Catherine et Yann Faucher travaillent ensemble depuis près de 20 ans au Studio Faucher, en Ille-et-Vilaine. Lui fait les photos, elle accompagne les clients et mène les ventes. Ils racontent comment un couple de photographes se répartit les rôles, reste rentable à deux et vend des livres et des tableaux plutôt que des fichiers.

🎧 Podcast Fotostudio #031 ⏱ 57 min 📸 Invités : Catherine et Yann Faucher 🎙 Animé par Anthony Heukmes

En résumé :

Pour Catherine et Yann Faucher, un couple de photographes qui fonctionne repose sur quelques principes simples :

• Un rôle clair pour chacun : Yann fait les prises de vue, Catherine gère le contact client, l'administratif, une partie de la post-production et toutes les ventes

• Des prix calculés, jamais cassés : charges, temps passé, salaire visé, puis le panier moyen nécessaire pour y arriver

• Des supports, pas de fichiers : depuis 2015, ils ne vendent aux particuliers que des livres, des tableaux et des tirages

• Une séance de visionnage au studio : diaporama sur grand écran, choix des images avec le client, une émotion qu'une galerie en ligne ne remplace pas

• Se former et se remettre en question : formations chaque année et concours (Portraitiste de France Excellence Major en 2017) pour garder le plaisir après 20 ans

Travailler avec son conjoint, beaucoup de photographes en rêvent, et beaucoup le redoutent. Catherine et Yann Faucher le font depuis près de 20 ans. Yann a ouvert son studio à 20 ans ; Catherine l'a rejoint quelques années plus tard, « par amour », et n'en est jamais repartie. Ensemble, ils photographient des mariages, des grossesses, des nouveau-nés, des familles et des entreprises, et ils ont bâti leur modèle sur la vente de produits plutôt que de fichiers numériques.

Au micro d'Anthony Heukmes, fondateur de Fotostudio, ils expliquent comment ils se répartissent le travail sans se marcher dessus, comment ils restent rentables alors qu'ils sont deux sur chaque client, comment se déroule leur séance de visionnage et pourquoi les concours photo ont changé leur carrière. Un épisode utile à tout couple de photographes, mais aussi à tout photographe qui hésite à proposer des tirages et des albums.

Qui sont Catherine et Yann Faucher ?

Catherine et Yann Faucher forment un couple de photographes installé en Ille-et-Vilaine, près de Rennes. Au moment de l'enregistrement, au printemps 2021, leur studio se trouve à Janzé, une petite ville d'environ 10 000 habitants, où ils travaillent depuis 22 ans.

  • Yann a ouvert son studio à 20 ans. Il réalise toutes les prises de vue : les séances couple et les reportages de mariage, les séances en studio (maternité, bébé, famille) et la photo professionnelle (portraits corporate, packshots, reportages en entreprise).
  • Catherine l'a rejoint il y a 18 ans, après plusieurs métiers sans lien avec la photo (entreprise du bâtiment, garage automobile, tribunal de commerce de Rennes). Elle gère tout le contact client, au téléphone comme par mail, l'administratif, une partie de la post-production, les ventes et la livraison. Elle couvre aussi des reportages de mariage et assiste Yann sur les séances de nouveau-nés et de jeunes enfants.
  • Leurs distinctions : le titre de Portraitiste de France, avec la mention Honneur en 2015 puis Excellence Major en 2017 (classés premiers), une qualification QEP mariage de la FEP (Fédération européenne des photographes), et une sélection en équipe de France pour la Coupe du monde de la photographie, catégorie mariage.

Aujourd'hui, selon leur site studiofaucher.com, le Studio Faucher est installé à Châteaugiron, à une dizaine de minutes de Rennes. Ils y proposent des séances grossesse, nouveau-né, famille (au studio ou en extérieur, avec ou sans animaux), des portraits professionnels et des reportages d'entreprise, du reportage de mariage en Bretagne et en destination wedding, ainsi que des photos d'identité, des tirages, de la restauration et de la numérisation de photos et de vidéos. Ils donnent aussi des formations individuelles en photographie.

1. Comment travailler en couple quand on est photographes ?

Leur réponse tient en une idée : chacun son rôle. Yann est derrière l'appareil ; Catherine s'occupe de tout ce qui entoure la séance. Le jour d'une séance bébé, elle accueille la famille, la prépare, la monte au studio, puis Yann arrive pour les photos. Sur une séance d'enfant de 1 à 3 ans, il se concentre sur les images pendant qu'elle fait sourire et détend l'enfant.

« Le fait d'avoir chacun ses tâches fait qu'il n'y a pas de compétition. »

Yann Faucher

Pas de compétition, deux bureaux

Yann voit là la différence avec les couples où les deux conjoints sont photographes au même poste : s'ils font les mêmes photos, la comparaison s'installe vite (« t'as vendu plus »). Chez eux, rien de tel. Ils ont deux bureaux séparés, et chacun respecte le terrain de l'autre : Yann n'entre pas dans la salle de projection quand Catherine est avec des clients, et Catherine ne l'appelle pas pendant qu'il est en séance couple avec des mariés. L'été, quand il part photographier des couples à la mer, chacun respire un peu.

Se former ensemble pour penser pareil

Autre clé : ils suivent les mêmes formations, des dizaines au fil des années, en prise de vue comme en gestion. C'est ce qui permet à Yann de confier sa post-production à Catherine : elle raisonne comme lui. Et si l'un tombe malade, l'autre peut le remplacer. Pour Yann, ce n'est d'ailleurs pas une question de couple : un photographe qui embauche un ou une salariée doit viser exactement le même fonctionnement, avec des rôles clairs et une vision commune. C'est aussi ce que racontent Gardères & Dohmen, duo de photographes de mariage, dans un autre épisode du podcast.

À retenir : un couple de photographes fonctionne quand les rôles sont séparés (prise de vue d'un côté, relation client et vente de l'autre) et quand les deux partagent la même vision, grâce à des formations suivies ensemble.

2. Comment garder le plaisir après 20 ans de métier ?

Anthony pose la question franchement : après deux décennies, la lassitude ne guette-t-elle pas ? Pour Yann, rien n'a vraiment changé, et il l'explique d'abord par la capacité à dire non. À ses débuts, il voulait tout faire : mode, publicité, tout. Il a vite compris qu'il n'était pas bon partout. Depuis, tous les un ou deux ans, le couple suit un cycle de formations pour ajouter une corde à son arc, en allant chercher les meilleurs photographes de chaque domaine. Au moment de l'épisode, c'est la photo de voitures anciennes en studio.

« Il faut sans cesse être curieux, se renouveler pour ne pas se lasser. »

Catherine Faucher

Se renouveler pour des clients fidèles

Leur clientèle revient tous les ans ou tous les deux ans. Le défi, c'est de lui proposer à chaque fois quelque chose de différent. Chacun cherche de son côté (Instagram, Facebook, tendances), puis ils décident ensemble. Catherine cite l'exemple de la maternité : il y a quelques années, ils ont investi dans des robes de grossesse, mais pour des images fidèles à leur style, sans copier les collègues spécialisées.

Plusieurs facettes plutôt qu'une spécialisation

On leur a souvent conseillé de se spécialiser, « comme aux États-Unis ». Ils ont choisi l'inverse. Yann attend avec impatience la saison des mariages, puis il est content de retrouver les séances famille à l'automne. Sur une même semaine, il peut faire un mariage, un nouveau-né et une grande séance famille multigénérationnelle le dimanche. C'est cette variété qui, selon lui, évite de s'user.

À retenir : pour ne pas se lasser, Catherine et Yann misent sur trois leviers : se former régulièrement, savoir refuser ce qu'on fait mal, et garder plusieurs types de séances pour varier les semaines.

3. Comment être rentable quand on est deux sur chaque séance ?

C'est l'objection qu'Anthony anticipe chez beaucoup d'auditeurs : « J'ai déjà du mal à me payer seul, et eux sont deux sur le même client. » Yann liste les étapes, dans l'ordre : trouver ce qu'on aime photographier, déterminer ses charges (deux salaires et un studio, dans leur cas), puis connaître ses clients. Chez eux, le bouche à oreille reste la meilleure publicité.

Un prix calculé, pas un prix au feeling

Catherine insiste sur le calcul. Ils l'ont appris avec PhotoCoach (avec André Amyot, puis Marie-Astrid Dagas) : toute entreprise doit être rentable. Pour chaque type de séance, ils savent combien de temps ils vont y passer. Ils en déduisent le panier moyen nécessaire pour payer toutes les charges et se verser un salaire correct, puis le nombre de clients à aller chercher. S'il en manque, c'est le moment de faire de la communication, du marketing ou des partenariats. Pour faire ce calcul vous-même, un calculateur de prix pour photographe donne une première base à partir de vos charges et de vos objectifs.

« Tout est calculé. On fait une séance photo, on sait qu'on va y passer tant de temps. »

Catherine Faucher

Ne jamais casser les prix

Le conseil de Catherine aux débutants est net : ne cherchez pas à être moins cher que votre voisin. Vous attireriez une clientèle qui ne vient que pour le prix. Le jour où vous devrez augmenter vos tarifs pour en vivre, vous la perdrez entièrement, car « il y aura toujours moins cher que moins cher ». Samuel Malarik, qui a formé le couple à la vente en studio, développe la même logique dans son épisode sur la rentabilité du photographe.

À retenir : la rentabilité d'un couple de photographes ne tient pas au nombre de séances mais au panier moyen. Partez de vos charges et du salaire visé, calculez le panier nécessaire, et ne baissez pas vos prix pour attirer du monde.

4. Pourquoi ne plus vendre de fichiers numériques ?

Pour les particuliers, le Studio Faucher ne vend que des supports : livres, tableaux, tirages encadrés. Les fichiers restent réservés aux clients professionnels. Ce choix date de 2015. Cette année-là, sur les conseils de Samuel Malarik, ils partent au salon WPPI à Las Vegas et assistent aux conférences sur le mariage. Ils y voient des mariés américains qui achètent un livre et se moquent des fichiers. De retour en France, ils décident : plus de fichiers.

Côté mariage : un livre plutôt qu'une clé USB

Les premiers temps, les couples réclamaient encore les fichiers en citant des confrères qui ne vendaient que ça. Le couple a alors travaillé ses produits : des livres de qualité qu'on ne trouve pas sur Internet, avec plexi, bois ou vrai cuir. Résultat, selon Yann : 90 % des mariés qui les contactent ne demandent plus jamais les fichiers. Ils viennent chercher un bel album à garder et à partager en famille. C'est un argument fort pour un photographe de mariage qui veut sortir de la concurrence sur le prix du fichier.

Côté portrait : être clair dès le premier contact

Catherine annonce la couleur dès la demande de renseignement : chez eux, on repart avec des tableaux, des livres ou des photos encadrées. La galerie du studio n'expose que des tableaux et ne propose que des livres à feuilleter. Le site le dit aussi. Elle ne fait pas venir quelqu'un en séance s'il s'attend à recevoir ses fichiers : aucune ambiguïté, donc aucune déception.

« Un client qui ne veut que des fichiers, ce n'est pas notre client. »

Yann Faucher

Être convaincu soi-même

Pour Yann, tout part de là : être convaincu de ce qu'on vend, et savoir orienter vers un confrère le client qui ne veut que des fichiers. Anthony le confirme d'après ce qu'il entend chez les utilisateurs de Fotostudio : beaucoup de photographes veulent vendre des produits mais n'osent pas refuser les fichiers. Leur discours reste « entre deux eaux », et la vente ne prend pas.

À retenir : refuser de vendre des fichiers ne fonctionne que si votre offre est cohérente partout (site, premier échange, studio) et si vos produits ont une vraie valeur que le client ne peut pas obtenir seul.

5. Comment se passe une séance de visionnage et de vente ?

Après la séance, les clients reviennent au studio pour découvrir leurs photos. Catherine les accueille dans sa salle de projection : diaporama en musique sur grand écran, puis choix des images avec eux dans le logiciel ProSelect. Yann passe juste dire bonjour et vérifier que les photos plaisent, puis il s'éclipse. « Moi, faire une vente, ce n'est pas mon truc », dit-il en riant : il offrirait tout à tout le monde.

« Quand j'ai rallumé la lumière après le diaporama musical et que j'ai vu mes mariés en train de pleurer dans le canapé, je me suis dit : mais c'est juste incroyable. »

Catherine Faucher

« Jamais personne ne va vouloir revenir »

C'est ce qu'ils pensaient quand Samuel Malarik leur a présenté la vente en studio. En réalité, tout le monde revient, même avec une zone de chalandise d'une heure trente de route. Des couples installés à Paris dont ils ont fait le mariage refont plusieurs allers-retours pour une grossesse, puis un bébé. La boîte de mouchoirs est toujours sur la table basse.

Pour Catherine, envoyer simplement une galerie en ligne laisserait « comme un goût d'inachevé ». À la maison, les clients repoussent la découverte au lendemain, puis au surlendemain. Au studio, le photographe vit le moment avec eux. Si vous voulez mettre en place ce type de rendez-vous, une séance de visionnage bien préparée permet de présenter les images, de laisser le client choisir et de proposer les produits au même endroit.

Et si le client n'achète pas ?

C'est la grande peur des photographes : préparer un diaporama pour rien. Yann reconnaît que cela arrive, rarement. Dans ce cas, ils ne blâment pas le client : ils se disent qu'ils ont mal expliqué leur fonctionnement au départ. Catherine ajoute que ce n'est pas grave : le client reviendra peut-être dans un, deux ou trois ans pour autre chose. Et la plupart savent en arrivant avec quoi ils vont repartir : une collection de tableaux, un livre, ou les deux.

À retenir : la séance de visionnage n'est pas un moment de pression commerciale mais la suite de l'expérience. Bien préparée en amont, elle se transforme presque toujours en vente, et la personne qui la mène doit aimer ce moment.

6. Comment garder ses clients pendant des années ?

Le Studio Faucher suit certaines familles depuis plus de dix ans. Le record : une famille photographiée quatre fois par an depuis 12 ans, à chaque anniversaire des enfants et à Noël. Sur les mariages, Yann passe parfois plus de temps à faire la bise à d'anciens mariés présents parmi les invités qu'à se présenter. Tous les appellent par leur prénom.

Pendant la crise sanitaire, ces liens ont pesé lourd : des clients les ont appelés pour savoir comment ils allaient faire sans mariages, puis ont profité des samedis libérés pour réserver une séance famille sans cesse repoussée ou fêter leurs 10 ans de mariage. Pour entretenir ce lien sans y passer vos soirées, un CRM pour photographe garde l'historique de chaque famille et de chaque séance.

À deux, même à l'étranger

Quand une séance couple a lieu hors de Bretagne (Écosse, Islande, Corse, et Prague au programme), Yann annonce simplement aux mariés que Catherine vient aussi. Les mariés paient pourtant billets, chambres et repas. Aucun n'a jamais refusé : pour eux, le studio, ce sont les deux.

À retenir : la fidélité se construit sur la relation, pas sur les promotions. Des mariés deviennent des parents, puis des familles qui reviennent chaque année si l'expérience a été marquante.

7. Et si vous travaillez seul ?

Anthony se met à la place du photographe seul, qui doit déjà tout gérer : prises de vue, communication, administratif, et maintenant la vente de produits. Yann répète que les photographes qui travaillent seuls « ont plus de mérite » qu'eux. Mais Catherine nuance : beaucoup de leurs amis photographes travaillent seuls et réussissent très bien, à condition de bien se structurer et de ne pas tout mélanger.

Elle cite le photographe Martin Morel, qui enfile une veste quand il passe en mode vendeur : une façon de séparer clairement les deux casquettes. Ensuite, trois leviers : la formation (une photo réussie à la prise de vue évite des heures de retouche), de bons partenaires de fabrication pour ne jamais avoir de mauvaise surprise sur les livres et les tableaux, et des outils qui font gagner du temps sur la paperasse. Catherine cite Fotostudio comme CRM et pour les relances par mail, que les workflows automatisés envoient au bon moment sans y penser.

À retenir : seul, le modèle de vente en studio reste possible, mais il demande de séparer nettement le temps de photographe et le temps de vendeur, et de déléguer tout ce qui peut l'être à des partenaires et à des outils.

8. Pourquoi participer à des concours photo ?

Le parcours du couple en concours commence par un échec. En 2013, ils tentent le titre de Portraitiste de France et ne l'obtiennent pas. Yann le vit comme une grosse remise en question : ils travaillent bien, mais ne sont pas reconnus par leurs pairs. Il dresse alors la liste des dix photographes français qu'il admire le plus, et ils se forment auprès d'eux, année après année. La suite : Honneur en 2015, puis Excellence Major en 2017, où ils finissent premiers.

« C'est un bon challenge, ça remet en question son travail. Une critique, il faut l'accepter. »

Catherine Faucher

Ce que les concours apportent

  • Savoir où l'on en est : le Portraitiste de France se juge sur tirages, avec des critères de lumière, de qualité de tirage et de gestuelle.
  • Se remettre en question : quand ils ne gagnent rien, ils analysent ce qui a manqué face aux « petits jeunes » plus tendance.
  • Ouvrir des portes : formations sur le mariage, partenariat avec Dreambooks Pro, rencontres avec des photographes de toute l'Europe.
  • Communiquer autrement : une demi-page en couleur dans Ouest-France, des clients qui poussent la porte en criant « Champions du monde ! ».

Le revers : paraître inaccessible

Catherine met en garde : à force de prix, certains clients imaginent que les tarifs vont grimper à chaque titre. Les leurs n'ont pas bougé depuis longtemps, mais il faut trouver le juste milieu. Au moment de l'épisode, ils avaient d'ailleurs levé le pied sur le Portraitiste de France et préparaient une formation sur un autre sujet : comment gérer un studio à deux, avec du mariage et du portrait, et qui fait quoi.

À retenir : un concours photo est d'abord un outil de progression. La reconnaissance des pairs et la visibilité dans la presse viennent ensuite, et peuvent rassurer les clients autant que les intimider.

Épisode enregistré au printemps 2021, pendant la crise sanitaire. Le studio se trouvait alors à Janzé ; il est aujourd'hui installé à Châteaugiron. Les projets de formation et de voyages évoqués concernent cette période.

Les erreurs à éviter quand on travaille en couple de photographes

D'après l'expérience de Catherine et Yann Faucher :

✗ Faire tous les deux le même travail, au risque de se comparer et de se mettre en compétition.

✗ Empiéter sur le terrain de l'autre : ne pas interrompre une vente ou une séance couple.

✗ Fixer ses prix au feeling au lieu de partir de ses charges, du temps passé et du salaire visé.

✗ Casser les prix pour attirer des clients qui partiront chez moins cher.

✗ Laisser planer le doute sur les fichiers : votre offre doit être claire sur le site, au premier contact et au studio.

✗ Confier la vente à celui qui n'aime pas vendre.

✗ Arrêter de se former : c'est le plus sûr chemin vers la lassitude.

FAQ : couple de photographes

Comment travailler en couple quand on est photographes ?

En séparant clairement les rôles. Au Studio Faucher, Yann fait toutes les prises de vue et Catherine gère le contact client, l'administratif, une partie de la retouche et les ventes. Chacun respecte le terrain de l'autre, ils ont deux bureaux séparés et suivent les mêmes formations pour partager la même vision.

Comment un photographe peut-il être rentable ?

En calculant ses prix plutôt qu'en les copiant sur la concurrence. Catherine et Yann Faucher partent de leurs charges et du salaire visé, estiment le temps passé par séance, puis en déduisent le panier moyen nécessaire et le nombre de clients à trouver. Ils déconseillent de casser les prix pour démarrer.

Pourquoi vendre des tirages et des albums plutôt que des fichiers ?

Parce qu'un livre ou un tableau reste et se transmet, alors que des fichiers sur une clé USB sont rarement regardés. Pour le photographe, c'est aussi une façon de sortir de la concurrence sur le prix du fichier. Depuis 2015, le Studio Faucher ne vend plus de fichiers aux particuliers, et 90 % de ses mariés ne les demandent plus.

Qu'est-ce qu'une séance de visionnage photo ?

C'est un rendez-vous, au studio, où le photographe présente les photos au client, souvent en diaporama sur grand écran, puis l'aide à choisir ses images et ses produits (tirages, tableaux, albums). Chez Catherine et Yann Faucher, ce moment se fait avec le logiciel ProSelect et suscite souvent beaucoup d'émotion.

Comment répondre à un client qui veut seulement les fichiers numériques ?

En étant clair dès le départ et convaincu de son offre. Le Studio Faucher annonce dès le premier contact qu'on repart avec des supports, l'affiche sur son site et dans sa galerie. Si le client ne veut vraiment que des fichiers, ils l'orientent vers un confrère : ce n'est simplement pas leur client.

À quoi sert un concours comme Portraitiste de France ?

À se situer face à ses pairs et à progresser : le jury juge des tirages sur la lumière, la qualité et la gestuelle. Pour Catherine et Yann Faucher, Excellence Major en 2017, les concours ont aussi ouvert des portes (formations, partenariats, presse), avec un risque : paraître trop cher aux yeux des clients.

Comment fidéliser ses clients quand on est photographe ?

En soignant l'expérience à chaque étape, de l'accueil à la remise des produits, et en se renouvelant pour proposer quelque chose de différent à chaque séance. Le Studio Faucher suit des familles depuis plus de dix ans, dont une photographiée quatre fois par an, et beaucoup de ses mariés reviennent pour leur grossesse, puis leurs enfants.

Découvrir le travail de Catherine et Yann Faucher

Grossesse, nouveau-né, famille, mariage en Bretagne et à l'étranger, portraits et reportages d'entreprise : retrouvez le travail du Studio Faucher, à Châteaugiron près de Rennes, sur leur site, studiofaucher.com.

Transcription intégrale de l'épisode

Vous préférez lire ? Voici la transcription complète de l'échange entre Anthony Heukmes, Catherine et Yann Faucher, découpée en chapitres.

Cet épisode a été enregistré au printemps 2021, pendant la crise sanitaire. Les conseils partagés restent d'actualité ; les projets et chiffres évoqués concernent cette période. Transcription « verbatim nettoyée » : les tics de langage et répétitions ont été allégés pour la lecture, sans modifier le propos.

Lire la transcription complète (environ 9 200 mots)

Chapitres :

00:00Introduction : Catherine et Yann Faucher, studio en duo

Anthony : Salut à tous et bienvenue sur le podcast Fotostudio. Chaque mardi, j'interviewe un photographe ou un expert d'un secteur spécifique pour vous permettre d'évoluer et de progresser dans votre métier. Je suis Anthony Heukmes, fondateur de Fotostudio.io, une plateforme utilisée au quotidien par plus de 1000 photographes francophones. Fotostudio leur permet de gagner un temps considérable sur leur travail administratif en simplifiant la gestion de leurs clients et de leurs shootings. Si tu apprécies le podcast, pense à le partager et à t'abonner sur ta plateforme préférée.

Je reçois aujourd'hui Catherine et Yann Faucher. Ils nous parlent de leurs 20 années de travail en couple, de leur passion pour leur métier, mais aussi de leurs séances de visionnage et de vente de produits.

Bonjour ! Alors, c'est la première fois que ça m'arrive : je dois dire deux bonjours. Je dis bonjour Yann et bonjour Catherine.

Yann : Bonjour Anthony.

Catherine : Bonjour.

Anthony : Alors, merci beaucoup tout d'abord d'avoir accepté mon invitation à rejoindre le podcast Fotostudio. On s'était rencontrés il y a déjà un petit temps, je pense, à Focus. Je pense que la première fois qu'on s'est vus, c'était à Focus, l'événement organisé par Joanie Dachy. Il me semble que c'est une des premières fois qu'on s'est vus, non ?

Yann : Tout à fait, oui, c'était ça. Et après, on s'est revus au Salon de la Photo.

Anthony : C'est ça. Donc on a déjà eu l'occasion d'échanger, mais pas encore sur le podcast. C'est l'occasion aujourd'hui d'apprendre un petit peu à vous connaître. Si vous voulez bien commencer simplement par vous présenter.

Yann : Alors, on va laisser Catherine se présenter d'abord. Honneur aux femmes. Et puis après, je verrai ce qu'elle dit, et s'il y a besoin, je rajouterai.

01:49Catherine : le contact client, l'administratif et la vente

Catherine : Alors moi, je suis Catherine Faucher. J'ai rejoint Yann dans son studio, ça va faire maintenant 18 ans. Avant, j'avais un travail externe, un autre boulot complètement différent. Et par amour, j'ai rejoint Yann au sein de son studio, et j'y suis restée. On est installés à Janzé, une petite ville de 10 000 habitants, et ça va faire maintenant 22 ans.

Anthony : Ton rôle au studio, toi, c'est lequel ?

Catherine : Alors moi, je fais pas mal de choses. J'ai tout le contact client, aussi bien au téléphone que par mail. J'ai aussi une petite casquette de photographe, entre guillemets, parce que je couvre les reportages de mariage. Je fais pas mal d'administratif. Je fais aussi toute la partie vente, l'accompagnement client au moment des mariages et des portraits au studio.

Et j'accompagne aussi Yann au studio quand on fait des séances pour des nouveau-nés ou des enfants de moins de 5 ans, où là, il a besoin d'un petit coup de main, entre guillemets. C'est déjà pas mal.

Yann : Elle a oublié aussi qu'elle fait une partie de ma post-prod.

Catherine : Oui.

Yann : Voilà.

Anthony : Donc si je comprends bien, Catherine, tu es moins dans la photo. Tu fais quand même les reportages avec Yann, je suppose, donc tu fais de la photo, mais tu es plus dans l'accompagnement du client et dans la vente, pour ces séances de projection, c'est ça ?

Catherine : Oui, tout à fait. Je les ai au départ, dès le tout premier contact, et ensuite je ne les lâche pas, entre guillemets. Ils vont me voir au studio, ils vont me voir aussi parce que c'est moi qui les accompagne au moment de la vente sur ProSelect, puis après pour la livraison, etc. C'est une grosse partie pour moi : vraiment l'accompagnement des clients, aussi bien sur la partie mariage que portrait.

Anthony : Et ton ancien job, tu avais déjà ?

Catherine : Ah, dans mon ancien job, alors moi, j'ai fait pas mal de choses. J'ai eu pas mal de casquettes, entre guillemets. J'ai travaillé dans une entreprise de bâtiment, dans un garage automobile, au tribunal de commerce de Rennes. Je suis multi-casquette, entre guillemets, et j'arrive à m'adapter facilement. Donc le contact client, il n'y a pas de souci.

Anthony : Donc on pourrait dire que ton rôle principal, c'est ça. Tu aimes le contact avec les gens, j'ai envie de dire, et c'est ta fonction principale aujourd'hui au studio. C'est ça ?

Catherine : Oui, tout à fait, c'est ça.

04:56Yann : mariage, studio et photo professionnelle

Anthony : Et alors toi, Yann, présente-toi, parce que c'est facile de laisser ta femme commencer par le plus dur et prendre la parole en premier. Vas-y, on t'écoute.

Yann : Je fais toujours ça, je la laisse toujours devant parce que je suis un homme galant. Donc moi, j'ai 42 ans. J'ai ouvert mon studio à l'âge de 20 ans, donc ça fait déjà 22 ans. Qu'est-ce que je fais, moi ? Je fais tout ce qui est prise de vue. On a, on va dire, trois parties. La première, c'est la prise de vue mariage, où je vais faire le jour J, comme tout le monde. Et chez nous, la séance couple est très, très importante. Toutes les séances couple sont faites uniquement par moi, alors que le reportage, c'est soit moi, soit Catherine.

Après, au studio, on va faire aussi bien de la maternité, du bébé, de la famille, etc. Comme dit Catherine, elle m'accompagne sur les bébés, parce que moi, manipuler des petits bébés, ce n'est pas… Je suis un garçon, donc je n'aime pas trop ça. Mais on se complète vraiment beaucoup. Par exemple, sur une séance d'un enfant de 1 à 3 ans, moi, je suis concentré sur les images, et Catherine, son rôle, c'est de faire sourire les enfants, de les détendre et tout ça. Notre duo marche plutôt pas mal.

Et après, on a la partie plus photo professionnelle : aussi bien des photos corporate, des photos de packshot que des reportages en entreprise. Voilà à peu près nos trois casquettes. Et derrière, chez nous, l'expérience client est très, très importante. C'est pour ça que notre duo marche bien : chacun a son rôle, et donc pour nous, c'est très fluide. Ça marche tout seul.

06:55Un duo complémentaire

Anthony : C'est marrant, parce qu'en t'écoutant, j'ai l'impression que tu ne pourrais pas travailler sans Catherine. Tes séances en studio, par exemple, si Catherine n'est pas là pour les bébés, pour accompagner les clients : seul, tu pourrais faire des photos, bien sûr, mais tu ne pourrais pas vraiment faire vivre cette belle expérience à tes clients. C'est bien ça que je comprends en t'écoutant ?

Yann : Exactement, c'est ça. Derrière chaque grand photographe, il y a une grande femme. Il y a beaucoup de collègues qui, comme nous, travaillent en couple, et on sait que sans nos épouses, on ne peut pas faire pareil. Pour nous, c'est un confort énorme. Catherine va accueillir les familles, va les préparer, les monte au studio, et puis moi, j'arrive et je fais les photos. Alors bien sûr, j'y arriverais sans elle, mais ce serait plus long, ce serait moins fluide, etc. Là, c'est vraiment du confort, et c'est ça qu'on aime.

Mais si je tombe malade, Catherine peut me remplacer, et si elle tombe malade, je peux la remplacer. On sait faire les deux. Mais je dis toujours que les photographes qui travaillent tout seuls ont plus de mérite que nous. Nous, c'est fluide, chacun a son rôle, et moi, je ne me prends pas la tête avec l'administratif et tout ça. C'est vraiment un plaisir.

08:20Vivre et travailler ensemble au quotidien

Anthony : Alors, je suis obligé de poser la question : vous êtes en couple depuis longtemps et vous travaillez ensemble en même temps. C'est facile à vivre ? C'est compliqué à vivre ? Ça se passe comment, votre quotidien ?

Yann : Ça se passe très, très bien. Encore une fois, le fait d'avoir chacun ses tâches fait qu'il n'y a pas de compétition. Chez des couples qui sont deux photographes purs, s'ils essaient de faire les mêmes photos, etc., je pense qu'il y a de la compétition : « Ouais, t'as vendu plus », etc. Nous, il n'y a franchement pas de compétition. Et puis on a deux bureaux séparés. Quand l'été arrive et que je pars faire mes séances mariage, à la mer, etc., c'est très bien : on est chacun de son côté. Catherine a son moment de repos, je ne suis pas là, et moi, je suis avec mes mariés, je suis tranquille, je rentre tard le soir et c'est cool.

Après, ça se passe très bien. On ne va pas dire qu'il n'y a jamais de petites frictions, des fois, quand on n'est pas d'accord. Mais un des gros avantages, c'est que ça nous permet d'avancer ensemble. On fait des formations ensemble. On en a fait je ne sais pas combien, des dizaines et des dizaines, aussi bien en prise de vue qu'avec Ama Conseil, on a fait tout ça. Par exemple, si on prend Photocoach, on l'a toujours fait à deux pour pouvoir avancer à deux.

Donc je dirais que c'est plus un avantage de travailler ensemble qu'un inconvénient. Mais c'est vrai que beaucoup de personnes ne se voient pas travailler tout le temps avec leur femme. Et en plus, on part en vacances ensemble, on fait tout ensemble.

Catherine : Moi, je vais rejoindre Yann : on a trouvé nos places. Quand je suis avec mes clients dans ma salle de vidéoprojection, il sait bien qu'il n'a pas le droit de venir. Et quand Yann est dans sa séance couple avec ses mariés et qu'il part l'après-midi, je ne vais pas le harceler au téléphone pour des questions ou quoi que ce soit. On a trouvé un équilibre comme ça, et ça fonctionne. Si ça ne fonctionnait pas, je serais repartie travailler, entre guillemets, dans un autre emploi à côté, si vraiment on n'avait pas trouvé notre équilibre.

Yann : Mais je pense que ce n'est pas lié au fait d'être un couple. Je pense qu'un photographe qui a un salarié ou une salariée, il faut que ça raisonne exactement comme nous : chacun a son rôle, et on a la même vision tous les deux. C'est pour ça que je lui confie mon post-traitement : parce qu'elle raisonne comme moi, puisqu'on a aussi fait les mêmes formations ensemble.

11:22Garder le plaisir après 20 ans de métier

Anthony : C'est super. Ça ressemble en tout cas à une belle histoire. Il y a quand même une question qui me vient. Ça fait 20 ans, plus ou moins, que vous travaillez ensemble. On sait tous que, peu importe le métier, que ce soit photographe ou autre, quand la carrière avance, il y a peut-être un moment où on peut prendre un peu moins de plaisir dans son métier, où il y a des choses qui commencent un petit peu à nous fatiguer. Vous, vous en êtes où par rapport à votre carrière de photographe ? C'est toujours, je vais dire, le même plaisir qu'au premier jour, ou bien vous vous êtes adaptés ? Comment est-ce que vous vous sentez aujourd'hui par rapport à votre métier, après toutes ces années ?

Yann : Pour nous, ça n'a pas beaucoup changé. Pourquoi ? Parce que je pense qu'il faut savoir dire non. Quand j'ai commencé il y a 22 ans, je me suis dit : je suis le meilleur, je vais faire toutes les photos possibles, de la mode, de la pub, tout, tout, tout. Et en fait, on s'est aperçu que non, je n'étais pas bon dans certains domaines. Donc chaque année ou tous les deux ans, on fait des cycles de formation où on va se spécialiser. On va chercher quels sont les meilleurs photographes dans chaque domaine, et on prend plaisir à avoir une nouvelle corde à notre arc. Par exemple, en ce moment, ce qu'on développe, c'est la photo de voitures anciennes, en studio, etc. Donc on prend du plaisir à aller faire ça.

Par contre, la chance qu'on a aussi, c'est d'avoir une clientèle très, très fidèle qui nous suit depuis des années. On a beaucoup de clients qui reviennent tous les ans, voire tous les deux ans. Pour nous, le challenge, c'est de leur faire à chaque fois quelque chose de différent. Donc on se creuse la tête pour vraiment trouver, trouver, trouver de nouvelles idées, de nouvelles inspirations. On est sans cesse en train de chercher sur Instagram, sur Facebook, etc. Catherine regarde de son côté, je regarde du mien, et puis d'un commun accord, on se dit : « Tiens, moi, j'aime ça. Toi, tu aimes ça ? Ouais ? OK, allez, on y va. » C'est comme ça qu'on avance. Ça, c'est mon point de vue. Je vais laisser Catherine dire le sien.

Catherine : Je vais en partie rejoindre Yann. Il y a 18 ans, quand je suis arrivée, le métier de la photographie n'était pas le même qu'aujourd'hui. On a vu évoluer les demandes, aussi bien des mariés que de nos clients portrait, et on a réussi, entre guillemets, à s'adapter. On est toujours dans la recherche, dans la curiosité : aller voir ce qui se fait, être curieux sur Instagram, sur les tendances et tout ça. Ça va faire maintenant 22 ans, on a vu passer pas mal de courants de mode, on a vu pas mal de choses changer. Et nous, on essaie toujours de se dire : il faut qu'on évolue, il faut qu'on s'adapte. Il y a toute une partie où il faut se renouveler.

Peut-être que dans 10 ans, on n'aura pas le même discours, je ne sais pas. Mais il faut sans cesse être curieux, se renouveler pour ne pas se lasser. C'est surtout ça. Parce qu'on pourrait vite être blasé, se lasser et ne plus prendre de plaisir. Et quand on n'a plus de plaisir… Aller à reculons au studio, ce n'est plus la peine.

Si on prend l'exemple de la maternité : il y a encore 2 ou 3 ans, on n'avait pas de robes de maternité. Donc on a investi dans des robes de maternité pour pouvoir faire des photos de maternité, mais qui sont propres à notre style. On n'essaie pas de copier les autres. On a des collègues photographes qu'on trouve super, super fortes en photos de maternité ou de nouveau-nés, mais on sait que ça ne va pas forcément nous correspondre. Donc on s'adapte aussi à notre envie et à l'envie de nos clients. Être dans un courant de mode, ce n'est pas notre truc. Par contre, s'inspirer un petit peu de ce qu'on voit, oui : on sait que pour les maternités, les robes, c'est… Et puis c'est plus sympa à photographier aussi.

Yann : C'est ça.

Anthony : C'est déjà une très belle leçon à retenir de cet épisode. Pour ne pas se lasser et continuer à prendre du plaisir dans son boulot : continuer à apprendre, à se former, à s'intéresser à ce qui se passe autour de nous et vouloir progresser. Quand on commence à s'embêter et à se lasser, c'est qu'on fait tout le temps la même chose et qu'on n'évolue pas. Et là, d'office, à force, on en a ras-le-bol, et c'est là que ça devient un peu compliqué. Super, c'est très, très bien.

16:22Plusieurs facettes plutôt qu'une spécialisation

Yann : Une chose très, très importante : il y a quelques années, on nous a demandé de nous spécialiser, comme aux États-Unis. Un photographe de mariage ne fait que du mariage, un photographe de nouveau-nés ne fait que du nouveau-né, etc. Nous, ce qui nous plaît, c'est justement d'avoir plusieurs facettes. Là, je suis super impatient de reprendre les mariages, mais en fin de saison, je suis très content de reprendre des séances famille.

En cette période de Covid, on va alterner les mariages et les séances famille en extérieur. On a une grosse demande en ce moment de séances famille, de grandes familles en extérieur, des séances multigénérationnelles. Et passer de l'un à l'autre, c'est vraiment super. Si je ne faisais que du mariage, à un moment donné, j'en aurais marre, je pense. Ou que du nouveau-né, ça me fatiguerait. Alors que sur une semaine, là, on va attaquer la saison, on va pouvoir faire du mariage une journée, du nouveau-né une autre journée, des grandes séances famille le dimanche, etc. Pour nous, c'est comme ça qu'on arrive à trouver du plaisir, et on a la chance d'avoir des clients super sympas.

Anthony : Que vous gardez en plus année après année, donc c'est l'idéal. C'est super.

17:56Comment être rentable à deux

Anthony : Alors, je me mets à la place d'un ou d'une photographe qui nous écoute, qui débute, je ne sais pas, ou qui est peut-être photographe depuis quelques années, et qui a du mal à se payer, à bien gagner sa vie par exemple, et qui se dit : « Mais attends, moi, j'ai déjà du mal à me payer seul, et eux sont finalement à deux à travailler sur un même job. » Vous êtes d'accord : vous avez un client qui vient, vous allez travailler à deux, donc vous allez passer deux fois plus de temps. Et la question qui pourrait logiquement se poser, c'est : comment est-ce qu'ils font pour être rentables et pour arriver à se payer à deux sur une même séance, par exemple ?

Je sais que c'est un sujet que vous maîtrisez bien, je pense, et que vous gérez bien. Mais c'est quoi aujourd'hui votre technique pour bien fonctionner ? Vous prenez plaisir à votre boulot, et en plus, vous fonctionnez bien financièrement, je pense. Alors, on est sur un podcast d'une heure, le but n'est pas de dévoiler tous vos secrets, mais c'est quoi, pour vous, les quelques points qui sont vraiment importants et qui font que votre activité, aujourd'hui, fonctionne si bien ?

Yann : La principale chose, c'est déjà de trouver ce qu'on aime photographier. Ça, ça va être très important. La deuxième chose, ça va être de faire PhotoCoach, avec Marie-Astrid Dagas, parce qu'il faut déjà déterminer nos charges. Ça, c'est très, très important. Nous, nous sommes tous les deux, donc, comme tu dis, on a deux salaires à sortir. Mais on a aussi un studio qui nous coûte pas mal de sous, etc.

Après, je pense que la troisième chose, c'est de savoir quels sont tes clients. Ça aussi, c'est très, très important. Alors, pour nous c'est facile : au bout de 22 ans, on connaît nos clients, on sait comment ils viennent, etc. Le bouche à oreille, c'est notre meilleure publicité.

Mais nous, on est partis du principe que, à part pour les pros, pour les particuliers, nous ne vendons pas de fichiers. Nous ne vendons que des supports. Nos clients le savent très bien, et c'est surtout ce qu'ils viennent chercher. Et je dirais que la différence, c'est que ça interpelle pas mal les nouveaux clients. On a X photographes autour de chez nous qui ne vendent que du fichier à un certain prix, et donc ils sont tous en concurrence. Et on est très, très peu à vendre des supports, et notamment des livres.

Nous, nous vendons énormément de livres et énormément de tableaux, parce que dans notre discours, quand Catherine reçoit les clients pour un renseignement, on essaie d'aller un petit peu plus loin avec eux. Et ça, c'est notre philosophie : on vend des choses concrètes.

21:01Calculer ses prix et son panier moyen

Catherine : Alors, pour parler de rentabilité, justement, tout ça, ça se calcule. Quand on avait fait PhotoCoach avec André Amyot, et puis avec Marie-Astrid : toute entreprise, que ce soit en photo ou dans d'autres secteurs, doit être rentable. Donc on est partis du principe que, si on vend un livre, un tableau, des tirages ou quoi que ce soit, il faut qu'à la fin, une fois qu'on a fini de payer toutes nos charges, on puisse avoir notre salaire. Et ça, c'est important.

C'est une question de calcul, de comptabilité : appliquer un coefficient en fonction du temps qu'on va passer et de ce qu'on veut avoir à la fin en salaire. Ce n'est peut-être pas la partie la plus sympa, mais si on veut vivre de son travail, c'est important à faire. Donc on recommande chaudement de faire PhotoCoach, parce que ça va ouvrir les yeux. On se dit : « J'ai appliqué un prix sur ça, et finalement, quand je calcule, je ne m'y retrouve pas. »

Nous, tout est calculé. On fait une séance photo, on sait qu'on va y passer tant de temps. Donc on va calculer quel panier moyen je dois avoir pour payer toutes mes charges et ensuite avoir aussi un salaire correct. C'est du calcul : calculer son panier moyen, combien de clients je dois aller chercher. Et si je n'ai pas les clients dont j'ai besoin, eh bien, on prend son petit bâton de pèlerin et on fait de la com', du marketing, ça peut être du partenariat, ça peut être plein de choses. Mais c'est un boulot important.

Yann : Je ne sais pas si on a bien répondu à ta question.

Anthony : Vous avez parfaitement répondu à ma question, c'est hyper clair.

23:22Ne pas casser les prix

Catherine : Je pense que ce qui est très, très important au début, pour quelqu'un qui commence, c'est surtout de ne pas casser les prix, de ne pas se dire : « Je vais être moins cher que mon voisin »…

Anthony : Pour avoir les clients.

Catherine : Pour avoir les clients. Parce que ce photographe-là va avoir une clientèle qui vient uniquement pour le prix, et non pour l'expérience client. Donc c'est très, très important de ne pas casser les prix, parce qu'à un moment donné, il va voir qu'il n'arrive pas à se payer, à en vivre. Il va falloir qu'il augmente ses tarifs, et là, il va perdre tout le fichier client qu'il aura constitué au départ, ces gens qui ne voulaient qu'un prix et qui vont aller chercher encore moins cher. Il y aura toujours moins cher que moins cher.

Yann : Il y a même des photographes qui bossent gratuitement.

Catherine : Donc il y a toujours moins cher que moins cher.

Yann : C'est ça.

Anthony : Donc vous, aujourd'hui, votre manière d'augmenter votre panier pour atteindre la rentabilité que vous ciblez, c'est la vente de produits.

Catherine : Oui.

Yann : Oui.

24:27Mariage : la fin des fichiers depuis la WPPI

Anthony : Et comment ça se passe quand des clients découvrent votre site ? Bien sûr, vous avez vos clients réguliers, qui vous connaissent et qui savent comment vous travaillez. Mais quand c'est un nouveau client, quelqu'un qui arrive chez vous pour la première fois, qui a peut-être déjà un peu comparé, recherché quelques photographes, été voir quelques sites, vu des tarifs qui proposaient X photos, etc. Et qu'il arrive sur votre site à vous, qu'il voit un tarif avec, je ne sais pas, un tirage inclus, etc. Est-ce que c'est assez clair rapidement pour le client ? Ou est-ce que là, vous avez un gros travail ?

Parce que, même si c'est une tendance qu'on voit de plus en plus, et que de plus en plus de photographes vont vers ça, je pense que les clients ne sont pas encore habitués à ce mode de travail. Donc ma question, c'est : est-ce que vous passez beaucoup de temps à expliquer aux clients votre manière de fonctionner ? À expliquer qu'ils ne vont pas avoir les fichiers HD, mais qu'ils vont devoir choisir les photos qu'ils aiment lors d'une présentation, et qu'ils pourront alors acheter des tirages, des tableaux, etc. Est-ce que vous avez vraiment l'impression d'avoir un gros travail à faire pour expliquer cette manière de travailler à vos clients ?

Yann : Alors, je vais commencer, puisque c'est moi qui renseigne les mariages. Je vais d'abord parler mariage, et puis Catherine parlera de la séance portrait. En 2015, tout le monde nous demandait des fichiers, que des fichiers, que des fichiers. Et puis, en 2015, grâce à Samuel Malarik, on est allés à Vegas, à la WPPI. Et là, nous étions quasiment les seuls photographes français à aller voir les conférences sur le mariage, à part Jérémy et Béatrice. Et on a vu que là-bas, aux États-Unis, les gens achetaient vraiment un livre. Ils se fichaient des fichiers.

Donc on est rentrés, on était super contents d'avoir vu ça, et on s'est dit : « Non, plus de fichiers. » Au début, bien sûr, les gens venaient en disant : « Oui, mais moi, je veux les fichiers. J'ai vu tel confrère qui vend que du fichier », etc. Et puis, à partir de là, on a aussi amélioré nos produits, nos supports, pour avoir des livres de qualité qu'on ne trouve pas sur Internet. Et ce qui se passe maintenant, c'est que 90 % de nos mariés qui viennent se renseigner ne nous demandent jamais les fichiers. Ce n'est pas leur attente. Leur attente, c'est un beau livre qu'ils vont pouvoir garder, partager en famille, etc. Donc, sur la partie mariage, on n'a plus ce problème-là.

Après, sur la partie portrait, je vais laisser Catherine expliquer comment on fait.

27:16Portrait : être clair dès le premier contact

Catherine : Sur la partie portrait, quand j'ai une demande ou un contact, je leur demande toujours ce qu'ils attendent. Et après, pour moi, tout est clair : je leur dis directement qu'ils peuvent avoir chez nous des supports en tableau, en livre, en photo encadrée, etc. Ça les met tout de suite au fait de ce qu'on fait.

Quand ce sont des personnes qui viennent au studio, on a l'avantage d'avoir une galerie. Et dans notre galerie, il n'y a d'accrochés que des tableaux, et il n'y a à consulter que des livres. Comme ça, tout est déjà clair dès le départ. Je ne fais pas venir quelqu'un au studio, on ne fait pas une séance photo si la personne s'attend à avoir les fichiers. Ce sera clair dès le tout départ.

Et ensuite, on part du principe que c'est quelque chose qui va rester, c'est du concret, qu'ils vont garder, qu'ils seront fiers de montrer, de génération en génération. Ce sont des livres qu'ils vont pouvoir donner à leurs enfants, à leurs petits-enfants, etc. Les tableaux, c'est quelque chose qui va rester. Donc ils sont toujours très bien informés au départ, et comme ça, il n'y a pas d'ambiguïté, pas de sous-entendu.

Sur notre site, c'est pareil : tout est très, très clair. Je ne veux pas qu'on soit en porte-à-faux avec un client, ou qu'on se soit mal compris, parce qu'alors l'expérience n'est plus là, et c'est dommage.

29:09Être convaincu de ce qu'on vend

Yann : Je pense que ce qui est important, c'est d'être convaincu de ce qu'on va vendre à nos clients. On ne va pas vendre juste un fichier ou une photo, il faut que ça représente quelque chose. C'est vrai qu'on a le discours. Alors, c'est facile pour nous, puisque ça fait 22 ans que nous sommes photographes, et en gros depuis 2009 que nous avons fait PhotoCoach, aussi bien avec André Amyot avant que maintenant avec Marie-Astrid Dagas. Le discours est toujours le même, on est calés. On sait comment répondre vite à un client qui ne veut que du fichier.

Et puis, comme je le disais tout à l'heure, on a maintenant la chance de savoir dire non. Se dire qu'un client qui ne veut que des fichiers, ce n'est pas notre client. Et personne ne sera déçu : on peut lui conseiller d'aller voir un autre photographe qui va vendre du fichier dans son budget, etc. Savoir dire non, je crois que c'est une chose très importante.

Anthony : Et je crois que ce qui est vraiment super important, tu l'as dit, et c'est vraiment à retenir, c'est d'être convaincu toi-même de ce que tu vends. Être convaincu que c'est bien plus important de sortir de sa séance photo avec de beaux tirages et un beau livre plutôt qu'avec une clé USB pleine de fichiers qu'on consulte finalement très peu. Je pense que c'est vraiment hyper important, et que c'est aujourd'hui peut-être le plus gros frein qu'ont la plupart des photographes.

Ils entendent partout que pour mieux gagner sa vie en tant que photographe, il faut se mettre à vendre des produits. Mais au final, ils ont peur de vendre ça à leurs clients, parce qu'ils ont peur de leur dire non et de ne pas fournir les fichiers. Du coup, ils ont peut-être un discours qui n'est pas assez impactant, ils sont trop entre deux eaux, et c'est ce qui fait que ça ne fonctionne pas. En tout cas, avec tous les échos que j'ai, j'ai l'impression que c'est un peu comme ça.

31:10La peur de ne pas vendre au visionnage

Anthony : Et l'autre peur qui revient souvent : vous faites du visionnage, donc vous faites le reportage, puis vous faites revenir le client au studio pour lui montrer les photos et vendre les produits. Et une peur qui revient très souvent, c'est de se dire : « Oui, mais ça veut dire que j'ai beaucoup de travail. Je dois préparer les photos, je dois préparer un diaporama, je dois préparer ce reportage. Et qu'est-ce qui se passe si derrière, je ne vends pas, que mon panier n'est pas suffisant et que je n'atteins pas ma rentabilité ? »

Alors, est-ce que c'est une fausse peur ? Est-ce que ça vous arrivait souvent d'avoir un reportage et d'être vraiment très déçus de ce que vous avez vendu, de vous dire : « Là, clairement, avec ce client, on a perdu de l'argent, parce qu'on a passé beaucoup trop de temps par rapport à ce qu'on lui a vendu » ? Est-ce que ça arrive souvent, ou c'est quelque chose qui arrive très rarement ?

Yann : Ça peut arriver, je dirais, un sur je ne sais pas combien. Mais là, on n'en veut pas au client : on s'en veut à nous de ne pas avoir su lui expliquer. Parce qu'avoir un client qui vient voir les photos et qui nous dit : « Ben oui, mais je n'ai pas les moyens d'acheter les photos »… Ça nous embête parce qu'on a travaillé, mais c'est surtout lui que ça va frustrer, et ce n'est pas bon. Donc je pense que c'est vraiment au début qu'il faut faire très attention à ça. Après, c'est quelque chose qu'on voit au fur et à mesure du temps.

Mais comme tu dis, faire un livre, ça prend du temps, ça a un coût. On a plusieurs types de partenaires pour faire des livres à différents coûts. Mais le client va vite calculer que s'il a une clé USB avec 20 ou 30 photos, ça va lui coûter moins cher d'aller faire son livre à Super U, à Carrefour ou sur Internet. Nous, on a vraiment des livres de qualité, avec du plexi, du bois, du vrai cuir, etc. Et le client voit lui-même que non, il ne va pas avoir le temps de le faire, et qu'il n'aura pas un produit magnifique qui va traverser les années.

Donc oui, nous aussi, au début, on se mettait des barrières. Quand on a connu Samuel Malarik, qui nous a dit : « ProSelect, c'est génial, mais il faut refaire venir vos clients après », on s'est dit : « Mais jamais personne ne va vouloir. » Et en fait, ils viennent tous. On a une zone de chalandise d'1 h 30 en voiture, et les gens reviennent. On est à côté de Rennes, et quand on a des Parisiens qui reviennent juste pour une séance famille parce qu'on a fait leurs photos de mariage, faire deux, trois allers-retours, ça ne les embête pas. Alors, côté bilan carbone, ce n'est pas terrible, on en est conscients. Mais c'est l'expérience client qui fait que c'est super important.

Encore hier, on a eu des clients dont on a fait le mariage. Ils habitent Paris, on a fait leur mariage chez nous, ici. On a fait leur première grossesse et leur bébé, ils ont fait des allers-retours. Et hier, ils nous ont appelés pour le deuxième enfant. Pour nous, c'est vraiment génial. Donc, non, la plupart des clients viennent et savent avec quoi ils vont repartir : plutôt une collection de tableaux, un livre, ou les deux. Et Catherine les accompagne vraiment. Nous, on ne force jamais personne. C'est là où c'est important de les avoir préparés.

34:58La première vente ProSelect de Catherine

Catherine : Et puis, au départ, avec ProSelect, j'avais un tout petit doute. Je me rappelle quand j'avais fait le stage avec Samuel Malarik, je me suis dit : « Comment ça va se passer ? » Et je me rappellerai toujours ma première vente, avec un couple de mariés. Quand j'ai rallumé la lumière après le diaporama musical et que j'ai vu mes mariés en train de pleurer dans le canapé, je me suis dit : « Mais c'est juste incroyable. Comment j'ai pu louper ce truc-là avant ? Comment je n'ai pas mis ça en place avant ? »

Ce moment-là, les faire revenir, les accompagner, leur montrer les images sur un grand écran, être avec eux dans le choix des images, c'est hyper important. Je trouve que c'est vraiment ne pas les lâcher, continuer l'expérience, être avec eux. Et peut-être que sur certains clients, je n'ai pas la vente que j'attendais. Mais je me dis que ce n'était peut-être pas le bon moment, ou que je les ai mal préparés, entre guillemets, ou mal accompagnés. Mais ce n'est pas grave, parce que peut-être que dans un an, deux ans ou trois ans, ils reviendront pour autre chose.

Mais quand on les fait revenir, ils sont déjà excités de venir voir leurs photos. Il y a tout le côté préparatifs. Et à chaque fois qu'ils repartent de la vente ProSelect, entre guillemets, ils sont tous contents, parce qu'on a pris le temps.

Yann : C'est ça. On ne bâcle pas la chose.

36:55Le plaisir de la vente et le rôle de chacun

Anthony : Est-ce qu'on n'en revient pas encore à la même chose, qui est de croire en ce que vous vendez et de prendre du plaisir dans ce que vous faites ? Quand je vous écoute, j'ai l'impression que faire la démo client, faire revenir les clients, préparer cette démo, etc., ça fait partie intégrante de votre métier et du plaisir que vous prenez. Parce que derrière, vous allez voir le client qui va être satisfait, qui va apprécier ce que vous allez lui montrer. Est-ce que ça ne marche pas bien pour vous justement parce que vous prenez beaucoup de plaisir à le faire et que ça fait partie intégrante de votre métier ? Contrairement à un autre photographe qui voudrait faire ça juste parce qu'il veut gagner plus d'argent, mieux gagner sa vie, qui le fait peut-être de manière un peu forcée, et pour qui c'est d'office plus compliqué.

Yann : C'est exactement ça. C'est aussi la chance qu'on a de travailler à deux. Mais encore une fois, qu'on soit en couple ou avec un salarié ou une salariée, c'est à peu près la même chose. Moi, faire une vente, ce n'est pas mon truc. Je sais le faire, mais j'offrirais tout à tout le monde. Donc ce n'est pas bon, parce que j'ai passé du temps avec mes mariés.

Par exemple, on voit souvent à la fin de la séance couple une coupette de champagne ensemble, etc. Mais par contre, moi, je vais juste arriver pendant la séance de visionnage, leur dire un petit bonjour, savoir si les photos leur ont plu. Et puis tout de suite après, hop, je laisse Catherine.

Et Catherine adore ce moment de la vidéoprojection où, bien sûr, on a la boîte de mouchoirs sur la table basse, et Catherine les regarde pendant la vidéoprojection et voit la femme ou l'homme avoir les larmes qui coulent. Et puis quand elle rallume et qu'on voit l'homme super costaud avoir les yeux tout rouges et dire : « Non, non, moi, je n'ai pas pleuré, je n'ai pas pleuré. » Ah, c'est génial !

Alors que de découvrir les photos sur une galerie en ligne et de se dire : « Bon chéri, ce soir, on fait ça. Non, je n'ai pas envie, demain plutôt. » Et puis ça traîne, ça traîne. Là, nous, on vit le moment avec eux. Et ouais, on apprend aussi à connaître nos mariés ou nos familles. Et c'est ça qui est génial.

39:07Des clients fidèles depuis des années

Yann : Il y a des fois, je vais sur un mariage, je passe plus de temps à faire la bise à mes anciens mariés, parce qu'on a fait des mariages où on retrouvait 10, 15 personnes sur le mariage. Et tous, ils nous appellent par nos prénoms. Il n'y a pas de « monsieur », « madame ». Nous, on est super simples, et ils sont capables de faire deux heures de route pour revivre une séance famille avec nous.

Catherine : Et là, en période Covid, on fait beaucoup les 10 ans de mariage, on fait les anniversaires. En plus, nos clients nous appellent pour nous dire : « Comment vous allez faire sans mariage cet été ? » « Ah ouais, mais du coup, on a des samedis de libres. » « Ah bah super, ça fait depuis le temps qu'on vous reporte la séance famille, les enfants ont grandi. » Et donc, pour nous, c'est génial.

Et après, on a des enfants, des familles qu'on suit depuis… Alors, le summum : on a une famille, ça fait 12 ans qu'on les suit. Et ils viennent se faire photographier 4 fois par an, à chaque anniversaire des enfants, plus Noël. Et les enfants, c'est un plaisir. On les voit grandir, on les voit…

Yann : Ouais, c'est ça notre métier aussi, c'est d'accompagner nos familles et de voir l'évolution des familles. Et c'est là où on prend toujours du plaisir aussi, parce que, comme je disais tout à l'heure, on se remet toujours en question, on cherche des nouveautés. C'est ça qui est cool. Et que ce soit moi ou que ce soit Catherine, ils sont contents de nous voir. Donc c'est ça qui est cool.

Catherine : Ouais, et puis il y aurait comme un goût d'inachevé, c'est-à-dire qu'on a fait la séance photo et puis, je ne sais pas, il y a comme une cassure de leur dire : « Si vous voulez, vous regardez ça chez vous. » Il y aurait pour moi, je parle pour moi, comme quelque chose d'inachevé, où il manque le côté de les revoir, voir leurs photos, voir leurs émotions, faire revivre des moments.

Et puis je pars du principe que ce n'est pas anodin de venir se faire photographier. Ce n'est pas quelque chose qu'on fait tous les jours, à la base. Donc on ne bâcle pas ça.

41:23Partir à deux pour les mariages à l'étranger

Yann : Tu vois, par exemple, quand on fait les séances couple, le mariage : quand c'est en Bretagne, je suis tout seul à faire les photos avec les mariés, mais quand on part en dehors de la Bretagne (on a fait l'Écosse, on a fait l'Islande, on a fait la Corse, etc.), je dis toujours aux mariés : « Ben oui, Catherine vient avec nous. » Et jamais ils ne nous disent non. Pourtant, ils payent les billets d'avion, ils payent les chambres, ils payent les repas. Mais non, au contraire, pour eux, c'est logique qu'on soit tous les deux là. Là, on doit partir à Prague avec des mariés. Et de toute façon, pour eux, ils ne se posaient pas la question de savoir si je venais tout seul ou à deux.

Catherine : C'est ça.

42:08Et le photographe qui travaille seul ?

Anthony : Je pense que c'est vraiment une grande force, ce couple que vous formez aujourd'hui, hyper complémentaire. Tu l'as dit, ce n'est pas une chance : vous avez créé cette chance, vous avez créé votre activité. Mais c'est vrai que je me mets à la place du pauvre photographe qui travaille tout seul. C'est compliqué aujourd'hui d'être photographe, entre gérer ses prises de vue, gérer sa communication, gérer tout ce qu'il y a à gérer. Maintenant, en plus, c'est de vendre, de mettre une casquette de vendeur, savoir gérer les produits, l'administratif. Il y a quand même une tonne de choses à gérer. On ne se rend pas compte comme ça, mais c'est quand même un paquet de choses à gérer.

Et là, je me mets à la place des photographes qui nous écoutent, qui travaillent seuls et qui rêveraient de faire ce que vous faites en vendant ces produits complémentaires pour augmenter le panier, etc. Et je peux comprendre que pour eux, ce soit un petit peu la montagne. Ils sont déjà bien chargés en termes de travail aujourd'hui et ils ne voient pas comment faire tout ça. Mais je pense que le jeu en vaut la chandelle, et je pense que derrière, ça permet, vous l'avez encore bien expliqué aujourd'hui, d'avoir une proposition de service qui est hyper complète. On va vraiment au bout des choses et on a un client hyper satisfait. Et nous, en tant que photographe, on est aussi satisfaits de l'expérience qu'on a proposée à un client. Donc je pense que c'est super, mais il faut se former, il faut apprendre, il faut évoluer. Le résultat en vaut la chandelle, je pense.

Catherine : Après, on a beaucoup de copains qui sont tout seuls et qui marchent très, très bien. Je pense que c'est trouver vraiment… ne pas tout mélanger. On a par exemple un copain photographe qui s'appelle Martin Morel. Lui, il nous dit toujours : « Quand je suis vendeur, je mets une veste. » C'est très important pour lui, parce qu'il n'est pas habillé de la même façon quand il vend ou quand il fait les photos. Donc non, tout seul, ça peut marcher, mais il faut bien se structurer et, comment dire, bien s'organiser.

Et là, ce que tu as fait pour nous, les photographes, c'est-à-dire Fotostudio, c'est génial. C'est vraiment un outil qui fait gagner tellement de temps : déjà, toute la paperasse, etc., tout peut se faire, les relances mail, etc. Donc déjà, toi, tu as réussi à, comment dire…

Yann : À faire gagner du temps.

Catherine : À faire gagner du temps. Pour pouvoir faire autre chose aussi.

Anthony : Oui.

Catherine : Je pense qu'il y a les formations, et après, il y a aussi les bons partenaires. Donc Fotostudio pour la gestion, comme CRM, c'est top. Et puis après, il faut trouver les bons partenaires. Nous, on travaille avec Dreambooks Pro, et puis beaucoup avec Laminamarc aussi. Donc on sait qu'on n'a jamais de problème avec eux. Tout est fluide, etc. Je pense que ça, c'est aussi très, très important.

Parce que passer trop de temps à retoucher une photo, non : il faut déjà qu'elle soit bonne à la prise de vue. C'est pour ça que ce qui est important, c'est la formation. Et même nous, au bout de 22 ans, on se forme encore tous les ans.

45:19Les concours photo

Anthony : Super. Écoute, c'est top tout ça. C'est vraiment super. Bon, pour tout doucement parler d'autre chose quand même, parce que moi, c'est un sujet qui me passionne, j'adore parler de ça, je pourrais en parler très longtemps. Mais je pense que vous êtes aussi un peu actifs dans le secteur des concours, etc. Vous avez gagné des prix là-dessus, non ? Je ne me trompe pas ?

Yann : Oui, on a gagné pas mal de prix. Depuis 2009, on a gagné tous les deux ans le titre de Portraitiste de France. L'avant-dernière fois, donc en 2015, nous étions Honneur, et en 2017, nous avons fini Excellence Major, donc premiers. Après, nous avons un QEP mariage avec la FEP, et puis on représente depuis quelque temps, pour la catégorie mariage, la Coupe du monde de la photographie.

Donc ça, c'est vrai que c'est super, mais on a aussi un petit peu levé le pied là-dessus. Alors c'est génial, on adore ça, mais… alors, on a levé le pied sans lever le pied, mais je m'explique, parce qu'en fait…

Catherine : C'est un bon challenge de faire des concours, ne serait-ce déjà que le Portraitiste de France. C'est la base. C'est un bon challenge, ça remet en question son travail. Une critique, il faut l'accepter. Ça permet de sortir de sa zone de confort. C'est un bon challenge de faire des concours. Et puis il y a une petite adrénaline, entre guillemets, au moment des résultats, et ça, c'est intéressant. Je trouve que c'est gratifiant aussi, il ne faut pas se leurrer, pour son petit ego, d'avoir quelques prix.

Par contre, il faut faire attention quand on en a beaucoup : on sait que nos clients se disent qu'on va augmenter nos prix à chaque fois. Et nous, nos prix n'ont pas bougé depuis un petit bout de temps. Donc c'est là qu'il faut faire attention : trop de prix, les gens vont dire qu'on est inaccessibles, etc. Donc il faut trouver le juste milieu.

Et puis après, le deuxième avantage, c'est que quand on fait un concours et qu'on ne gagne rien (car ça nous arrive, pas souvent, mais ça nous arrive), on se dit : « Mince, mince, il y a les petits jeunes là qui viennent d'arriver et qui sont meilleurs que nous, ou qui sont plus tendance. » Donc ça nous permet de nous dire qu'il faut qu'on s'améliore. On se dit : « Mince, pourquoi ? Qu'est-ce qui a péché ? Qu'est-ce qui manquait ? Pourquoi ma photo, elle n'est pas passée ? » Etc.

Anthony : Du coup, pour vous, participer à ces concours, ça a été important pour progresser ? On peut dire que le plus important pour vous, c'était de continuer à évoluer ? C'était aussi peut-être lié au plaisir, le fait de se dire que faire un peu de concours, ça amène du plaisir et ça permet de continuer à prendre plaisir et à évoluer dans son métier ? C'était ça la raison principale de commencer les concours pour vous ?

48:232013 : l'échec qui a tout changé

Yann : En fait, la première fois qu'on a fait un concours, c'était en 2013, le Portraitiste de France, que nous n'avons pas eu. Et là, c'est une grosse remise en question. Même si on travaillait très bien, on s'est dit : « Mais non, OK, on bosse, mais par contre, on n'est pas reconnus par nos pairs. » Donc ça, c'est aussi important.

Et donc là, qu'est-ce qui s'est passé ? C'est que j'ai pris les 10 meilleurs photographes de France que j'estimais, et on s'est formés, on s'est formés. Alors on n'a pas tout fait la même année, mais on s'est formés au fur et à mesure des années. Et puis ça nous a permis aussi de savoir où on en était.

C'est vrai que le Portraitiste de France, c'est vraiment savoir si on est vraiment dans, comment dire, dans ce qui représente la photographie et ce qu'elle devrait être. C'est pour ça que le Portraitiste de France, ce sont des tirages photo et non des fichiers, etc. On doit, en tant que photographe, avoir une belle lumière, avoir un beau tirage, avoir une gestuelle, des choses comme ça qui sont super importantes. Donc les concours vont nous permettre de savoir où on en est et de ne pas baisser les bras.

Donc là, on a arrêté de faire le Portraitiste de France, parce que je pense qu'une fois qu'on est Excellence Major, on a peur aussi de perdre cette première place. Donc c'est ça aussi qui… Mais ça nous permet aussi de nous remettre toujours en question, d'avancer et de prendre du plaisir dans tout ce qu'on fait, ouais.

50:06Pourquoi la reconnaissance compte

Anthony : Alors justement, pour terminer, on va terminer là-dessus : moi, je ne suis pas photographe, donc je ne suis pas un artiste. Moi, je suis un développeur, t'imagines, je suis un informaticien. Donc je pourrais vivre caché sous terre que je serais heureux, je n'ai pas besoin de reconnaissance, entre guillemets. Pourquoi est-ce que pour un photographe, ou un artiste de manière générale, c'est important d'avoir de la reconnaissance ? Tu pourrais être le photographe qui marche le mieux au monde, qui a des milliers de clients, qui gagne super bien sa vie : est-ce que c'est important derrière d'avoir en plus un peu de reconnaissance de ses confrères, j'ai envie de dire ? De savoir que d'autres photographes, par exemple, te connaissent, savent que tu as gagné des concours, que tu fais du bon boulot, c'est important pour toi ? Et si oui, pourquoi au final ?

Yann : Alors je dirais important, oui. Moi, je connais des photographes qui vont te dire : « Je n'en ai rien à faire de gagner des concours, de finir premier, etc. Moi, ce qui m'importe, c'est de gagner de l'argent et de vivre de ma passion », parce qu'au départ, c'est une passion.

Nous, au début, on faisait ça juste pour savoir notre niveau, est-ce que c'est bien ce qu'on fait. Et puis du jour où on a été Portraitiste de France Excellence Major et qu'on a eu un QEP mariage, ça nous a permis de donner des formations, des formations mariage. Et là, on s'est aperçus qu'on pensait ne pas être du tout connus ou reconnus dans notre métier, et puis on s'est aperçus que si, on nous connaissait. Et donc ça fait toujours plaisir. Mais après, il ne faut pas prendre la grosse tête et dire : « Je suis le meilleur », etc., parce qu'à un moment donné, il y a toujours un retour de bâton, il y a toujours le karma qui est par là.

Et donc ouais, ça fait plaisir, et puis après, ça nous permet de donner des formations. Avant, c'était sur le mariage ; là, on est en train de concevoir justement une formation sur le fait de travailler à deux : comment gérer un studio avec du mariage, du portrait, et qui fait quoi dedans. Et ça nous a aussi permis d'être partenaires avec Dreambooks Pro. Ça aussi, ça fait plaisir, parce que ça nous montre… Quand on se rencontre avec plusieurs photographes, aussi bien français qu'européens, etc., bah ouais, c'est sympa aussi. Sinon, si on reste tout seuls dans notre petite ville de Janzé à 8 000 habitants, bah ouais, je pense qu'on tourne en rond aussi.

Donc c'est ça aussi qui est sympa. C'est vrai que quand on a donné beaucoup de formations sur le mariage, on prenait un plaisir énorme aussi à transmettre, donc c'est cool. Et on a aussi appris, nous, pendant nos formations : on écoute aussi. Donc pour nous, on a de la reconnaissance, mais des fois, on aimerait bien retourner dans notre grotte.

Anthony : Écoute, c'est top. Une fois de plus, j'aime bien ta manière de voir les choses. On peut dire que la renommée, finalement, ouvre un peu des portes : ça t'ouvre des portes, et après, à toi de les prendre ou pas, et d'aller voir vers quoi elles mènent et ce que ça peut vous apporter. Mais ce sont des expériences que tu n'aurais pas spécialement eues si tu n'avais pas eu cette renommée, cette reconnaissance grâce aux concours. Donc ça, c'est plutôt juste, effectivement, et c'est une très bonne idée…

Catherine : Pardon, vas-y.

Anthony : Vas-y, pardon Catherine, tu as dit quelque chose, je t'ai coupée, excuse-moi.

53:42Concours, presse et clients

Catherine : Non, non, j'étais d'accord avec ce que tu disais. C'est qu'on est contents quand on remporte des prix, des concours. Il y a, comme je disais, notre ego qui est satisfait, il ne faut pas se leurrer. Ça permet aussi d'ouvrir des portes et de voyager, de bouger, de connaître d'autres personnes. Et ça, c'est hyper enrichissant, c'est hyper enrichissant.

Et après, c'est aussi une autre façon de communiquer. C'est-à-dire que quand nous, on a Ouest-France, qui est un très gros journal quotidien, qui vient et nous dit : « Je vous réserve une demi-page tout en couleur parce que vous êtes meilleurs photographes de France », ou parce qu'on a été sélectionnés pour représenter l'équipe de France à la Coupe du monde, et que ça apparaît dans tous les journaux de Bretagne, ouais, c'est sûr que c'est aussi super important.

Et nos clients nous appellent, ou nous envoient un mail, ou ouvrent la porte de la galerie et disent : « Champions du monde ! » Alors qu'on n'est pas du tout champions du monde, mais ce n'est pas grave. Pour le client aussi, ils sont super fiers de nous, ils voient qu'on bouge. Et même si on est dans notre petite commune à 20 minutes de Rennes, bah ouais, ils ont la chance d'avoir un couple de photographes qui se bougent, en gros. C'est ça.

55:08Une formation pour travailler à deux

Anthony : Top. Et alors, pour terminer, je trouve que c'est vraiment une super idée, votre formation pour les couples qui veulent bosser ensemble comme vous. Parce que nous, évidemment, chez Fotostudio, on en voit passer beaucoup, des photographes. Et c'est vrai qu'on en a de plus en plus. Alors c'est plutôt l'inverse : c'est plutôt la femme qui est par exemple photographe nouveau-né, grossesse, et l'homme qui s'intéresse, qui l'aide au maximum dans son activité. Et du coup, on a beaucoup de maris, par exemple, qui viennent sur Fotostudio, qui disent : « Ma femme est photographe, je lui donne un coup de main. » Et on fait la démo, et on n'aide plus finalement directement le photographe, mais on aide par exemple son mari, qui travaille avec elle.

Donc effectivement, je pense que c'est une belle formation. Je suppose que vous êtes peut-être aussi les seuls à pouvoir donner cette formation, vu que vous avez la chance d'avoir cette expérience. Donc je trouve ça vraiment super. En tout cas, ça me semble être une super idée.

Yann : On n'est pas les seuls photographes à proposer ça, mais nous, on a vraiment la vision de travailler à deux. Et couple ou pas couple, même avec des salariés, c'est exactement la même chose. Mais c'est vrai que c'est quelque chose qu'on a envie aussi de transmettre. Notre petite expérience, si on peut la faire partager à des nouveaux photographes, ou même à des anciens photographes qui n'arrivent plus à trouver leur rythme, etc., ouais, c'est ça qui nous plaît. Donc c'est ça qu'on va développer pour la fin d'année, je pense.

56:39Conclusion

Anthony : Super. Écoutez, merci beaucoup. C'était vraiment une très chouette interview, c'était vraiment sympa de voir comment vous travaillez ensemble, justement. Et je pense que tous les auditeurs du podcast vont maintenant mieux savoir qui se cache derrière le Studio Faucher.

Catherine : C'est ça. Merci, merci en tout cas de nous avoir fait ce beau plaisir.

Anthony : Merci beaucoup. À la prochaine, salut !

Yann : À bientôt !

Anthony : Merci. Voilà, c'est déjà la fin de cet épisode, j'espère qu'il vous a plu. Pensez à vous abonner sur votre plateforme de podcast préférée. Merci et à la semaine prochaine !

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