmes, c'est simplement que 90 % de sa clientèle est féminine, et que c'est ce qu'elle préfère photographier.
À retenir : chaque portrait publié et tagué sur LinkedIn ouvre votre travail au réseau de votre client. Encore faut-il avoir son accord, et choisir ce que vous montrez.
Épisode enregistré début 2021, pendant la crise sanitaire. Amélie y évoque un livre photographique réalisé pendant le premier confinement, financé à l'époque par une campagne Ulule, et une exposition à la sortie du confinement. Ces projets, comme les chiffres cités, concernent cette période.
Les erreurs à éviter quand on devient photographe corporate
D'après l'expérience d'Amélie Marzouk :
✗ Faire du corporate sans passion, simplement pour remplir son agenda, et livrer des photos d'identité améliorées.
✗ Négliger la mise en confiance : un client crispé ne sera jamais photogénique, quelle que soit la technique.
✗ Shooter sans connaître l'intention du client : institutionnel ou décontracté, l'image recherchée change tout.
✗ Mélanger tous ses univers sur un seul site, au risque de perdre le client corporate entre deux photos de bébés.
✗ Vendre frontalement sur LinkedIn au lieu de donner envie avec du contenu régulier.
✗ Projeter son propre portefeuille sur celui de ses clients et s'excuser de proposer des produits haut de gamme.
✗ Ne jamais passer devant l'objectif soi-même, et oublier ce que ressent le client.
FAQ : devenir photographe corporate
Comment devenir photographe corporate ?
Formez-vous au portrait plutôt qu'à la simple photo d'identité, puis constituez un portfolio en offrant quelques séances à des personnes de votre réseau. Amélie Marzouk, passée de la photo de famille au corporate, s'est formée auprès de portraitistes expérimentés et a misé sur LinkedIn et le bouche-à-oreille pour trouver ses clients.
Qui sont les clients d'un photographe corporate ?
Deux profils principaux : les indépendants et entrepreneurs qui veulent une image de marque pour LinkedIn, leur site ou la presse, et les entreprises qui commandent une série de portraits de leurs équipes, souvent réalisée sur place. Chez Amélie Marzouk, la clientèle compte 90 % de femmes, dont 70 % d'entrepreneuses.
Comment trouver des clients en photo corporate sur LinkedIn ?
Publiez régulièrement, deux à trois fois par semaine, sans vendre directement. Posez des questions, partagez des avant/après de vos clients en les remerciant et en les taguant, montrez les coulisses de votre studio. Chaque commentaire ouvre votre publication au réseau de la personne, ce qui fait connaître votre travail de proche en proche.
Comment rendre photogénique quelqu'un qui pense ne pas l'être ?
En le mettant à l'aise. La photogénie dépend surtout de l'aisance : une personne crispée ne sera jamais photogénique. Échangez avant la séance sur l'image qu'elle veut donner, montrez-lui les photos pendant la prise de vue pour la rassurer, et soignez le cadrage, qui peut valoriser ou desservir n'importe quel visage.
Quel prix pour une séance photo corporate ?
Il n'existe pas de tarif unique, mais tenez compte d'un point clé : en corporate, on vend peu de produits additionnels. Amélie Marzouk facture le même prix qu'une séance famille, et doit donc réaliser deux séances corporate pour atteindre le chiffre d'une séance famille avec tirages. Le forfait doit donc couvrir l'essentiel de la valeur.
Peut-on vendre des tirages à des clients corporate ?
C'est possible mais plus difficile, car les portraits sont d'abord destinés au web. Amélie Marzouk propose quelques photos plus personnelles en fin de séance et commence par offrir des tirages pour habituer ses clients au produit. L'essentiel est de présenter ces produits haut de gamme comme un prolongement naturel de l'expérience, sans s'excuser de leur prix.
Faut-il un site internet séparé pour la photo corporate ?
C'est recommandé si vous faites aussi de la famille ou du newborn. Un client qui cherche un portrait professionnel doit se sentir au bon endroit dès la page d'accueil, sans tomber sur des photos de bébés. Amélie Marzouk a ainsi plusieurs sites, un par univers, ce qui clarifie aussi le référencement de chaque activité.
Découvrir le travail d'Amélie Marzouk
Portraits corporate, LinkedIn et personal branding, portraits personnels et books dans son studio du 17e arrondissement de Paris : retrouvez son travail sur son site, studio-amelie-marzouk.com.
Transcription intégrale de l'épisode
Vous préférez lire ? Voici la transcription complète de l'échange entre Anthony Heukmes et Amélie Marzouk, découpée en chapitres.
Cet épisode a été enregistré début 2021, pendant la crise sanitaire. Les conseils partagés restent d'actualité ; les projets et chiffres évoqués concernent cette période. Transcription « verbatim nettoyée » : les tics de langage et répétitions ont été allégés pour la lecture, sans modifier le propos.
Lire la transcription complète (environ 10 200 mots)
Chapitres :
- Introduction : Amélie Marzouk, photographe portraitiste à Paris
- De la photo de famille au portrait corporate
- Ses clientes : des entrepreneuses en quête de personal branding
- Au studio ou directement en entreprise
- Bouche-à-oreille, réseau et LinkedIn
- Publier sur LinkedIn : la question de la photogénie
- Montrer les photos pendant la séance et cerner l'intention
- Une approche entre psychologie et communication
- Révéler la confiance des clients
- Pourquoi elle se fait photographier chaque année
- On ne peut pas tout faire : la spécialisation
- Le corporate face à la crise sanitaire
- Un livre photo pendant le confinement
- On n'a jamais fini d'apprendre
- La concurrence dans le portrait corporate
- Créer un besoin chez le client
- Faire du portrait corporate dans une petite ville
- Le photographe miroir
- Des clients corporate fidèles ?
- Vendre des tirages en corporate
- D'où vient la difficulté à vendre
- Déléguer la vente ou incarner sa marque
- Ce qui marche sur LinkedIn
- Le fond noir en couleur, sa signature
- Droit à l'image et publication des portraits
- LinkedIn, un réseau sous-exploité
- Publier des bébés sur LinkedIn
- La rencontre, moteur du portrait
- Anecdote : le book pour une agence de mannequins
- Fotostudio, rappels par SMS et conclusion
Introduction : Amélie Marzouk, photographe portraitiste à Paris
Anthony : Salut à tous et bienvenue sur le podcast Fotostudio. Chaque mardi, j'interviewe un photographe ou un expert d'un secteur spécifique pour vous permettre d'évoluer et de progresser dans votre métier. Je suis Anthony Heukmes, fondateur de Fotostudio.io, une plateforme utilisée au quotidien par plus de 1000 photographes francophones. Fotostudio leur permet de gagner un temps considérable sur leur travail administratif en simplifiant la gestion de leurs clients et de leurs shootings. Si tu apprécies le podcast, pense à le partager et à t'abonner sur ta plateforme préférée.
Je reçois aujourd'hui Amélie Marzouk. Elle nous parle de son activité de photographe corporate, principalement orientée vers les femmes entrepreneuses, et elle nous explique comment elle utilise LinkedIn pour développer sa clientèle.
Salut Amélie !
Amélie : Salut Anthony !
Anthony : Merci d'être avec moi pour ce nouvel épisode.
Amélie : Merci à toi, je suis ravie de participer à ton podcast.
Anthony : Alors, pour ceux qui ne te connaissent pas encore, est-ce que tu peux te présenter, s'il te plaît ?
Amélie : Oui, bien sûr. Alors moi, c'est Amélie, j'ai 40 ans et je suis photographe pro depuis bientôt 7 ans. J'ai commencé par la famille, les bébés, les grossesses et les EVJF, et ça fait presque 3 ans que je suis spécialisée maintenant dans les portraits, depuis que j'ai ouvert le studio en fait.
Anthony : Et quand tu dis spécialisée, ça représente quelle partie de ton activité aujourd'hui ?
Amélie : Ça représente, on va dire, 60 à 70 %. Et en fait, les familles que je continue à faire, ce sont les anciens clients qui continuent à venir, mais c'est vrai que je suis très axée portrait et j'adore ça.
De la photo de famille au portrait corporate
Anthony : Et qu'est-ce qui s'est passé justement à ce moment où tu as décidé d'aller vers le corpo et de changer un petit peu ton activité ? Comment est-ce que c'est venu ? Pourquoi est-ce que tu as fait ce changement, finalement ?
Amélie : Alors je t'avoue que quand je me suis lancée, j'étais vraiment passionnée par les familles, les bébés, les grossesses. Et quand j'ai ouvert le studio en mai 2018, je me suis dit que faire un petit peu de corpo, ça pouvait diversifier un petit peu mon activité et remplir mes semaines. Les familles, c'était essentiellement le week-end.
Et j'ai eu la chance de suivre une formation avec Milena, qui est portraitiste depuis presque 15 ans, je crois. Elle m'a fait réaliser que le portrait, c'était bien plus que du portrait corporate, qu'on pouvait vraiment s'amuser et aller plus loin dans la rencontre avec l'autre. Comment dépoussiérer le portrait corporate, en fait.
Et c'est là que j'ai vraiment pris plaisir et que j'ai commencé à suivre différentes formations, comme les Cabrelli, Louise Garbane. J'ai vraiment été chercher plus loin, pour aller chercher quelque chose de plus intime dans la personnalité des gens.
Anthony : Pour aller plus loin que la photo d'identité.
Amélie : C'est ça.
Anthony : Est-ce qu'on peut dire que ce changement de direction t'a permis de t'épanouir encore plus dans ton boulot ? Tu es plus épanouie aujourd'hui que tu ne l'étais avant ?
Amélie : Je pense, parce qu'en fait j'ai commencé la photo à 15 ans avec des portraits. Et c'est vrai que je suis revenue, je pense, à mes premières amours. Je m'éclate vraiment plus à faire des portraits que simplement de la famille. Ce qui me plaît particulièrement dans les portraits, c'est la rencontre et la connexion. Un peu comme une confession intime, un moment vraiment suspendu entre mon client et moi.
Ses clientes : des entrepreneuses en quête de personal branding
Anthony : C'est ça. Et ton type de client, c'est quoi, le client que tu as le plus souvent ? Est-ce que c'est le chef d'entreprise, ou est-ce que ce sont des sociétés qui te font venir pour photographier finalement tous les employés ? Comment ça se passe ? C'est quoi, ton client type ?
Amélie : Alors, au début, j'ai eu beaucoup de clients de mes familles à qui je disais « je fais du corpo, donc venez », et qui permettaient de diversifier mon portefeuille. Et aujourd'hui, ma clientèle, ce qui est très drôle, c'est que je me rends compte que c'est 90 % de femmes et 70 % d'entrepreneuses. Et la plupart me trouvent via le bouche-à-oreille ou via LinkedIn, qui est un gros réseau pour moi pour aller chercher des prospects. C'est vraiment le meilleur réseau pour moi pour aller chercher ma clientèle et me faire connaître.
Anthony : Et justement, ce qu'elles cherchent, ces entrepreneuses-là, c'est une photo plutôt pour leur profil LinkedIn ou bien pour leur site internet ? C'est quoi leur objectif quand elles viennent chercher des photos chez un photographe pro, et c'est pour les afficher où, principalement ?
Amélie : Alors, le principal point d'une entrepreneuse qui veut faire un portrait, c'est son personal branding. C'est-à-dire qu'elle vient chercher bien plus qu'une photo : elle vient vraiment chercher une image qui révèle sa personnalité, son identité et ses valeurs, en fait. On va bien au-delà de l'exercice de la photo corporate un peu classique, de la photo d'identité, pour aller révéler la marque de l'entrepreneuse.
Et du coup, effectivement, elle va l'utiliser sur LinkedIn, sur son site internet, dans des interviews, dans des podcasts. Elle va en avoir un usage très multiple et elle va avoir un besoin assez fort, en fait. Et ce sont plutôt des femmes de 40 ans pour la plupart. Il y a très peu de jeunes de 25 ans.
Anthony : Et tu penses que ça, c'est lié à ton profil, parce que ton réseau t'a fait connaître auprès de ces femmes-là ? Ou tu penses que les jeunes de 25 ans n'ont pas besoin de ces photos-là et donc ne font pas appel à des photographes ? Tu as un avis par rapport à ça ?
Amélie : Alors, je pense qu'il y a plusieurs choses. Déjà, moi, j'ai 40 ans. Donc je pense vraiment qu'en tant que photographe, quand on se connaît et qu'on a une communication qui nous ressemble, on attire des gens qui nous ressemblent. Moi, la photographie, c'est une reconversion, et j'ai beaucoup de profils qui viennent nous voir au studio qui sont dans la même démarche.
Et je pense, pour les jeunes de 25 ans, que souvent, quand on est une jeune femme de 25 ans, on a moins de problèmes à se trouver jolie en photo, et qu'à 40 ans, on a vraiment besoin de quelqu'un en qui on a confiance pour pouvoir révéler qui on est et nous montrer sous notre meilleur profil. À 40 ans, en tant que femme, on a des petites rides, des fois on a quelques kilos en trop. C'est vraiment hyper important de pouvoir se sentir belle et valorisée dans le regard de l'autre. Et du coup, une photo pro, ça apporte vraiment un vrai plus.
Au studio ou directement en entreprise
Anthony : C'est ça. Et tu parlais de ton studio : ça veut dire que tous tes clients viennent d'office au studio pour les photos ? Ou bien tu fais quand même des déplacements dans leurs bureaux, directement en entreprise ?
Amélie : Alors, la plupart viennent au studio, et je travaille aussi pour beaucoup de grosses entreprises, beaucoup de gros cabinets d'avocats. Dans ce cas-là, c'est moi qui me déplace avec mon fond studio et mes lumières, et je fais une série de portraits dans la journée. Je fais des portraits studio, et il m'arrive aussi de faire des portraits en situation de bureau. C'est-à-dire assis sur les bureaux, en lumière naturelle, pour qu'ils aient une déclinaison de portraits différents, pour pouvoir les utiliser en fonction des différents supports et besoins de communication.
Anthony : Donc là, tu deviens un petit peu comme la photographe scolaire qui va à l'école, sauf que toi, tu vas dans l'entreprise et tout le monde passe devant l'objectif.
Amélie : Exactement. Sauf que ce ne sont pas des enfants de 4 ans, et du coup il faut réussir à les détendre. Et je pense qu'au-delà de la technique d'un photographe portraitiste, c'est vraiment sa capacité à mettre l'autre à l'aise et à le mettre en confiance pour obtenir le meilleur.
Bouche-à-oreille, réseau et LinkedIn
Anthony : C'est ça. Donc toi aujourd'hui, dans ta carrière de photographe, tu disais que c'est beaucoup de bouche-à-oreille. Est-ce que tu fais quand même un peu de prospection ? Parce que j'ai l'impression que, si tu veux faire de la séance photo famille, c'est difficile de faire de la prospection directe. C'est dur de trouver l'adresse email des gens pour leur proposer une séance photo, ça ne se fait pas trop.
Par contre, dans le monde de l'entreprise, faire de la prospection en direct, aller sur le site d'une entreprise qui te plaît, envoyer un email pour te présenter et suggérer une discussion, une rencontre ou autre, je pense que ça pourrait se faire beaucoup plus naturellement. C'est le genre de choses que tu essayes de faire, que tu as déjà faites, ou non, justement, tu n'as pas besoin de ça parce que ton agenda est finalement déjà complet ?
Amélie : Alors, j'ai la chance de ne pas avoir eu besoin de le faire pour le corporate, parce qu'en fait, avant, j'étais chef de projet marketing web dans les assurances pendant un peu plus de dix ans. Et mon mari était dans la pub. Du coup, le réseau et le bouche-à-oreille ont fait que j'ai beaucoup de clients qui viennent spontanément. J'ai fait énormément, comme en famille au début, de portraits offerts à des gens que je connaissais et qui avaient eux-mêmes un gros réseau. Et c'est vrai qu'avec LinkedIn, après, ça va très vite.
Et on m'a toujours dit que mes photos corpo étaient un peu différentes de celles des autres. Alors, chaque portraitiste a son style, mais je pense que les gens viennent pour mes photos et pour ma personnalité, sûrement. Et le bouche-à-oreille fait le reste. C'est assez agréable, parce que pour la famille, j'avais beaucoup travaillé mon référencement sur mon site famille, qui était très bien référencé, ce qui n'est pas le cas pour le corporate.
Donc mes deux sources de recrutement, c'est vraiment LinkedIn et le bouche-à-oreille. Je n'ai jamais démarché de grosses entreprises. Ça vient du bouche-à-oreille, d'entrepreneurs, d'autres clients. Donc j'ai pas mal de chance de ce côté-là.
Anthony : C'est marrant, parce qu'effectivement, LinkedIn et photographes, ça fait souvent deux. À part pour les photographes corpo comme toi, la majorité, c'est Insta et Facebook, mais LinkedIn n'est pas utilisé du tout. Toi, LinkedIn, tu t'en sers juste pour faire de la mise en relation, ajouter des contacts et peut-être discuter avec eux ? Ou bien tu t'en sers aussi pour publier régulièrement du contenu, comme on le ferait sur un compte Instagram ou sur un compte Facebook, publier des posts une fois par semaine, tes actus ?
Publier sur LinkedIn : la question de la photogénie
Amélie : Alors moi, je m'en sers à la fois pour la mise en réseau, mais surtout pour publier du contenu. Je poste du contenu deux à trois fois par semaine, et j'essaye d'avoir du contenu qui pique la curiosité des gens. C'est-à-dire que je vais leur dire : « Est-ce que vous pensez que vous êtes photogénique ? » Je vais essayer de créer de l'interaction et de leur apporter des réponses.
Par exemple, j'ai écrit un article sur la photogénie il n'y a pas longtemps, et je me rends compte que tout le monde peut être photogénique. Alors bien sûr, il y a des gens qui prennent mieux la lumière que d'autres, mais la photogénie, je crois que c'est Milena qui disait ça dans un autre podcast, c'est avant tout quand les gens sont à l'aise. Si les gens sont crispés, ils peuvent être hyper beaux, avec un beau sourire, ils ne seront jamais photogéniques. Donc la photogénie, c'est vraiment ce qu'on va dégager et comment on va révéler notre personnalité.
Et ça, c'est mon job. Les gens me disent toujours en arrivant en séance : « Je ne suis pas photogénique. » Et je leur dis : « Oui, mais c'est mon job de vous rendre photogénique. » Et souvent, ils repartent de séance en disant : « Je ne pensais pas être aussi photogénique que ça. » Et là, c'est gagné.
Anthony : Donc ça veut dire que dans tes posts LinkedIn, tu essayes d'attirer leur attention sur le fait qu'eux aussi peuvent très bien venir à une séance photo avec toi et qu'ils seront satisfaits du résultat. Tu essayes vraiment de les informer.
Montrer les photos pendant la séance et cerner l'intention
Amélie : C'est ça, c'est vraiment sans prétention. Et je pense que les autres portraitistes qui travaillent comme moi ont le même résultat : j'ai 99 % de satisfaction. Et moi, je fais partie des photographes qui, pendant la séance, montrent les photos aux clients au fur et à mesure. Je fais ça pour les rassurer et me rassurer, que ce soit bien le résultat qu'ils attendent.
J'ai eu un monsieur ce matin, par exemple, qui ouvrait son agence immobilière haut de gamme et qui m'a dit : « Moi, je ne veux pas du tout des photos institutionnelles, je veux des photos décontractées. » C'est hyper important pour moi d'avoir l'intention, et de pouvoir discuter avec eux en amont de la séance pour ne pas se tromper sur ce qu'ils veulent dégager et ce qu'ils veulent mettre en avant. Parce que chaque client a des attentes très différentes en fonction de sa personnalité, de sa clientèle et de l'image qu'il veut donner aussi.
Anthony : Donc ça veut dire qu'il faut déjà bien se connaître soi-même, j'ai envie de dire. Si tu me demandais là, maintenant, aujourd'hui : « Anthony, je voudrais faire une séance photo avec toi pour mettre des photos sur le site Fotostudio », je t'avoue que je ne sais pas. Il faudrait vraiment que j'y réfléchisse. Là, comme ça, je ne saurais pas te dire : « Écoute, j'aimerais bien faire ressortir ça, ça, ça et ça dans ces photos. » Donc ça veut dire que les gens doivent se connaître eux-mêmes, en tout cas apprendre à se connaître eux-mêmes.
Une approche entre psychologie et communication
Amélie : Oui, alors je pense aussi que je les y amène. Moi, j'ai commencé par un cursus de psychologie. Je devais être psychologue à la base. Et du coup, j'ai fait psycho, j'ai fait de la com, et je pense que dans mon approche de portraitiste, il y a tout ça qui se mélange. C'est-à-dire que j'ai une approche à la fois d'écoute et d'empathie, et à la fois de branding et de communication.
Donc si tu viens me voir et que tu ne sais pas ce que tu veux, je vais te dire : « Mais alors, raconte-moi un petit peu Fotostudio, comment ça se passe ? Quelles sont tes attentes, ta vision dans un an ? » Et en fait, à la façon dont tu vas me parler de ton projet et de ton ambition, je vais percevoir des choses de façon intuitive, et ce que j'appelle vibratoire, qui vont me permettre de créer une connexion avec toi et de dégager de ton portrait ce que tu es et ce que tu veux.
Je ne sais pas si c'est très clair dans mon explication. C'est hyper important pour moi. Les gens ressortent de chez moi en me disant que les photos leur ressemblent. Je ne sais pas si tu as déjà été pris en photo une fois et que tu t'es dit : « La photo est belle, mais ça ne me ressemble pas. »
Anthony : Écoute, je n'ai jamais pris beaucoup de photos. Il faudrait que je le fasse, que je prenne le temps d'avoir des photos de moi, parce que j'ai pas mal de photographes qui se sont déjà moqués de la photo que j'utilise. Un peu pareil sur LinkedIn et sur mes différents réseaux. Donc je pense qu'il faudrait faire mieux, mais je n'ai pas encore joué à ce jeu-là. Enfin si, pour une séance famille plutôt, nouveau-né, grossesse, etc. Mais c'est autre chose, ce n'est pas montrer son côté professionnel. Et là, effectivement, je pense que c'est un exercice complètement différent.
Révéler la confiance des clients
Amélie : Et alors, ce que j'aime par-dessus tout, c'est quand les gens viennent chez moi en n'étant pas trop sûrs d'eux, en se disant : « Mais je ne vais pas être photogénique, je ne vais pas y arriver. » Et ils ressortent comme si je les avais révélés. Il y a une femme l'autre jour qui m'a dit : « Mais c'est comme si j'avais pris conscience de qui j'étais et de la puissance que j'avais. » Alors, c'est un mot un peu fort, mais tout d'un coup, c'est comme si elle s'était autorisée à oser.
Elle s'est vue en photo et elle m'a dit : « Mais je ne me rendais pas compte que les autres pouvaient me voir comme ça. » Et elle me disait il n'y a pas longtemps, parce que je reste en contact avec pas mal de clients : « Quand j'ai peur d'aller à un rendez-vous, je re-regarde la photo et je me souviens de comment les gens me voient. » Et pour moi, ça, c'est le plus grand kif dans mon métier. C'est vraiment ce que j'apporte aux gens.
Anthony : C'est complètement dingue. Parce que ça veut dire que la séance photo, ce n'est pas juste avoir un portrait à ce moment-là, c'est amener la confiance aux gens.
Pourquoi elle se fait photographier chaque année
Amélie : Et je l'ai compris moi aussi, parce qu'il y a beaucoup de photographes qui ne le font pas : moi, tous les ans, je vais faire une séance photo. J'ai eu la chance d'être photographiée par les Cabrelli, par Céline Machi, par Émilie Namont, je ne sais pas si tu connais. Et tous les ans, je me dis : « Comment je vais m'habiller, je vais être fatiguée, je ne vais pas être à l'aise. » Et tous les ans, je ressors avec des photos magnifiques et je me dis : « En fait, je ressemble à ça. »
Et c'est un kif et un… je ne sais pas comment l'expliquer. Ça te donne confiance en toi, ça te sécurise, tu oses, tu te sens plus forte. Et maintenant, il faut juste que j'arrive à m'apprécier en vidéo, c'est encore une autre étape.
Mais je dis aux clients que moi, je vais chez le photographe. Et je sais qu'il y a beaucoup de photographes qui ne le font pas, et je trouve que c'est vraiment une erreur, parce que dans l'expérience client, savoir comment tu te sens, c'est hyper important. Et je le fais aussi avec ma famille, avec mon mari et ma fille, chaque année. Mon mari râle, et après il me dit : « Non, c'est bien, c'était une bonne idée. » Comme tous les hommes. On ne peut pas dire aux gens de venir chez nous et ne pas aller nous-mêmes chez le photographe.
Anthony : C'est vrai.
Amélie : C'est quelque chose que je ne conçois pas.
Anthony : Je trouve ça vraiment génial. Je n'avais jamais vu la photo sous cet angle-là. Et effectivement, si ça peut apporter ça aux gens en plus, c'est vraiment top. Et comme tu disais, je pense que la grande force que tu as aussi, c'est ce background qui est le tien, qui te permet justement d'aider les gens qui sont un peu perdus, qui ne savent pas ce qu'ils veulent dégager, de les guider par rapport à leur job, etc. Je pense que c'est vraiment important.
On ne peut pas tout faire : la spécialisation
Donc, de nouveau, chaque photographe est complètement différent, et son background, qui il est finalement, va faire qu'il va obtenir les bons résultats dans tel secteur. Toi, tu vas peut-être être excellente en corpo, justement, et en mariage, ça sera complètement différent, parce que ça t'intéresse moins et que tu as moins de sensibilité pour ça.
Amélie : Tu sais quoi, j'ai essayé de faire du mariage. J'ai fait des formations en newborn avec Mathilde Mann, qui était géniale, mais je me suis dit : « Ce n'est pas pour moi. » J'ai fait une formation en culinaire avec Thomas Dhellemmes, je crois. Et pareil, en fait, je pense qu'on ne peut pas…
Anthony : On a souvent cette discussion dans le podcast. Moi, je pense qu'il faut être un petit peu spécialisé. Ça ne veut pas dire qu'on est obligé de se spécialiser dans une seule thématique.
Amélie : Mais je pense qu'on ne peut pas tout faire, et que le client est perdu. D'ailleurs, moi, j'ai plusieurs sites internet, pour que le client qui arrive pour du corpo ne voie pas des bébés, des chiens et des familles et ne pense pas qu'il n'est pas au bon endroit. C'est vraiment important. Je pense qu'on n'est pas fait pour tout, et moi, en vrai, je ne fais pas de culinaire et pas de bébés, parce que je suis une vraie pipelette et que j'adore les gens.
Et c'est ça, ma vraie passion, en fait. Au-delà de prendre la photo, c'est la rencontre avec l'autre. C'est vraiment ce qui m'anime chaque jour, surtout dans ces périodes où on ne voit plus personne. Heureusement que j'ai mes clients.
Anthony : C'est ça, c'est très important. On ne peut pas tout faire, mais c'est sûrement important de s'intéresser à tout, d'essayer un petit peu de tout pour trouver justement le secteur qui nous plaît vraiment.
Amélie : Il faut se dire qu'il y a des choses qui ne sont pas pour nous.
Anthony : Voilà. Et ensuite se spécialiser là-dedans, à condition qu'il y ait un marché, bien sûr. Je veux dire, qu'il y ait des clients potentiels pour cette activité-là. Mais effectivement, je pense que c'est important d'essayer. Alors, le Covid, tu l'as mentionné. J'en ai marre d'entendre parler du Covid et de parler du Covid, mais…
Amélie : Disons que j'avais la chance d'avoir mes clients, mais…
Le corporate face à la crise sanitaire
Anthony : Mais justement, toi, en tant que photographe corpo, tu es d'office moins impactée qu'un photographe de mariage, par exemple, ou est-ce que ça reste quand même une année difficile pour toi aussi ?
Amélie : Alors moi, ça a été difficile pour le premier confinement, où tout d'un coup on a fermé trois mois. Puis j'ai eu mon mari qui a été malade, mon studio fermé, ça a été pas mal de stress. Et en fait, finalement, je m'en sors bien, parce que ça faisait six ans que je m'étais lancée en photo. Donc j'ai toutes les familles qui me rappellent pour les deuxièmes, troisièmes bébés. Et pour le corpo, le bouche-à-oreille continue. Donc les mois d'activité, j'ai bien travaillé, je n'ai pas à me plaindre.
Et je me dis que c'est peut-être parce que je fais du corporate : effectivement, si je faisais du mariage, ce serait beaucoup plus compliqué. Donc je pense, quand on voit le Covid, qu'être spécialisé dans une seule thématique, ce n'est pas une bonne chose. Mais je pense que les gens vous identifient quand même comme un expert. Moi, les gens se disent que je suis experte en portrait. Il y en a plein qui ne savent pas que je fais de la famille, et ce n'est pas grave. J'ai l'occasion de le leur dire quand je les rencontre pour leur parler de mon travail.
Un livre photo pendant le confinement
Et moi, j'ai profité du confinement pour faire un livre, un projet artistique dont j'avais envie depuis longtemps. Donc j'ai sorti un livre, j'ai fait une campagne Ulule, ça a très bien marché, et j'ai eu la chance d'être exposée à la sortie du confinement. Et donc j'attends que les musées et les salles d'expo rouvrent pour pouvoir exposer à nouveau. J'ai essayé de le transformer en quelque chose de positif.
C'est un projet perso que j'avais envie de faire avec une cliente devenue une amie, qui écrit des textes et de la poésie. Je l'ai photographiée dans différents lieux abandonnés dans Paris, dont un théâtre parisien magnifique, qui est le théâtre du Gymnase.
Et du coup, c'était : quelle que soit la période difficile, que ce soit un deuil, une rupture, un confinement, comment on va de l'ombre jusqu'à la lumière. La personne qui a écrit les poésies est également le modèle. Donc c'est le voyage initiatique de la muse, de l'ombre à la lumière : comment on se relève et comment on va jusqu'au bout, en fait.
Et moi, qui ai été pas mal stressée par le début de la période du confinement, ça m'a permis de… je ne trouve pas le mot. Moi qui ai été pas mal stressée par le début du confinement, ça m'a permis de le sublimer, de le partager en photo et de le transfigurer en photo. Et c'est une expérience fabuleuse, c'est vraiment génial. Je suis hyper fière de l'avoir fait.
Anthony : Écoute, c'est super. Et du coup, tu as fait une campagne Ulule pour ça, c'est ça ?
On n'a jamais fini d'apprendre
Amélie : Et je vois que tout ce que j'ai fait en travail perso m'a aussi beaucoup apporté dans mon approche du portrait. En fait, je pense que chaque rencontre me nourrit, chaque portrait me nourrit, et chaque expérience personnelle me nourrit aussi. Et ça, je pense qu'en tant que photographe, on n'a jamais fini d'apprendre, en fait.
Je vois mes photos d'il y a 5 ans, je vois mes photos aujourd'hui, et j'espère que dans 5 ans, elles seront encore mieux. Je ne veux jamais me reposer sur mes lauriers, je fais des formations régulièrement. Et c'est ce que je dirais à des photographes qui se lancent : formez-vous, shootez, shootez. On n'a jamais fini d'apprendre, je pense, et de se former.
La concurrence dans le portrait corporate
Anthony : C'est ça. On le sait tous, la concurrence au niveau de la photo, enfin des photographes, est quand même assez rude. Est-ce que c'est pareil dans le corpo, ou est-ce que tu as l'impression qu'il y a moins de photographes qui s'intéressent à ce secteur-là ? C'est quoi ton sentiment par rapport à ça ?
Amélie : Alors, mon sentiment, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui font du corpo, comme moi au début quand je me suis lancée, parce que ça diversifie le portefeuille d'activité. Il y en a beaucoup qui le font sans intérêt, donc qui le font, je ne vais pas dire mal, mais pas avec passion. Et puis il y a ceux qui le font avec passion. On est quand même tout un petit groupe sur Paris, en tout cas que je connais, et je ne les considère pas comme de vrais concurrents.
Parce que je pense que quand on est un vrai portraitiste passionné, on le fait avant tout avec notre personnalité. Et les gens qui vont voir Milena, par exemple, ne sont pas forcément mes clients, et vice-versa. Il y a les Cabrelli aussi, qui sont très bons, qui sont à la fois à Paris et à Arles. Je pense que les gens ne viennent pas nous voir que pour nos photos, et que nos photos dégagent sûrement ce qu'on est. Je ne sais pas si tu connais un peu les autres portraitistes sur Paris ?
Anthony : Non, pas trop, non.
Amélie : C'est très différent. Alors, il y a du corpo classique, de photographes classiques, mais nous, on fait des choses très différentes. Et c'est important que, dans notre site et dans notre communication, notre personnalité ressorte, parce que du coup, les gens viennent nous voir aussi pour ça. Moi, je sais que plus j'avance dans mon activité, plus mes clients pourraient être mes amis, tellement j'ai des gens qui me ressemblent. Et ça, c'est super agréable.
Anthony : J'imagine que quand tu arrives à ce stade-là, c'est que tu sais que tu fais bien les choses. Tu sais que tu communiques comme il faut et que tu es vraiment toi avec tes clients, et donc ça fonctionne.
Créer un besoin chez le client
Amélie : Et je pense qu'en famille, j'étais beaucoup moins différenciée. C'est-à-dire que ce que je fais en famille, c'est très chouette, mais on est beaucoup à faire à peu près la même chose. Il y a toujours la personnalité : moi, Niesco Nondo, Carole Gir. On est très nombreuses, beaucoup de femmes, et du coup, comme on fait toutes un peu la même chose, pour le client, après… Alors qu'en corpo, il y a des gens qui me disent, en découvrant mon travail sur LinkedIn : « Je n'avais pas l'idée de faire une photo, et en voyant vos photos, ça me donne envie. » Donc je crée un besoin qu'ils n'avaient pas, et là, c'est super.
Faire du portrait corporate dans une petite ville
Anthony : Ils n'avaient pas eu l'idée, et c'est en voyant les photos qu'ils veulent venir. C'est fou. Et ça peut paraître un peu cliché, mais est-ce que tu penses qu'un photographe qui habite dans une petite ville ou à la campagne pourrait se spécialiser aussi dans le corpo ? Sachant que dans une capitale comme Paris, il y a évidemment beaucoup de sociétés, beaucoup d'activités, beaucoup d'entrepreneurs, et qu'il y en a sûrement moins dans de plus petites villes. Est-ce que tu penses que malgré tout, tu as des connaissances, tu connais des photographes corpo qui marchent très bien dans les plus petites régions, enfin les plus petites villes ?
Amélie : Alors, corpo pur, non. Mais au fond de la campagne, il y a Claude Fougeirol, qui est vraiment un très, très grand photographe, un très grand portraitiste. Et je pense que quand on est dans une toute petite ville, l'idée, c'est de ne pas faire que du corpo, c'est de l'intituler plutôt portrait. Et moi, c'est ce que j'essaye d'amener à mes clients aussi : on vient pour un portrait LinkedIn, pour un portrait branding, et c'est aussi l'occasion d'avoir des belles photos perso.
Je leur dis toujours : quand on a 30 ans, 40 ans, 50 ans, avoir une photo de soi comme on le faisait dans les années 20, ou comme on le faisait en peinture avant, avoir un portrait de soi à date, c'est hyper important pour se voir vieillir, se voir évoluer. Moi, je me vois à 40 ans, je ne suis plus du tout la même qu'il y a 25 ans, avec les épreuves que j'ai eues, avec le changement professionnel, avec ma fille.
Le photographe miroir
Et il y a souvent des gens qui viennent me voir à des moments de changement de vie : un changement de boulot, mais aussi un divorce, un problème dans la maternité. Et ce sont des moments où les gens ont envie de se voir en miroir, parce qu'en vrai, quand je les prends en photo, je suis leur miroir. Et ils s'abandonnent à moi avec une confiance aveugle, parce que c'est moi qui les vois et c'est moi qui les prends en photo.
Et je pense qu'il y a un peu de moi dans chaque portrait, et ils me laissent un peu d'eux après chaque séance. Du coup, chaque rencontre est unique, chaque rencontre est incroyable. Souvent, je ressors des séances vidée, parce que je donne beaucoup, je suis très à l'écoute, très dans l'intuition, et chaque séance, c'est à 100 %.
Des clients corporate fidèles ?
Anthony : Super. Et du coup, on le sait tous, par exemple pour la famille, ce qui est bien, c'est qu'imaginons que tu commences avec une femme enceinte : pour les photographes qui font un peu tout, tu vas avoir la grossesse, le nouveau-né, puis les photos de famille qui vont suivre, etc. Donc tu vas pouvoir suivre cette famille, et ça te donne un client fidèle et régulier.
Ici, dans le corpo, tu l'as dit, les gens viennent parfois à des moments un peu clés, à des changements de vie, pour se faire photographier à nouveau. Est-ce que tu remarques une certaine régularité dans tes clients ? Est-ce que tu as vraiment des clients qui reviennent, par exemple chaque année ? Ou est-ce que c'est quand même assez rare, et c'est plutôt : « voilà, j'ai besoin de photos pro, je vais faire une séance, j'ai bien aimé, peut-être que je reviendrai dans cinq ans » ? Est-ce qu'une vraie régularité peut se créer ou pas ?
Amélie : Alors, je suis étonnée, parce que plus j'avance dans mon activité et plus j'ai de la régularité. J'ai des gens cette année qui sont venus l'année dernière et qui reviennent. Et ces gens-là sont extrêmement prescripteurs, parce qu'ils publient sur LinkedIn, avec des publications, des podcasts. Et souvent, ils reviennent pour la famille quand ils m'ont découverte en corpo.
Vendre des tirages en corporate
Ce que je n'arrive pas à vendre en corpo, c'est du produit additionnel. C'est-à-dire que je vais souvent vendre de la photo en plus de mon forfait de base, mais je n'arrive pas encore à vendre des beaux tirages. Et j'aimerais bien pousser l'expérience jusque-là, parce que je pense que repartir avec des beaux tirages papier, même dans une jolie boîte, ça laisse une trace différente d'un portrait numérique sur LinkedIn. Donc je pousse dans ce sens : je vais commencer à en offrir pour donner envie aux gens, et moi, m'habituer au produit pour le valoriser plus tard.
Anthony : Écoute, c'est la question à laquelle j'allais arriver. Effectivement, je me doutais que tu allais me dire que tu ne vendais pas beaucoup de produits, ce qui paraît plutôt logique, vu que la photo pro, c'est plutôt pour l'exposer en ligne en général que dans son salon, j'ai envie de dire.
Mais du coup, ça veut dire quoi en termes financiers pour toi ? Tu ne vends pas beaucoup de produits supplémentaires, donc tu n'as pas vraiment de moyen de gonfler ton panier. Pour gagner ta vie correctement, est-ce que le prix d'une séance corpo est plus élevé que celui d'une séance famille, par exemple, à qui tu pourrais espérer vendre albums, agrandissements, tirages et autres ?
Amélie : Alors non, le prix est le même. Déjà, avant, j'étais beaucoup moins chère, et j'ai réussi à augmenter au fur et à mesure en raison de la demande que j'avais. Mais effectivement, aujourd'hui, mon problème, c'est que pour arriver au même tarif qu'une séance famille avec du produit additionnel, il faut que je fasse deux séances corpo.
Et moi, à la base, je ne suis pas une très bonne vendeuse, c'est un de mes points faibles. Je n'ai plus trop de problèmes avec mes prix, mais vendre des produits, c'est encore quelque chose qui me coûte émotionnellement. Donc mon challenge de 2021, je l'ai écrit dans mes objectifs, c'est de réussir à vendre des beaux tirages papier pour le corpo. Parce qu'à la fin de la séance, on fait quelques photos plus perso, et j'ai envie que les gens se disent : « je garde une trace pour moi d'un beau portrait de moi », un peu comme chez Harcourt, où on repart avec sa belle photo encadrée.
Et ça, pour moi, c'est parce que j'adore avoir des photos de moi imprimées, et je me rends compte que quand je les imprime, je les regarde, je les feuillette. C'est autre chose, c'est du papier. Je ne sais pas si tu imprimes un peu des photos de famille, mais c'est vraiment important.
Anthony : Mon épouse imprime beaucoup d'albums, etc. Ma fille a 16 mois, et sa grande passion dans la vie, c'est regarder les albums photos. Dès qu'elle est à la maison, elle va dans le meuble où il y a tous les albums, elle me demande d'en reprendre un, et on va le regarder ensemble dans le salon, on s'installe. Pour le moment, c'est sa grande passion, regarder les photos. Pour le moment, ça sert beaucoup.
Amélie : On a retrouvé il n'y a pas longtemps des photos de ma belle-mère quand elle avait 20 ans, et ce sont des beaux portraits qu'elle a eu plaisir à retrouver. Et quel que soit l'âge, qu'on ait 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, ce sont des portraits qui restent, pour nous et pour les autres. Ça marque une époque, ça marque des souvenirs.
D'où vient la difficulté à vendre
Anthony : C'est un beau challenge, un bel objectif en tout cas pour cette nouvelle année. Et du coup, est-ce que tu sais d'où te vient finalement ce blocage ? Je pense que beaucoup de photographes comme toi se disent la même chose : « moi, j'adore la partie contact avec le client, faire les photos, etc. Par contre, j'ai du mal après à mettre ma casquette de vendeur pour arriver à vendre ces produits. » Tu penses que c'est quoi ? C'est une barrière que tu te mets, ou c'est une mauvaise image de la vente en général ? Tu l'expliques comment ?
Amélie : C'est plus un problème du portefeuille des clients, qui, j'ai l'impression, est le mien. Moi, j'achète des iPhone à 1200 euros sans souci. Mais si mes clients en ont pour 1200 euros chez moi, je me dis que ce n'est pas possible de vendre autant à un client. Je commence à me soigner, ça va mieux.
Mais comme je veux leur proposer des produits de qualité, que j'achète moi-même, je suis convaincue des produits, je les ai à la maison pour ma fille, pour moi, pour mon mari. Mais je me dis qu'il faut forcément que je leur vende plus cher, parce que si je leur vends au prix coûtant, je ne gagne pas d'argent, et ce n'est pas le but. Et j'ai honte de leur vendre plus cher. Mais je travaille, ça va mieux, j'en vends : maintenant, je vends des albums photos pour les familles. Mais voilà, des tirages papier pour le portrait, c'est vraiment mon problème.
Anthony : L'autre jour, je ne sais plus si c'est dans un de mes podcasts, quelqu'un disait : « Le portefeuille des clients n'est pas le vôtre », que ce soit des gens qui n'ont pas les moyens ou des gens qui ont beaucoup les moyens.
Amélie : C'est clair. Et c'est vrai qu'en plus, je propose une expérience plutôt très agréable, plutôt haut de gamme, et il n'y a aucune raison qu'ils n'aient pas envie d'acheter des produits haut de gamme derrière, si c'est bien amené, et pas en s'excusant de vouloir vendre des produits chers.
Anthony : Exactement. Je pense que pour t'aider à avancer plus vite, avoir un bon coach dans ce secteur-là, ça peut vraiment aider. Avoir des gens qui...
Amélie : J'ai déjà avancé, mais je ne suis pas encore tout à fait au point.
Anthony : Je pense qu'on a un peu de mal parfois. Moi, je sais bien qu'il y a certains points où ça pourrait être bénéfique et je n'ai pas encore franchi le cap, mais avoir un bon coach va t'aider à aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin, je pense. Maintenant, il faut tomber sur la bonne personne, bien sûr.
Déléguer la vente ou incarner sa marque
Amélie : Moi, j'adorerais avoir une commerciale pour moi, et en même temps non, parce que j'ai envie que l'expérience soit de A à Z avec moi. C'est moi qui incarne ma marque, et passer à une commerciale, ça serait un peu rendre la chose vraiment commerciale. Donc j'adorerais, pour ne pas avoir à le faire, mais en même temps... Et puis j'ai un studio, donc tu vois, j'ai le temps de prendre le temps de regarder avec les gens. Mais j'ai honte des prix, en fait.
Par contre, je n'ai pas honte de mes tarifs, de mes forfaits, parce que c'est moi qui le fais, je sais ce que ça vaut. Enfin, je n'ai plus honte de mes tarifs par rapport à mon travail, mais c'est vrai que les produits additionnels, c'est encore... Et je sais que je ne suis pas la seule.
Anthony : Non, c'est clair. Une grosse majorité des photographes ont beaucoup de mal avec ça. Ce que je comprends, au final, surtout qu'on se met souvent dans la tête des clients, qui sont habitués justement à acheter eux-mêmes et qui se disent : « Oui, maintenant, un album photo, je peux l'imprimer moi-même sur tel site, ça va me coûter 50 euros. » Mais ils ne se rendent pas compte de la différence de qualité. Et ça, il n'y a rien à faire : c'est seulement quand ils l'ont dans leurs propres mains qu'ils se rendent compte de la vraie valeur du produit.
Mais pour ça, il faut arriver à le leur mettre en main, et arriver un petit peu à les convaincre. Il y avait un épisode, le premier ou le deuxième, je ne sais plus, avec Bernard Audry. Pour ceux qui ne l'ont pas écouté, je le conseille vivement, parce que je crois qu'il avait parlé de pas mal de bonnes stratégies pour se mettre à vendre ses produits. Donc à écouter et réécouter.
Amélie : Oui, c'est facile quand il le raconte.
Anthony : Oui, exactement. Ça a l'air facile, et on sent qu'il a l'expérience, qu'il est rodé, qu'il le fait tout seul et qu'il ne doit plus réfléchir, ça se fait automatiquement.
Amélie : Mais c'est vraiment ça : on doit savoir tout faire. On doit être bon en technique, en relationnel, en webmaster, en marketing relationnel. C'est vrai que ce n'est pas évident pour tout le monde, en fait.
Anthony : C'est clair.
Amélie : Il y a des gens qui sont bons vendeurs et qui font des moins beaux sites web. On a tous un peu nos spécialités et notre expertise de notre vie d'avant.
Ce qui marche sur LinkedIn
Anthony : C'est ça. Et justement, en parlant de ça, d'apprentissage : tu l'as dit, tu travailles avec LinkedIn. Tu publies donc deux à trois fois par semaine des contenus pour motiver les gens, finalement, leur faire se rendre compte qu'eux aussi, ils sont photogéniques et peuvent venir faire des photos chez toi.
LinkedIn, en tant que tel, en tant que réseau social, est-ce que tu as des conseils à donner ? Est-ce que tu as remarqué, à force de l'utiliser, qu'il y a des stratégies, des techniques qui marchent bien ? Moi, je sais par exemple que LinkedIn, c'est encore un des seuls réseaux sociaux sur lesquels tu peux avoir une portée organique. C'est-à-dire que quand quelqu'un va commenter par exemple ton statut, ça va t'ouvrir à son réseau : toutes les personnes qui le suivent, qui l'ont en contact, vont voir le commentaire sur ton post.
Contrairement à Facebook, Instagram, etc., où tu dois toujours payer pour être visible, faire de la pub et autres, ici, tu peux vraiment, en créant régulièrement du contenu, avoir des followers sur LinkedIn, des gens qui vont t'ajouter, et étendre progressivement la portée de tes posts. Est-ce que c'est quelque chose que tu as remarqué ? Je suppose que oui, si tu continues à publier.
Amélie : Et ce que je fais, c'est que je ne dis jamais « venez faire des séances photo au studio ». En fait, je n'essaye jamais de vendre sur LinkedIn. J'essaye de donner envie, avec par exemple des articles un peu, je ne sais pas si je peux utiliser le mot ici : « Êtes-vous photogénique ? »
Anthony : Si, c'est très bien.
Amélie : Je n'ai pas d'autres mots pour le dire. Mais le « Êtes-vous photogénique ? », tu peux être sûr que les gens vont cliquer. En fait, j'étais dans le web avant, dans le contenu web. Donc je sais aussi que, par exemple, un article sur le web, il y a des façons d'aborder les choses, avec des paragraphes, des choses comme ça.
Et j'essaye de varier sans arrêt ma communication sur LinkedIn. J'ai fait des jeux concours : j'en ai fait un avant Noël, je crois qu'il y a eu 28 000 vues sur mon post. Et forcément, il y a une seule personne qui a gagné, et j'ai eu beaucoup de demandes de portraits derrière, de gens qui me disaient : « J'ai découvert votre travail, je n'ai pas gagné, mais super, je veux venir. »
J'essaye de mettre en avant, de poster des portraits des gens qui sont venus au studio, pour les remercier. Je montre leurs photos d'avant sur LinkedIn et leurs photos d'après avec moi. Et du coup, les gens qui les connaissent dans leur réseau vont commenter. En fait, l'idée, c'est vraiment d'aller chercher le réseau de mes clients, le réseau de mon réseau.
Et je te disais, moi, j'étais dans les assurances, donc j'ai beaucoup de gens dans mon réseau qui sont dans les assurances. J'en ai quelques-uns qui viennent au studio, et du coup, les autres des assurances le voient. Pareil pour mon mari, qui est dans la pub. La pub, c'est un très grand réseau et en même temps, c'est un tout petit réseau, tout le monde se connaît. Donc il suffit que j'en aie eu quelques-uns qui sont un peu haut placés dans des grosses agences de pub pour que ça fasse boule de neige et que... Après, c'est lié à ma vie d'avant, d'avoir beaucoup de réseau. Donc je pense que ça a beaucoup joué dans le corpo. Et sûrement aussi la singularité de mes portraits.
Le fond noir en couleur, sa signature
En fait, je ne sais pas si tu as été voir un petit peu mes photos. Je fais des photos sur fond noir en couleur, c'est ma photo signature. Je fais bien évidemment du blanc, du gris. Mais en fait, avant que je le fasse (il y a beaucoup de gens qui le font), il y avait beaucoup de photographes qui pensaient que fond noir, c'est noir et blanc, à la Harcourt. Et moi, je me suis dit : « Non, non, moi, je veux faire du fond noir en couleur. »
Il y a plein de gens qui m'ont dit : « Oui, mais non, normalement, le noir, c'est noir et blanc. » J'ai même eu un photographe en formation à l'EMI qui m'a dit : « Ce n'est pas comme ça qu'on éclaire son fond, il ne faut pas faire comme ça. » Je lui ai dit : « Écoute, j'entends ce que tu dis, je n'ai peut-être pas la manière conventionnelle, mais moi, c'est comme ça que je fais, et c'est pour ça que les gens viennent me voir. »
Donc un conseil que je peux donner aussi aux photographes, c'est : oui, il y a les règles, le triangle, mais c'est aussi s'écouter sur sa façon de faire. Parce que plus on sera vrai avec ce qu'on fait, et plus on attirera les clients. Ce que je te disais tout à l'heure, c'est que j'ai essayé de faire du newborn posé, et en fait ça ne me convient pas du tout : c'est lent, il faut être patient. Et je me suis dit : je vais faire des photos qui ne me ressemblent pas, qui ne me plaisent pas, et le client, il va le sentir, et moi aussi.
On fait un métier de plaisir, il faut vraiment prendre du plaisir dans ce qu'on fait, et je pense que c'est comme ça qu'on attire des gens. Il n'y a pas que ça, bien évidemment, mais c'est vraiment 50 % du business, je pense. Je ne sais pas si les autres le ressentent comme moi, mais même les jours où j'arrive en séance un peu fatiguée, le client arrive et hop, la magie opère et je suis partie. On est connectés, on met un peu de musique et je m'amuse, en fait, chaque jour. Et ça, ça n'a pas de prix.
Droit à l'image et publication des portraits
Anthony : C'est le principal, c'est clair. C'est vraiment un métier de passion. Tu as mentionné que tu publiais par exemple sur LinkedIn des avant-après, le résultat de la séance photo. Est-ce que dans le corpo, tu as beaucoup plus facilement les droits à l'image, pour pouvoir publier pour ton autopromotion, qu'en famille évidemment ?
Amélie : C'est rare que les gens disent non. Après, il y a des gens qui ne veulent pas, ou qui ne veulent pas être sur Instagram, donc je le respecte. Mais la plupart du temps, les gens sont OK et sont tellement fiers. Il y en a qui me disent : « Mais tu n'as pas encore publié ma photo ! » Et je suis embêtée, parce que je ne publie pas tout le monde, parce que c'est aussi en fonction des clients que je veux attirer.
Il y a des gens qui me disent : « Tu publies beaucoup de femmes. » Et je dis : « Mais parce que j'ai 90 % de femmes. » Et en vrai, c'est ma spécialité, et c'est ce que je préfère aussi, parce qu'il y a une connexion, il y a quelque chose, il y a une vibration, il y a un miroir, comme si on se reconnaissait.
Je ne dis pas que les hommes ne sont pas chouettes à prendre en photo, mais souvent ils viennent en me disant : « Bon, il me faut une photo », un peu comme « il faut que j'aille chez le coiffeur ». Enfin, ça ne les passionne pas. Ils ne sont pas tous comme ça, mais c'est un peu comme mon mari, qui me dit : « Bon, on va faire une séance famille », et après il me dit qu'il est content du résultat. Mais l'idée d'aller à la séance photo ne le passionne pas.
Il me dit : « Bon, marié à une photographe, en plus, on va faire une séance photo ! » Je dis : « Sinon, je ne suis jamais sur les photos, c'est hyper important. » Je dis : « On dirait un père célibataire avec sa fille, ça ne marche pas, ce n'est pas possible. »
Non, vraiment, les gens sont contents en général, ils sont assez fiers d'être publiés. Et c'est vrai que contrairement aux familles, où les gens ne veulent pas forcément montrer leur enfant, je n'ai pas trop de problèmes pour publier, à part... Demain, je vais dans un grand cabinet d'avocats : en général, ils ne veulent pas, parce qu'ils ne veulent pas que leur image soit associée ou soit publiée n'importe comment. Ce que je peux comprendre, par rapport à leur profession et l'image de marque qu'ils ont, surtout quand ce sont des gros cabinets anglais ou américains qui ont une charte très précise et très rigide.
LinkedIn, un réseau sous-exploité
Anthony : C'est ça. Et par contre, c'est vraiment un moyen génial pour toi de faire ta promo. Parce que quand tu publies quelqu'un sur LinkedIn, tu vas pouvoir le taguer. Avec un peu de chance, il va commenter, il va liker, il va de nouveau ouvrir tes publications à son réseau, il va te faire découvrir par ses contacts. Donc c'est vraiment de l'or en barre.
Je pense que sur LinkedIn, il y a vraiment de vraies opportunités. Ce qui est génial, c'est que la plupart des gens voient LinkedIn comme un réseau un peu austère. Ils se disent : « C'est quoi ce réseau ? Par rapport à Facebook et par rapport à Insta, ça ne bouge pas, ça paraît trop calme, ça paraît trop corpo justement. » Donc on ne sait pas ce qu'on peut dire, on ose moins dire et écrire.
Mais au final, c'est justement la force de LinkedIn. Aujourd'hui, il y a énormément de gens sur LinkedIn, mais ils sont tous là en tant que spectateurs. Il y a très peu de créateurs de contenu comme toi, des gens qui vont vraiment publier une fois, deux fois, trois fois par semaine. Et la chance, elle est là : quelqu'un comme toi qui se dit « voilà, moi je publie toutes les semaines, deux fois, trois fois », tu crées une habitude, tu crées un réseau, et à chaque fois ça s'auto-nourrit, j'ai envie de dire. Et là, tu as vraiment de super résultats.
Amélie : Les gens ont un peu l'impression de me connaître. Alors je ne suis pas très à l'aise pour me mettre en avant, je sais que c'est hyper important et que les gens adorent ça. L'autre jour, j'ai fait une petite vidéo de backstage en live du studio, pour dire coucou, « j'attends mes séances du jour », et les gens adorent ça. Donc c'est vrai qu'il faudrait que je le fasse plus. Je trouve ça un peu égocentrique, mais en fait c'est ça que les gens adorent voir aussi : l'autre côté du miroir.
Anthony : Et du coup, les gens ont l'impression de te connaître.
Amélie : Moi, je publie... J'essaie d'être, enfin non, je n'essaie pas : je suis assez authentique dans ce que je dis, et je ne me cache pas, dans mon parcours, dans ce que je suis. Et je pense que les gens aiment ça, parce qu'il y a beaucoup de faux aussi sur LinkedIn.
Publier des bébés sur LinkedIn
Et tu sais que j'ai commencé sur LinkedIn par publier des séances famille, en me disant : on va être un peu disruptif. Tout le monde voit toute la journée des photos pro un peu rébarbatives, eh bien je vais publier des beaux petits bébés sur LinkedIn. Et c'est comme ça que les gens ont commencé à me suivre. Donc je me suis dit que c'était amusant d'essayer ça. En plus, sur LinkedIn, tu peux tester plein de choses : ça marche, ça ne marche pas. Et quand tu poses des questions aux gens, souvent ils répondent, et c'est là que ça fait un peu le buzz et que ça fait de la visibilité.
Anthony : C'est ça qui est génial avec LinkedIn, effectivement. Une publication, tu vas pouvoir la publier, et même si tu es un peu hésitant, si tu as des doutes sur ton contenu, ou même si tu es un peu gêné de ce que tu publies (parce que, comme tu dis, c'est une vidéo et tu n'as pas l'habitude, etc.), finalement, ça a une durée de vie très limitée. Parce qu'après, sur LinkedIn, tu vas avoir des vues et des commentaires peut-être pendant une semaine, et puis après plus personne ne la verra passer. Elle n'est pas listée sur ton profil comme sur Facebook et sur Instagram. Donc ça peut vraiment être un bon bac à sable, justement, pour tester des idées et voir un peu ce qui marche, ce qui ne marche pas.
Justement, tu as dit la vidéo : la vidéo sur LinkedIn, c'est quelque chose qui marche très, très bien. Et je trouve que, quand tu as dit les photos de famille sur LinkedIn, au final, ça peut être une très bonne idée pour un photographe famille qui veut se différencier et se dire : « Voilà, moi je vais toucher une autre clientèle, je vais aller faire ma promo sur LinkedIn. » Parce qu'il ne faut pas croire : sur LinkedIn, il y a des mamans, il y a des papas, ils vont voir passer ça dans le réseau et ça va les intéresser aussi. Et ça va changer des concurrents qui font Insta et Facebook uniquement.
Amélie : Donc il ne faut pas... C'est souvent, sur LinkedIn, des gens qui ont à peu près entre 30 et 40 ans, c'est souvent des gens qui ont des postes de cadre. Enfin tu vois, je pense qu'un employé (ce n'est pas du tout dévalorisant, ce que je dis), ou même un étudiant, n'est pas forcément sur LinkedIn. Enfin, je pense que dans le cœur de cible, ça dépend de ton positionnement, mais pour moi c'est hyper intéressant.
C'est comme ça : je me suis dit, effectivement, il y a des mamans, il y a d'anciennes collègues à moi, allons-y, publions des bébés, des familles, et voyons. Tu ne prends pas beaucoup de risques sur LinkedIn. Enfin, moi, j'essaie vraiment de m'amuser. Là, j'ai encore plein d'idées de posts différents, et je me les note pour ne pas oublier. J'essaie d'animer ma page en étant toujours un peu surprenante. Enfin, je n'invente pas des choses, mais...
Et je vois d'autres photographes portraitistes, comme Luc Camberlin, qui fait des trucs hyper sympas, qui raconte un peu le métier de ses clients. Et c'est vrai que c'est passionnant : les gens, dans le corpo, te racontent leur métier. Un jour, j'ai eu un tailleur de bonsaïs, je ne savais même pas que c'était un métier. Génial ! Tous les jours, je découvre des métiers que je ne connaissais pas.
Anthony : Tu n'as jamais vu Karaté Kid ? Tu es de la génération... Tu as 40 ans, tu n'as pas vu Karaté Kid à l'époque ?
Amélie : Karaté Kid ? Il taillait des bonsaïs ?
Anthony : Il taillait des bonsaïs. Pour ceux qui connaissent, il y avait monsieur Miyagi, qui était le sensei du jeune Karaté Kid, et il taillait des bonsaïs.
La rencontre, moteur du portrait
Amélie : En vrai, ma passion de la photo, c'est les gens. La photo, demain, je trouverais un autre métier pour rencontrer des gens. Et c'est vrai que pendant les périodes de confinement, ça me sauve. Heureusement que je suis photographe, parce que je rencontre des gens tous les jours, et ça permet d'avoir du lien, des rencontres, et c'est vraiment chouette.
Chaque séance est un défi. Chaque séance, c'est une espèce de petite excitation, un peu comme un comédien qui va rentrer sur scène. Parce qu'au début, pourquoi je ne faisais pas de portrait, de corporate ? C'est que tu es face à face avec ton client, et que si tu n'es pas à l'aise et que ça se voit, le mettre à l'aise, c'est hyper difficile.
Je pense que c'est difficile. Je ne sais pas s'il y a des photographes qui commencent par le portrait vraiment pur, je ne suis pas sûre, dans les carrières de photographe. Et je pense que pour arriver à faire du portrait en étant confiant et en mettant en confiance, il faut que tu aies un petit peu d'expérience et de background. Ça, ce n'est pas du jour au lendemain, c'est sûr, à mon avis.
Anecdote : le book pour une agence de mannequins
Petite anecdote (je suis un peu pipelette) : un des premiers portraits que j'ai faits, c'était un copain d'un cousin. Il me dit qu'il veut faire un book pour rentrer à l'agence Elite. Un grand brun, les yeux verts, musclé, vraiment pas mon genre, mais vraiment hyper beau gosse. Et en fait, je commence à le prendre en photo, je regarde sur le dos de mon appareil, et là je me dis : « Mais il est beau, et je le rends moche en photo ! Mais ce n'est pas possible ! »
Et c'est là où je te dis que la photogénie n'est pas qu'une question de beauté purement physique : c'est que je ne le cadrais pas du tout comme il fallait. Donc quelqu'un qui est hyper beau, tu peux mettre en valeur tous ses défauts, et quelqu'un qui est moins dans la beauté classique, tu peux vraiment le valoriser. Et c'est vraiment ça, le défi de chaque séance photo, c'est comme un jeu. Je vois la beauté dans chaque personne, et c'est vraiment ça, mon moteur tous les jours.
Anthony : Eh bien écoute, c'est top. En tout cas, tu m'as amené une perspective différente, que je ne connaissais pas, du métier de photographe. Et comme tu le racontes, effectivement, ça a l'air passionnant.
Amélie : Moi, je trouve ça super.
Fotostudio, rappels par SMS et conclusion
Anthony : Moi, je pense que c'est très chouette. Merci beaucoup de m'avoir consacré ce temps pour cet épisode. Et je ne sais pas si tu as un dernier mot que tu voulais rajouter avant la fin, peut-être, ou bien c'est bon comme ça ?
Amélie : Comme ça, en clôture, je voulais te remercier pour tout ce que tu fais pour les photographes, parce que vraiment, Fotostudio, ça a changé ma vie. Et je ne le dis pas qu'à toi, je le dis tous les jours. Tous les jours, mon mari me dit : « Mais c'est fou, cet outil. » Parce qu'avant, je passais un temps fou à chercher qui m'avait fait des virements. Et moi, en plus, j'ai horreur de ça, la gestion administrative. Donc vraiment, ça me soulage. Et là, j'ai vu que les SMS arrivaient, donc je ne vais rien dire, c'est génial.
Anthony : Il y a plein de choses qui arrivent. D'ailleurs, quand le podcast sortira, ça sera sorti, normalement.
Amélie : Ça, peut-être, envoyer nos petits textos aux clients, parce que ça, ça me prend encore du temps, d'envoyer la petite relance pour leur dire « vous avez bien rendez-vous demain ». Je tiens à ce que les gens aient bien rendez-vous et qu'on ne se soit pas trompés. Et là, de l'automatiser, ça va être super.
Anthony : Voilà, dans le workflow, et puis c'est parti, on n'y pense plus.
Amélie : Merci beaucoup Anthony.
Anthony : Merci beaucoup à toi.
Amélie : J'espère que j'ai donné envie aux gens de faire du corpo.
Anthony : Voilà. Merci, à bientôt.
Amélie : Salut, au revoir.
Anthony : Voilà, c'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il vous a plu. Pensez à vous abonner et surtout, n'hésitez pas à donner votre avis sur le groupe Facebook Fotostudio, sur groupe.fotostudio.io. Merci, et à la semaine prochaine.
Moins d'administratif, plus de temps pour vos clients
Réservations, contrats, factures, galeries : plus de 3 000 photographes francophones utilisent Fotostudio pour gérer leur activité au quotidien.
Essayer gratuitementAucune carte bancaire requise • 2 mois d'essai gratuit